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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 20:21
Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Dieu le Père, créateur du Ciel , ayez pitié de nous.

Fils de Dieu, Rédempteur du monde,

Dieu le Saint-Esprit,

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu,

Sainte Marie, Reine des Vierges, priez pour nous.

Sainte Odile, qui êtes née aveugle et avez reçu la vue avec la grâce du baptême,

Sainte Odile, enfant du miracle,

Sainte Odile, qui avez souffert de rudes épreuves dès votre naissance,

Sainte Odile, qui avez fait, dès votre enfance, de grands progrès dans la vertu,

Sainte Odile, qui avez quitté le monde pour vous consacrer à Dieu,

Sainte Odile, qui avez avant tout recherché le Royaume de Dieu

Sainte Odile, qui avez fondé un célèbre couvent de vierges,

Sainte Odile, modèle de toutes les vertus chrétiennes,

Sainte Odile, mère des pauvres,

Sainte Odile, consolatrice de tant de malades,

Sainte Odile,, refuge des malheureux,

Sainte Odile, qui avez répandu tant de bienfaits,


Sainte Odile, qui aviez le don de toucher les cœurs

Sainte Odile,  qui avez délivré l’âme de votre père des flammes du purgatoire,

Sainte Odile, par qui Dieu a opéré plusieurs miracles,

Sainte Odile, puissante protectrice de l’Alsace,

Sainte Odile, modèle des personnes, consacrées à Dieu.

Sainte Odile, directrice des gens du monde,

Sainte Odile, refuge des peuples dans les calamités publiques,

Sainte Odile, miroir des vierges,

Sainte Odile, trésor des grâces,

Sainte Odile, qui avez laissé à l’Alsace le souvenir de vos vertus comme un excellent héritage,

Sainte Odile, qui nous protégez du haut du ciel où vous êtes placée,

Sainte Odile, à jamais bienheureuse dans le sein de Dieu,

Soyez-nous propice, pardonnez-nous, Seigneur.

Soyez-nous propice, exaucez-nous, Seigneur.

De tout mal, délivrez-nous, Seigneur.

De votre colère,

De l’esprit d’impureté,

De la mort éternelle,

Du mépris de vos divines inspirations,

Par le mystère de votre sainte incarnation,

Par votre naissance,

Par votre enfance,

Par votre sainte vie,

Par vos travaux,

Par vos souffrances et votre agonie,

Par votre croix,

Par votre mort et votre sépulture,

Par votre résurrection,

Par votre ascension,

Par vos joies,

Par votre gloire,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

V/. Priez pour nous, sainte Odile,

 

R/. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

PRIONS O Dieu, la vraie lumière, qui par un miracle de votre toute-puissance, avez rendu la vue à la bienheureuse vierge Odile qui était née aveugle, faites, nous vous en supplions, que d’après son exemple et par son intercession, détournant nos yeux de la vanité du monde, nous méritions de vous contempler face à face dans la gloire céleste pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:57

 

Chaque année, le curé qui accorde de l’importance au sanctoral est mis en demeure de choisir entre sainte Lucie et sainte Odile et, quelle que soit celle qu’il choisit de présenter, il s’attire la déception d’une partie de ses paroissiens qui ont de bonnes raisons, familiales ou régionales, de célébrer l’autre.

 

Il ne manquerait plus que les bretons veuillent fêter leur saint roi Josse qui se fit ermite, ou que les artésiens entendent célébrer leur saint évêque Aubert qui sauva leurs pères de la famine, que les nivernais veuillent rappeler la dédicace de leur cathédrale, que les auvergnats veuillent honorer la sainte recluse Vitalène dont saint Grégoire de Tours raconta la vie, ou que les cadurciens veuillent entendre la messe de leur saint évêque Ursize, voire que les gens d’Ile-de-France se souviennent la sainte moniale de Chelles, Elisabeth-Rose, qui fonda l’abbaye de Rozoy ; heureusement que la fête de sainte Jeanne-Françoise  Frémyot de Chantal a été avancée d’un jour et que sont encore bienheureux les autres français montés sur les autels comme Ponce de Balmey, évêque de Belley, et le dominicain Jean Chauveneau que les protestants martyrisèrent.

 

Pourquoi ne pas célébrer ensemble sainte Lucie et sainte Odile ? En effet, pendant que l’Eglise chemine à travers l’Avent vers le fulgurent avènement du Soleil de Justice, toutes les deux sont, de singulière façon, les témoins de la lumière du Christ qui éclaire les nations, auquel elles ont parfaitement offert leur vie, l’une dans l’éclatant martyre sanglant et l’autre par l’obscure observance monastique. La brune vierge de Syracuse, Lucie, dont le nom est dérivé du latin lux (la lumière), qui préféra s’arracher les yeux pour goûter la lumière céleste plutôt que de jouir de la lumière terrestre annonce la blonde jeune fille d’Alsace, Odile, qui recouvra la vue lorsque, rejetée par ses parents des honneurs du monde, elle reçut, dans le baptême, la lumière de la foi. Si, pour la fête de la sicilienne, on allume des cierges qui annoncent l’approche du solstice et de la naissance du Christ, dans les attributs de l’alsacienne, on place un coq qui annonce le lever du jour et le triomphe de la lumière du Christ sur les ténèbres de la mort. Quand le propre de Syracuse, par l’intercession de sainte Lucie, nous fait demander à Dieu, d’être délivrés de tout aveuglement de l’esprit et du corps pour mériter plus facilement de contempler les biens célestes, le missel de Frissingue, par l’intercession de sainte Odile, supplie la clémence divine, de nous accorder la grâce de la lumière terrestre et la gloire de l’éternelle clarté. Jadis, au temps ténébreux de l’occupation allemande, l’Alsace espérait la lumière libératrice de la prière de sainte Odile qu’elle priait sur sur sa montagne, tandis que la Lorraine se confiait à sainte Lucie dont elle gardait les reliques à Ottange.

 

Prions donc  ensemble sainte Lucie et saint Odile qui ne seront pas trop de deux, pour nous aider à bien recevoir le Divin Enfant de Noël. Puisse leur commune intercession nous obtenir davantage de grâces pour les pieux exercices de l’Avent : que leurs prières nous aident mieux voir les vérités que le Seigneur nous a révélées, à mieux observer les commandements qu’il nous a donnés et à mieux goûter les secours qu’il nous a préparés.

 

Vie de Sainte Lucie

 

Née en Sicile, d’une noble famille, vers la fin du III° siècle, sainte Lucie de Syracuse, refusa le mariage, se défit de tous ses biens en faveur des pauvres avant que se consacrer toute entière à Dieu. Pendant la persécution de Dioclétien, elle préféra mourir de la main du bourreau que de perdre sa virginité (304). Ayant été insensible au feu du bûcher, elle périt la gorge percée par une épée.

 

 

Vie de Sainte Odile

 

Le plus ancien document sur la vie de sainte Odile est un parchemin du X° siècle où un moine a noté ce que la tradition orale transmettait depuis près de deux cents ans, au Mont Saint Odile qui domine la plaine d'Alsace.

 

Au temps du roi mérovingien Childeric II, Aldaric, troisième duc d'Alsace, père de sainte Odile, tient sous son empire toute la vallée du Rhin, de Strasbourg à Bâle. Aldaric est un chrétien sincère, mais il s'arrache avec peine aux coutumes barbares, ses réactions sont impulsives et même dangereuses : pas de pardon pour qui l'offense. En 660, alors qu’il attendait avec impatience la naissance de son fils premier-né, lui naquit une petite fille aveugle. Son premier réflexe fut de vouloir la tuer, mais devant les pleurs de sa femme, Béreswinde, il accepta de lui laisser la vie à condition que le bébé disparût aussitôt. Béreswinde, bouleversée, se mit en quête d'une nourrice. Odile fut emmenée à Scherwiller, à une trentaine de kilomètres d'Obernai. Devant le beau linge du bébé et les soins particuliers dont il était entouré, les langues allaient bon train. Bientôt Odile ne fut plus en sécurité chez la nourrice et, à un an, dut reprendre la route pour Baume-les-Dames, près de Besançon, où elle franchit les portes d'un monastère.

 

Pendant toute son enfance, Odile était entourée du silence et de la paix des moniales qui essayaient de lui faire oublier sa cécité : elle apprit à se diriger seule dans le cloître, à reconnaître les appels de la cloche, à chanter par cœur les offices, faisant la joie de ses mères adoptives.

 

L'évêque Ehrhardt de Ratisbonne arriva un jour au monastère pour, dit-il, baptiser la petite aveugle. Devant la communauté, Ehrhardt prononça les paroles sacramentelles : « Odilia Je te baptise au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Odilia veut dire : soleil de Dieu. Au moment où l'eau coula sur son front, Odile ouvrit les paupières... elle voyait ! Après la guérison, l’évêque fit avertir Aldaric qui n'eut aucun geste de repentir. Il avait maintenant quatre fils et une fille, sa fille aînée était oubliée. Odile demeura donc à Palma chez les religieuses qui lui apprirent aussitôt à écrire et à lire dans les livres saints. La souffrance et la cécité l'avaient mûrie : elle faisait preuve d'une force d'âme et d'un détachement extraordinaires. Au fur et à mesure que les mois passaient, Odile sentait grandir en elle le désir de connaître sa famille. Certains voyageurs qui s'arrêtaient au monastère lui avaient déjà parlé de son frère Hugon qu’ils disaient aimable et généreux. Par l'intermédiaire d'un pèlerin, Odile lui fit parvenir une lettre qui émut Hugon au point qu’il osa affronter son père. L'heure du pardon n'avait pas encore sonné, Aldaric ne voulait pas revoir sa fille mais Hugon écrivit cependant à sa sœur de venir au château, pensant que la vue d'Odile ferait tomber la colère de son père. Hélas, à l'arrivée de sa fille aînée la colère d’Aldaric redoubla : il frappa Hugon qui mourut des suites des blessures. Ce fut le dernier accès de colère du terrible barbare qui, désespéré par la mort de son fils préféré, installa sa fille à Honenbourg et assura sa subsistance. Odile eut la patience de vivre ignorée des siens et se contente de ce que lui donnait son père qu'elle n'osait plus affronter. Elle ne vivait que pour les pauvres avec qui elle partageait ses maigres ressources. Peu à peu Aldaric se transforma et offrit à Odile le Honenbourg et toutes ses dépendances à condition qu'elle priât pour lui.

 

La jeune fille humiliée va devenir la célèbre Abbesse représentée par les statues et les tapisseries. Son cœur profond, son austère vertu, sa grande charité attirèrent plus de cent trente moniales et la plupart des membres de sa famille. Les travaux commencèrent rapidement pour transformer le Honenbourg en un monastère. Odile qui est une âme d'oraison, couvrit de chapelles tout le sommet de la colline dont la première fut dédiée à Notre-Dame, puis une autre à saint Jean-Baptiste qu'Odile vénérait particulièrement depuis son baptême. Un soir, la moniale chargée d'appeler ses compagnes pour l'office fut éblouie par une violente clarté : Odile conversait avec saint Jean-Baptiste. De jour, de nuit, par petits groupes qui se succédaient, les moniales chantaient sans cesse la louange de Dieu. L'Abbesse était la plus ardente à la prière ; elle aimait la mortification, mais elle était sage et prudente pour ses filles.

 

Peu de temps après la construction du monastère, Aldaric mourut. Avertie par une vision, Odile le sut en Purgatoire et se mit en prière jusqu'à ce que Notre-Seigneur lui apparût pour lui apprendre l'entrée de son père en Paradis. Une chapelle, dite des larmes, se dresse encore aujourd'hui sur la terrasse du couvent ; la tradition assure qu'une pierre creusée par les genoux de la sainte existe encore devant le maître-autel.

 

Le Honenbourg était le refuge des pauvres, des malheureux, des malchanceux et des pèlerins qui savaient y trouver bon accueil. Un vieillard tomba en montant vers le monastère. Odile le rencontra un moment plus tard et, comme pour le soulager, il fallait de l'eau, Odile implora le secours de Dieu, frappa le rocher et une source jaillit et ne tarira jamais. Mais la preuve était faite que tous ceux qui désiraient du secours ne pouvaient parvenir au sommet de la colline. Un autre monastère fut construit en bas. Aucun des deux couvents ne voulait se passer de la présence d'Odile qui allait donc du cloître du haut à celui du bas. En chemin elle aidait les éclopés et les infirmes. De toutes parts on venait la voir car on savait que ses mains étaient bénies. Parfois lorsqu'elle pansait des blessés ou des lépreux, les plaies se fermaient et les douleurs s'apaisaient. Sa préférence allait aux aveugles en souvenir de son infirmité. Elle présidait tout, elle prévoyait tout et s'intéressait à chacun en particulier.

 

Mais ses compagnes la voyaient de plus en plus lasse. Sentant la faiblesse la gagner, Odile se rendit à la chapelle Saint-Jean-Baptiste ; une dernière fois elle s'adressa à ses filles puis, à l'heure de l'office elle les envoya à l'église. Quand les moniales revinrent de l'office, Odile les avait quittées. Leur peine était grande d'autant plus que leur mère était partie sans avoir communié. Elles se mirent en prière et Odile revint à elle. Après les avoir réprimandées, l'Abbesse réclama le ciboire, se communia et quitta définitivement la terre, le 13 décembre 720.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:54

 

Strasbourg (France) - Mardi 11 octobre 1988

 

Chers Frères et Sœurs,

 

1. “Maintenant nous sommes tous là devant Dieu”. 

 

C’est avec beaucoup de joie que le vous rencontre sur ce Mont Saint-Odile, haut lieu de la prière et de la charité, site prestigieux de l’Alsace, qui a vu arriver au long des siècles tant de visiteurs et de pèlerins, saisis par la beauté unique de son panorama grandiose, et intérieurement régénérés par son atmosphère spirituelle tonifiante.

 

Comment ne pas éprouver une forte sensation de liberté, d’ouverture et d’épanouissement devant cet immense horizon? Comment ne pas ressentir un appel à rencontrer Dieu dans le silence du cœur là où Odile, les grandes Abbesses qui lui ont succédé et tant de religieuses ont fait l’expérience de sa présence familière? La vérité et la beauté de la sagesse, elles ont voulu les proposer au plus grand nombre, comme en témoigne l’œuvre célèbre d’Herrade de Landsberg, le Hortus deliciarum.

 

Je rends grâce au Seigneur d’être venu ici aujourd’hui prendre souffle avec vous et je remercie la Providence d’avoir mis mes pas dans ceux de mon lointain prédécesseur, saint Léon IX, originaire de cette province, à qui il fut donné de consacrer ce mont splendide.

 

Je vous salue tous cordialement.

 

Je vous salue, moniales des communautés contemplatives d’Alsace, religieuses engagées dans le monde scolaire, dans le monde de la santé, dans les paroisses et les missions.

 

Je vous salue, prêtres diocésains ou religieux.

 

Je vous salue, laïcs adorateurs qui vous relayez jour et nuit pour une prière ininterrompue depuis presque trois quarts de siècle.

 

Je vous salue, habitants des paroisses voisines.

 

2. Le livre des Actes des Apôtres, dont on vient de nous lire un passage, rapporte les commencements de l’Eglise, avec la fraîcheur et le dynamisme qui marquent les œuvres naissantes.

 

Vous aussi, Sœurs et Frères qui appartenez à des Instituts religieux, vous avez pris avec ferveur la suite du Christ et, à l’exemple des protagonistes de la première évangélisation du monde, vous continuez à centrer votre regard sur la personne du Seigneur ressuscité, chemin, vérité et vie pour tout homme. Comme les Apôtres Pierre et Paul, comme le diacre Philippe, vous annoncez Jésus et vous proclamez qu’il est vivant. Vous le faites par le témoignage de votre vie de prière contemplative, par vos activités paroissiales, par votre dévouement auprès des malades et des personnes handicapées, par votre ministère d’enseignants chrétiens auprès des jeunes à qui vous inculquez une vision chrétienne du monde. Dans votre mouvance, les adorateurs qui prient jour et nuit sur ce mont témoignent eux aussi que Jésus est Seigneur et qu’à Lui appartiennent la louange et la gloire.

 

Dans le sillage de l’Apôtre Pierre, vous dites, à votre manière, “ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean: Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force”. 

 

Je rends grâce au Seigneur pour la fécondité de l’œuvre évangélisatrice des fils et des filles d’Alsace, dont le rayonnement va bien au-delà des frontières du continent européen et s’étend à de nombreux diocèses partout dans le monde. Je vous encourage à poursuivre cette proclamation de la Bonne Nouvelle avec la même sereine détermination que l’Apôtre Paul, dont il est dit au verset final des Actes: “Il annonçait le règne de Dieu et il enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec une assurance totale et sans entraves”. 

 

3. Cette assurance totale est le don que le Christ a fait à son Eglise, le jour de Pâques, lorsque, se manifestant aux disciples réunis dans le Cénacle, il déclara: “La paix soit avec vous! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie”. 

 

Cette paix du Christ, nous avons mission de l’offrir au monde qui en éprouve un pressant besoin et qui l’attend particulièrement des personnes consacrées. Vous donnez, en effet, le témoignage d’une vraie vie personnelle, ce qui est le désir de tout être humain et devient de plus en plus difficile dans une société grégaire. Vous donnez également le témoignage d’une vie pacifiée, qui attire les personnes en quête d’une existence ordonnée, unifiée et stabilisée par la foi. On découvre chez vous la joie, le don de soi, l’obéissance, la liberté et l’art de bien user des choses d’ici-bas, qui font de vos familles religieuses autant de petites sociétés où prédomine l’esprit de l’Evangile avec la paix profonde résultant de la pratique des Béatitudes.

 

4. Cette paix intérieure, don du Christ ressuscité, est en même temps une conquête que vous faites en prenant pour y parvenir les voies exigeantes de la chasteté, de la pauvreté et de l’obéissance. Ce qui rend “évangéliques” ces manières de vivre, c’est que vous les choisissez précisément pour marcher à la suite du Christ.

 

Le choix que vous avez fait du célibat et de la chasteté parfaite est indissociable de la foi en la vie éternelle. Dans un monde qui a du mal à croire en la résurrection des morts, vous proclamez que la plénitude de la vie nous est donnée au delà du passage de la mort et que cette vie-ci n’en est que le prélude. Saint Augustin ne voyait-il pas dans le célibat consacré une sorte de méditation perpétuelle sur la vie éternelle, alors que l’on vit encore dans un corps périssable?

 

Nous le constatons: la richesse émousse la sensibilité au message du Christ. Jésus n’avait-il pas annoncé les difficultés pour les riches à entrer dans le Royaume des cieux? Par la simplicité voulue de votre mode de vie, qui vous fait opérer un certain renoncement aux biens éphémères qui fascinent nos contemporains, vous rappelez le détachement nécessaire à tout chrétien afin de pouvoir investir pleinement dans les valeurs évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain.

 

Enfin, au prix du renoncement à la volonté propre, l’obéissance développe en vous cette attitude d’accueil qui fait écouter en allant à la rencontre de quelqu’un ou écouter celui qui vient à notre rencontre. Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’homme considère que faire ainsi la volonté de Dieu n’est nullement frustrant mais bien au contraire épanouissant.

 

En prenant les chemins des vœux, qui mènent à la paix pascale, vous avez conscience de participer à la croix du Christ, voie obligée vers la Résurrection.

 

5. A la communauté chrétienne, vous offrez des modèles de vie qui emportent son adhésion secrète. Les chrétiens ont besoin de la fidélité de vos Instituts pour être fidèles eux-mêmes. Ils ont besoin de votre large fraternité et de votre capacité d’accueil pour rester fraternels et accueillants à leur tour. Ils ont besoin de l’exemple de votre amour, à l’intérieur et à l’extérieur de votre Institut, pour vaincre les barrières de l’incompréhension. Ils ont besoin de votre exemple de consécration aux valeurs du Royaume de Dieu pour éviter les dangers du matérialisme pratique. Ils ont besoin de votre perspective d’universalité ecclésiale pour demeurer ouverts à la dimension du monde.

 

6. Chers Frères et Sœurs, vous représentez pour l’Eglise et pour le monde des forces vives considérables. Vous êtes les témoins de la prière. Vous annoncez l’Evangile et vous mettez les hommes en contact avec Dieu par les sacrements. Vous soutenez le ministère du prêtre en paroisse. Vous remplissez une tâche éducative, sanitaire, sociale, qui correspond tellement bien à la charité ecclésiale! Vous accompagnez les fidèles dans la catéchèse, les mouvements, les œuvres missionnaires. Vous faites cela avec beaucoup de disponibilité, et c’est cette disposition foncière d’ouverture à l’amour de Dieu qui vous rend utiles. Aidés par les vœux, qui creusent encore davantage en vous la possibilité d’accueil, vous devenez de plus en plus capaces Dei, ce qui est la vocation même de l’homme.

 

7. Enfin, au cœur de votre vie, il y a l’Eucharistie, adorée jour et nuit sur ce mont. C’est elle qui nourrit votre prière et votre action. Vous y trouvez la force de votre vie consacrée. Vous y reconnaissez l’assurance de la présence réellement transformante du Christ ressuscité, qui est avec nous jusqu’à la fin du monde.

Je lui confie de tout cœur, par l’intermédiaire de Notre-Dame, chacun et chacune d’entre vous ainsi que toutes vos communautés, et je vous bénis, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

 

© Copyright 1988 - Libreria Editrice Vaticana

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:53

 

Le Mont Sainte Odile, 763 m est un des hauts lieux les plus importants de L'Alsace. Ayant attiré les hommes dès les temps de la préhistoire. Il fut durant 11 siècles le siège d'un important monastère. Centre de rayonnement religieux et culturel, aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage très fréquenté. Les bâtiments sont en grande partie ceux de l'ancien couvent, actuellement transformés en hôtellerie, offrant bon air et calme, ouvert toute l'année. Les sanctuaires de l'ancien couvent sont bien conservées. A la terrasse Nord-Est, une vue très étendue sur la plaine d'Alsace s'offre aux visiteurs.

 

L'abbaye est l'héritière du château de Hohenburg, qui au VII siècle servait de résidence d'été au duc Etichon, père d'Odile. C'est à Obernai que naît la fille du Duc. L'enfant aveugle et débile, provoque le courroux de son père qui désirait un fils. Il ordonne de la mettre à mort mais sa nourrice l'emporte et l'élève secrètement. Les années passent, Odile est baptisée, l'onction au saint chrême lui rend la vue et elle devient une très belle jeune fille.

 

Sa mère et son frère Hugues croient pouvoir révéler au duc son existence. Etichon loin de pardonner, tue son fils de ses propres mains. Mais le remord le tenaille. Il croit se racheter en accueillant Odile et en la mariant à un chevalier. Mais Odile qui n'aspire qu'au ciel s'enfuit. Etichon se jette à la poursuite de sa fille qui est sauvée par un miracle: Un rocher s'entrouvre pour la laisser passer. Etichon s'avoue vaincu, il reconnaît la vocation de sa fille et lui fait don du château de Hohenbourg ou elle installe le couvent vers l'an 700. Après la mort d'Odile en 720, autour de son tombeau, un grand courant de pèlerinage s'est formé à travers les siècles. C'est pour la maladie des yeux que sainte Odile fut particulièrement invoquée. Elle est aussi vénérée comme patronne de L'Alsace. On la fête le 7 juillet et le 13 décembre.

 

Le couvent est vendu à la révolution de 1789 comme bien national, mais l'évêché de Strasbourg le rachète en 1853 et le ramène à sa destination. Le Pape Jean-Paul II, s'est rendu au monastère, lors de son voyage pontifical en Alsace, le 11 octobre 1988.

 

La montagne qui porte le monastère, fut primitivement aménagée par les Celtes vers 500 ans Av JC. Ces derniers construisirent une enceinte fortifiée pour protéger la population et le bétail en cas de danger. Cette ceinture cyclopéenne de 10 km de longueur , 1,7 m de largeur, atteignant 3 m de hauteur dans ses parties les mieux conservées, délimite une surface de 100 hectares. Elle est faite de blocs de grès assemblés par des tenons de chêne dans des mortaises, et est percée de 4 portes. Elle fut restaurée à plusieurs reprises, notamment par les Gaulois, avant que ces matériaux ne soient utilisés pour la construction de l'abbaye et de ses défenses. Ce qu'il reste du mur païen est néanmoins impressionnant et il faut cinq heures de marche pour en découvrir tous les aspects, au long d'un itinéraire riche en points de vue.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:52

+ 720)

Elle ne fut pas la bienvenue. On attendait un garçon et ce fut une fille. Puis on s'aperçut qu'elle était née aveugle. Son père, Adalric, comte d'Alsace voulut la tuer comme c'était encore l'usage en ces temps mérovingiens. Mais sa mère la sauva et Odile fut accueillie par l'abbaye bourguignonne de Baume-les-Dames.

Quand elle fut plus âgée, elle revint à la maison où son père s'était calmé. Odile refusa de se marier puisqu'elle avait voeu de virginité quand elle était à Baume-les-Dames. Il lui offrit le château de Hohenbourg dont elle fit un monastère. Elle y adjoignit un hospice pour les lépreux.

 

Ces détails sont peut-être légendaires, mais il est sûr qu'elle fonda un monastère qui fut prospère, qu'elle était priée quelques années après sa mort pour guérir de la cécité et, surtout, que le mont Sainte Odile est, aujourd'hui encore, un pèlerinage très fréquenté et un haut lieu de la vie spirituelle.

 

Patronne de l'Alsace. Mont Sainte Odile.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:49

Odile continuait à visiter tous les jours l'hôpital de Nieder-Mtinster, situé au bas de la montagne; mais ses fatigues continuelles, jointes à son grand âge, avaient singulièrement affaibli ses forces. Sa charité était toujours aussi ardente, et un auteur contemporain raconte que Dieu la récompensa par un étonnant miracle. « Un jour, dit-il, que la Sainte revenait seule à Hohenbourg, elle rencontra un pauvre étendu dans le chemin et mourant de soif et de fatigue. Ne pouvant courir assez vite pour chercher du secours à ce malheureux, elle mit toute sa confiance en Dieu, et, se souvenant de ce qu'avait fait autrefois Moïse, elle frappa de son bâton le rocher voisin. Il en sortit à l'instant une fontaine dont l'eau salutaire rendit la vie à ce mourant ». Tel est le récit qu'on répétait dans la contrée quelques années après sa mort, et la fontaine miraculeuse, visitée encore aujourd'hui par un grand nombre de pèlerins, est célèbre dans tout le pays par les guérisons qu'on attribue à la vertu de ses eaux.

 

Les pauvres étaient les amis privilégiés d'Odile. Elle voulait qu'on leur témoignât toujours une charité compatissante, et elle avait expressément défendu de jamais leur refuser l'aumône. Souvent elle les servait de ses propres majns, et c'était toujours avec la tendresse la plus chrétienne. Cette charité de l'abbesse soutenait la ferveur de ses religieuses, qui se dévouaient, à son exemple, au soin des pauvres dans l'hôpital de NiederMunster.

 

Ainsi vivait cette sainte communauté, au milieu de laquelle Odile demeura jusqu'à un âge fort avancé, pleine de mérites et de vertus. Son nom était béni dans toute l'Alsace, et les fidèles accouraient en foule â Hohenbourg pour admirer son dévouement et écouter sa parole comme celle d'un apôtre. Quand elle vit sa fin approcher, elle assembla toutes ses filles dans la chapelle de Saint Jean Baptiste, dont elle avait fait son oratoire particulier. «  Ne vous alarmez pas, leur dit~elle, de ce que je vais vous annoncer; je sens que l'heure de ma mort approche, et j'espère que mon âme s'envolera bientôt de la prison de mon corps pour aller jouir de la liberté des enfants de Dieu ». Puis elle découvrit â chacune d'elles les défauts à corriger, les dangers à craindre, et leur recommanda de rester surtout fidèles aux saintes pratiques qui les avaient jusqu'alors maintenues dans la ferveur. Odile, apercevant alors ses nièces, Eugénie, Gundeline et Attale, qui versaient des torrents de larmes « Mes chères filles, leur dit-elle, vos pleurs ne prolongeront point mes jours; l'heure est venue, il faudra bientôt partir. Allez seulement à l'oratoire de la Vierge réciter le Psautier et demandez pour moi la grâce de bien mouri ». Elles allèrent prier, et quand elles revinrent auprès d'Odile, elles la trouvèrent plongée dans une extase si profonde, que, la croyanL morte, elles s'abandonnèrent de nouveau aux larmes. Mais la Sainte se réveilla bientôt comme d'un profond sommeil, et leur raconta que Dieu l'avait transportée, en compagnie de sainte Lucie, dont on célébrait la fête ce jour-là (13 décembre), pour lui donner un avant-goût des biens ineffables du ciel. Comme elle désirait ardemment recevoir le saint Viatique, les historiens de sa vie racontent que, pour satisfaire à sa sainte impatience, le ciel voulut faire un nouveau miracle. Un ange environné de lumière descendit auprès d’elle, en présence de toute l'assemblée, et lui présenta respectueusement un calice renfermant le corps et le sang précieux de Jésus-Christ. Quand Odile eut pris la sainte communion, l'ange disparut, et le vase sacré resta entre ses mains comme un témoignage de la faveur extraordinaire qu'elle avait reçue du ciel ~.

 

Odile adressa à ses saintes filles un dernier adieu, et ses yeux, qu'un miracle avait ouverts autrefois, se refermèrent doucement à la lumière, le treizième jour de décembre. La Sainte était pauvrement couchée sur la peau d'ours qui lui servait de lit, et son chaste corps, exténué de jeûnes et d'austérités, resta exposé pendant huit jours dans l'église, répandant une odeur de sainteté qui embaumait tout le monastère. On lui rendit les derniers devoirs avec toute la solennité possible, et ses reliques vénérées furent déposées dans un tombeau qu'elle avait fait préparer elle-même dans la chapelle de Saint Jean-Baptiste, appelée dans la suite la chapelle de Sainte Odile.

 

On la représente 1' avec un livre ouvert sur lequel se trouvent deux yeux; ~2° priant devant un autel pour l'âme de son père. Celui-ci est parfois conduit hors des flammes par un ange ou bien un rayon du ciel fait connaître à la Sainte que ses prières sont exaucées

 

Aussitôt aprés la mort d'Odile, les habitants du pays vinrent en foule vénérer le tombeau de la sainte abbesse de Hohenbourg. L'Alsace, dont elle avait été l'ornement, la choisit pour patronne, et la montagne de Hohenbourg perdit son ancien nom pour porter celui de montagne de Sainte-Odile.

 

Le tombeau de sainle Odile fut ouvert pour la première fois,  en présence de l'empereur Charles IV. Ce prince, attiré par le concours des peuples qui s'y rendaient, eut aussi, la dévotion d'y aller lui-même. Le corps de la Sainte fut trouvé entier, et on détacha la partie unie- l'issue du bras droit pour la donner à l’empereur. Cette relique précieuse fut déposée dans l'église cathédrale de Prague, et on l'honore encore aujourd'hui, Le tombeau de la sainte abbesse fut refermé en présence de l'empereur et de l'évêque de Strasbourg, Jean de Liechtemherg. A la demande des religieuses, ils firent dresser un acte de cette première reconnaissance, et défendirent, sous les peines les plus graves, d'ouvrir désormais ce précieux tombeau.

Jean Michel Dossogne

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:48

C'est ainsi qu'Odile sanctifiait cette solitude de Hohenbourg. Elle voulait que tout y rappelât la pensée du ciel. Comme elle avait aussi une dévotion spéciale à la sainte Trinité, pour se rappeler d'une manière sensible cet auguste mystère, elle planta de sa main trois tilleuls auprès du monastère. Deux de ces arbres séculaires, qui subsistaient encore en 4681, furent alors détruits par l'incendie qui dévora le monastère.

 

Au milieu des oeuvres saintes qu'on pratiquait à Hohenbourg, une chose importante manquait à la pieuse communauté. Les pieuses filles réunies en ce lieu y pratiquaient la régularité, moins par un engagement explicite que par émulation et par ferveur; en un mot, elles n'avaient pas encore de règle monastique. Quand Odile eut mis la dernière main aux édifices matériels, elle songea à donner à sa communauté des règlements précis, et à réduire en lois ce qui s'était fait jusque-là par imitation et par esprit de piété. Pour cela, elle assembla toutes ses filles afin de prendre leur avis, et leur demanda quel genre de vie elles voulaient embrasser de préférence. Toutes répondirent que la vie la plus austère leur paraissait la plus parfaite, et que leur voeu le plus cher était de marcher sur les traces de leur abbesse, en suivant par obligation la voie étroite qu'elles avaient suivie volontairement jusqu'alors. Cette vie était dure, car Odile ne se nourrissait que de pain d'orge et de légumes; elle ne buvait que de l'eau, excepté les jours de fêtes; elle passait une partie des nuits en prière et prenait à peine quelques heures de repos; elle n'avait d'autre lit qu'une peau d'ours, et n'accordait enfin à son corps que ce qui était absolument nécessaire pour soutenir son existence. Le zèle qu'elle avait pour la sanctification des âmes la porta à entreprendre une nouvelle oeuvre. Les sanctuaires de Hohenbourg étaient visités par un grand nombre de pèlerins. Mais ceux qui étaient infirmes ne pouvaient que difficilement atteindre le monastère, situé au sommet de la montagne. Odile, secondée par les pieuses libéralités de sa mère, Berswinde, fit bâtir pour ces malheureux un hôpital et une église dédiée à saint Nicolas, au pied de la montagne. Malgré la difficulté des chemins, elle visitait ces pauvres tous les jours, les servait avec affection et leur distribuait l'aumône de ses propres mains.

 

Les religieuses de Hohenluourg admiraient le généreux dévouement de leur abbesse. Charmées de ses exemples, elles voulurent avoir part à ses bonnes oeuvres, et la conjurèrent de permettre que quelques-unes d'entre elles l'accompagnassent dans cet exercice salutaire de la charité. Odile y consentit, et, considérant que sa communauté, devenue très nombreuse, se trouvait à l'étroit sur la montagne, elle résolut de choisir celles de ses religieuses qui étaient propres au service des pauvres, et de les transporter dans son nouvel établissement, tout en les maintenant sous sa direction. Elle leur fit donc bâtir une nouvelleéglise, vaste et somptueuse, et la nouvelle communauté prit le nom de Nieder-Minster. Les religieuses changèrent d'habitation sans changer de moeurs ni d'abbesse. Les deux maisons étaient semblables à deux grands arbres qui paraissent séparés au dehors, et qui ont cependant la même racine et le même principe de vie. Sainte Odile continuait à les gouverner avec autant de succès que de sagesse elle se trouvait tantôt dans l'une, tantôt dans l'autre; le plus souvent dans celle où il y avait le plus à travailler et le plus à souffrir. Mais la maison où elle allait le plus volontiers était l'hôpital de Saint-Nicolas : c'était là comme son jardin de délices, où elle se délassait chaque jour, autant que le lui permettait la conduite de deux communautés nombreuses. L'air qu'on y respirait, tout infecté qu'il était, lui paraissait doux. Ses pieuses filles l'imitaient à l'envi, et faisaient, comme elle, une heureuse expérience du bonheur que l'on goûte lorsqu'on daigne s'abaisser jusqu'à consoler les pauvres et les misérables.

 

Cependant le duc Adalric et sa femme Berswinde étaient déjà fort avancés en âge. Attirés par les vertus de leur fille, ils résolurent de consacrer leurs derniers jours à la prière, et firent savoir à Odile qu'ils voulaient se retirer auprès d'elle, jusqu'au moment où il plairait à Dieu de les appeler à lui. Odile reçut ce message avec joie. Elle savait tout ce qu'il y avait de foi et de piété dans le coeur de ses parents. La duchesse Berswinde s'était toujours distinguée par une vertu sans tache, et si, quelquefois, le duc s'était laissé aller à l'emportement, depuis longtemps il avait su imposer silence à cette passion, et la voix publique proclamait hautement sa piété et sa justice. Adalric se rendit donc à Hohenbourg avec Berswinde. Il y vécut quelques mois dans l'exercice des bonnes oeuvres, et y mourut bientôt, dans les sentiments de la piété la plus vive, entre les bras de sa fille (vers l'an 700). La pieuse Berswinde le suivit peu de temps après dans la tombe,

 

Odile, après 'la mort de ses parents, vécut encore de longues années dans la pratique des vertus les plus sublimes. Un jour, un lépreux se présenta à la porte du monastère pour demander l'aumône. Son corps répandait une odeur infecte, et personne n'osait se résoudre à approcher de lui. Odile, informée de sa présence, vint elle-même pour lui servir à manger. Mais, malgré son courage héroïque, elle recula d'abord à l'aspect repoussant de ce misérable. Puis, surmontant ce premier mouvement de la nature, elle se jette au cou du malheureux, et l'embrasse avec une générosité qui fait frémir les témoins de ce spectacle. Sa charité croissant par cette victoire sur elle-mème, elle lui servit à manger avec une pieuse affection, et, levant les yeux au ciel, elle répétait d'une voix entrecoupée de sanglots, ces charitables paroles « Seigneur, ou donnez-lui la santé, ou accordez-lui la patience ». Sa prière fut bientôt exaucée; la lèpre de cet infortuné disparut, et ceux qui étaient présents louèrent Dieu, qui avait glorifié la charité de sa servante.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:47

Adairic songea alors à marier Odile à quelque puissant seigneur de ses amis. Mais elle avait bien d'autres pensées. La vie tumultueuse des cours la fatiguait, et elle songeait à retourner dans la solitude de Baume. Adalric, à qui elle fit connaître son dessein, s'y opposa, et malgré ses instances et ses larmes, elle ne put obtenir la permission de son père. Odile fut vivement contrariée de cet obstacle. Elle écrivit à sa tante et aux religieuses de Baume une lettre touchante pour leur exprimer sa douleur. L'abbesse regretta l'éloignement d'Odile, et, pour conserver d'elle un souvenir plus sensible, elle garda soigneusement et avec le plus grand respect un voile violet, mêlé de soie et de filets d'or, que la Sainte avait travaillé de ses mains, et qui fut vénéré dans l'abbaye de Baume jusqu'au siècle dernier.

 

Odile fut donc obligée de rester malgré elle à Hohenbourg. La renommée de ses qualités éminentes y attira bientôt les personnes les plus distinguées. Un duc d'Allemagne, enchanté de son mérite, demanda sa main à Adalric. Le duc. et la duchesse voyaient dans cette alliance un avenir brillant pour leur fille. Ils donnèrent leur consentement; mais lorsqu'ils demandèrent celui d'Odile, elle répondit, avec autant de fermeté que de respect, qu'elle ne voulait pas avoir d'autre époux que Jésus-Christ, à qui elle avait voué son coeur. Quelques jours après, craignant les mesures qu'on voulait prendre pour contraindre sa liberté, elle s'enfuit secrètement, déguisée sous l'habit d'une mendiante. Son dessein était d'abord de se rendre à Baume; mais, ayant réfléçhi qu'on ne manquerait pas de la chercher de ce côté, elle traversa le Rhin sur une barque, et résolut de chercher une solitude inconnue, où elle pût vivre loin du monde (619).

 

Quand on s'aperçut au château de Hohenbourg qu'Odile avait disparu, le duc ordonna à ses fils de se mettre aussitôt à sa recherche. Il se dirigea lui-même du côté du Rhin,-et prit le chemin de Fribourg en Brisgaw. C'était justement celui que suivait sa fille ; cependant, malgré toutes ses recherches, Adalric ne put la découvrir, et elle resta cachée pendant plusieurs mois à Fribourg ou dans les environs. Adalric, affligé de son absence, fit publier dans ses Etats qu'il s'engageait solennellement, si Odile revenait à Hohenbourg, à lui laisser toute liberté d'embrasser le genre de vie qu'elle désirait.

 

Cet édit -parvint à la connaissance d'Odile. Elle en rendit grâces à Dieu, et se rendit à Hohenbqurg (680). Le duc se montra, fidèle à sa promesse, et quand sa fille lui eut fait connaître le. désir qu'elle avait d'établir en Alsace une. communauté de vierges consacrées à Dieu, il accueillit volontiers cette proposition et voulut contribuer généreusement à cette oeuvre. Aussitôt iI céda à Odile le château même de Hohenhourg avec toutes ses dépendances, et cette antique forteresse, transformée par Adalric en une maison de plaisance, fut destinée à devenir, entre les mains de la Sainte , un asile ouvert aux âmes d'élite qui voulaient fuir le contact du monde.

 

Ce fut entre les années 680 et 690 que se firent les travaux nécessaires pour approprier la maison de Hohenbourg à sa nouvelle destination. Le duc pourvut libéralement à toutes les dépenses et présida souvent lui-même à l'ouvrage. Quand les bâtiments furent terminés, Odile en prit possession, à la tête d'une communauté de cent trente religieuses qui appartenaient aux meilleures familles du pays, et qui avaient renoncé, comme elle, à toutes les espérances du monde pour venir à Hohenbourg se retirer sous la conduite d'une maîtresse si habile dans la science du salut.

 

Cette communauté, si prospère dès sa naissance, jeta un grand éclat dans la province. La sainteté de l'abbesse et la ferveur des religieuses firent regarder la solitude de Hohenbourg comme l'asile de la vertu la plus pure. Sainte Odile, animée de l'esprit de Dieu, ne se contentait pas d'enseigner, par ses discours, les maximes de la vie spirituelle ; elle excitait ses filles par ses exemples, qui sont toujours la meilleure manière d'instruire, la plus courte et la plus efficace. Le duc Adalric, témoin de cette régularité, en exprima sa joie par de nouveaux bienfaits. II fit une fondation à perpétuité pour cent filles de qualité qui voudraient se consacrer au service de Dieu dans le monastère de Hohenbourg. Il y ajouta quatorze bénéfices pour les prêtres chargés du service religieux. Une fondation magnifique engagea dans la suite l'empereur Frédéric Barberousse à donner le titre de princesses du saint empire aux abbesses de ce riche monastère '

 

Les deux chapelles que le duc Adalric avait fait bâtir à Hohenbourg étaient insuffisantes pour les besoins de la nouvelle communauté. Odile obtint de son père toutes les ressources nécessaires pour construire une église belle et spacieuse, qui fut consacrée sous le vocable de Notre-Dame (690). Un oratoire, également dédié à la Vierge , était attenant à cette église. C'est dans ce sanctuaire qu'Odile aimait à se retirer pour se recueillir dans la prière, et satisfaire sa dévotion envers la Mère de Dieu. A quelques pas de l'oratoire de la Vierge , elle fit encore bâtir une autre chapelle, sous l'invocation de la Sainte Croix , pour honorer, par une dévotion spéciale, le bois sacré sur lequel s'est accompli le mystère de la rédemption. Enfin elle éleva un troisième oratoire à saint Jean-Baptiste, qu'elle honorait particulièrement depuis le jour où elle avait recouvré la vue par le baptême. L'historien contemporain de la Sainte raconte que cette dernière chapelle fut miraculeusement consacrée par saint Pierre, qui y apparut, aux yeux d'Odile, entouré d'une troupe d'anges, et cotte dédicace merveilleuse fut fêtée chaque année sous le nom de Consécration des:anges (696) Cette chapelle miraculeuse fut plus tard appelée la chapelIe  de Sainte-Odile, parce que c'est là que la Sainte fut inhumée et honorée jusqu'à ces derniers temps par les fidèles, qui venaient en foule y offrir leurs prières et leurs voeux

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:46

Odile resta donc à Baume, où elle continua à se montrer toujours pieuse, toujours appliquée à l'étude et au travail. Les exemples de vertu dont elle était entourée n'étaient point perdus pour elle, et malgré sa jeunesse, l'ardeur de son zèle, la ferveur de sa dévotion et la maturité de son esprit l'élevaient au rang des religieuses les plus distinguées du monastère. Quoiqu'elle n'eût pas fait profession, elle observait scrupuleusement toutes les prescriptions de la règle, et remplissait, comme les autres, tous les emplois qui lui étaient assignés.

 

Pendant ce temps, la maison de son père avait été comblée des bénédictions du ciel. Dieu avait donné à Adalric quatre fils et une seconde fille, qui fut nommée ltoswinde. L'aîné des jeunes princes s'appelait Etichon ou Etton, le second Adelbert, le troisième Hugues, et le dernier Bataehon. Ils furent l'ornement de leur maison, la gloire de l'Alsace, et la souche des illustres familles qui régnèrent sur l'Autriche, la Lorraine , le pays de Bade et d'autres contrées. Parmi tous ces nobles enfants, Hugues semblait se distinguer des autres par ses qualités éminentes. C'était un prince bien fait, plein d'esprit, de coeur et de générosité, et surtout de cette confiance qu'une première jeunesse soutenue d'un mérite naissant, inspire ordinairement aux personnes qui se connaissent et qui sentent ce qu'elles sont. Odile entendit vanter son mérite, et l'aima, sans l'avoir jamais vu, d'une vive affection. Elle lui écrivit des lettres pleines de tendresse, qu'elle confia à un pèlerin. Le jeune Hugues, touché de cette marque d'attachement, répondit à sa soeur dans les termes de l'amitié la plus sincère. Odile, charmée des sentiments de son frère, résolut de l'employer comme intercesseur auprès d'Adaric. Elle le pria donc de fléchir l’esprit de son père, et de ménager auprès de lui son retour au château de Hohenbourg. Sa commission était délicate. Mais Hugues, dont le coeur était bon, crut facilement que le duc serait sensible à la démarche de sa fille. Un jour, il fit en sa présence l'éloge des qualités de I'esprit et du corps qu'on admirait dans Odile, et. finit par conjurer Adalric de la rappeler dans sa maison, dont elle devait faire le. plus bel ornement.

 

Le duc répondit laconiquement qu'il avait des motifs de la laisser encore à Baume, et son fils n'osa pas insister. Mais, persuadé que la présence,,de sa soeur suffirait pour dissiper tous les obstacles, il fit préparer secrètement un char et des chevaux qu'il lui envoya, en lui écrivant qu'elle pouvait revenir à Holienbourg. Odile, persuadée que son père consentait à son retour, fit aussitôt ses adieux à l'abbesse et aux religieuses de Baume, en leur promettant de revenir bientôt pour se consacrer avec elles au service. de Dieu. Elle partit, un peu inquiète et flottant entre la crainte et l'espérance. Mais la prière la soutint dans la route, et, après avoir traversé deux provinces, elle arriva heureusement au pied de la montagne où Adalric avait relevé les ruines du château de Hohenbourg.

 

Dans ce moment même le duc se promenait dans la campagne, en conversant familièrement avec son fils. Tout à coup il aperçut une troupe qui s'avançait vers la montagne, et demanda ce que c'était. Hugues, informé du retour de sa soeur, répondit que c'était Odile qui revenait à la maison paternelle. «  Qui a été assez audacieux , s'écria Adalric, pour la rappeler sans ma permission? n Le jeune Hugues, reconnaissant alors qu'il avait trop compté sur la tendresse de son père, répondit en tremblant : « C'est moi qui lui ai mandé de revenir. Pardonnez à ma témérité et à l'affection que j'ai ressenti pour une soeur. Si j'ai mérité,votre colère, punissez-moi seul, car Odile n'est point coupable ». Le duc, emporté par un premier mouvement de colère, frappa rudement le jeune homme. Mais son courroux s'apaisa, et quand Odile, arrivée au sommet de la montagne, Vint se jeter à ses pieds et lui baiser les mains, la nature reprit sou empire, et le duc, l'ayant embrassée, la présenta à ses frères qui l'accueillirent avec joie. Bientôt la duchesse Berswinde, avertie du retour de sa fille, accourut à sa rencontre, et baisa avec respect ses yeux, que Dieu avait si miraculeusement ouverts à la lumière du jour.

 

Odile, rentrée au château de Hohenbourg, se rendit au pied des autels pour remercier Dieu de l'avoir ramenée dans sa famille. Sa vie à la cour de son père fut toujours un modèle d'édification. Sa piété et sa douceur charmaient tous ceux qui l'entouraient, et ses parents, touchés de son obeissance, sentaient de jour en jour s’accroître leur affection pour' elle. Son père seul semblait lui porter moins d'affection qu'à ses autres enfants. Il ne voulait point l'admettre' à sa table et lui faisait servir ses repas dans une partie écartée du château. Un jour cependant il la rencontra dans la cour et lui dit, d'un ton plus affectueux que de coutume : » Où vas-tu, ma fille? » - « Seigneur , répondit Odile,  je porte un peu de nourriture à de pauvres malades ». La douceur de ses paroles et son air modeste, émurent vivement le duc. Il se repentit de sa froideur envers un enfant si aimable et lui dit r « Ne t'afflige point, ma fille; si tu as vécu pauvrement jusqu'ici, il n'en sera plus ainsi à l'avenir . Dès lors il lui témoigna dans toutes les. circonstances une bienveillance extrême. Odile, loin de s'en prévaloir, ne s'en montra que plus douce et plus dévouée aux bonnes oeuvres. Ses exemples eurent la plus salutaire influence sur sa famille, et sa soeur Roswinde résolut de marcher sur ses pas en renonçant comme elle aux vanités du monde, pour soulager les pauvres et porter la croix de Jésus-Christ.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:44

Adalric ignorait le lieu où avait été transportée sa fille; car, pour ne pas l'irriter, on évitait soigneusement de parler d'elle en sa présence. Il y avait bientôt un an que la jeune princesse avait été mystérieusement confiée à sa nourrice, lorsque le bruit se répandit dans la province qu'on élevait soigneusement à Scherwiller une petite aveugle dont les parents étaient inconnus, mais que son air noble et les soins dont on l'entourait indiquaient assez qu'elle appartenait à une grande famille. Quelques-uns même observèrent que la nourrice avait été autrefois au service de Berswinde, et que l'âge de l'enfant répondait parfaitement au temps où l'on avait publié que la duchesse avait fait une fausse couche.

 

La nourrice informa Berswinde de tous ces discours, et celle-ci, craignant que ces bruits ne parvinssent aux oreilles d'Adalric, résolut de faire un nouveau sacrifice pour ne pas l'irriter davantage. Elle ordonna à la nourrice de transporter sa fille au monastère de Baume-les-Dames, dans le comté de Bourgogne, où elle pourrait continuer à l'élever. Ce lieu paraissait plus convenable que tout autre pour servir de refuge à la jeune princesse, parce que la distance la mettrait à l'abri des recherches, et que, de plus, l'abbesse de Baume était la tante de la duchesse Berswinde.

 

La jeune exilée y fut reçue avec joie, et l'abbesse l'entoura de tous les soins qui peuvent suppléer à la tendresse d'une mère. La fille d'Adalric grandit en âge et en sagesse au sein de cette famille adoptive. Son âme ne s'ouvrit que pour connaître Dieu et aimer la vertu. Elle montra, d'ailleurs, une grande douceur de caractère et une facilité étonnante à retenir ce qu'on lui enseignait, de sorte que, dès l'âge de 5 ans, elle était parfaitement instruite des principes de la vie du Chrétien. Privée de la lumière corporelle, elle recevait abondamment cette Lumière d'En Haut, qui éclaire tout homme venant au monde.

 

Nous ignorons le nom sous lequel on désignait alors la fille d'Adalric; car, arrivée à l'âge de 12 ans, elle n'avait pas encore eu le bonheur de recevoir le saint Baptême. C'était peut-être un reste de la coutume suivie au 6ième siècle, où l'on différait le baptême des enfants jusqu'à ce qu'ils eussent atteint l'âge de raison. Quoi qu'il en soit, Dieu parut avoir destiné cette jeune fille à entrer dans la voie des élus par une porte miraculeuse, en lui rendant la vue du corps en même temps que celle de l'âme. En ce temps-là, le bienheureux Erhard était évêque de Ratisbonne, en Bavière. Un jour, il eut une vision dans laquelle Dieu lui dit de se rendre aussitôt au monastère de Baume. et là il trouverait, lui dit la voix d'en haut,  une jeune servante du Seigneur. Elle est aveugle dès sa naissance. Tu la baptiseras, tu lui donneras le nom d'Odile, et au moment de son baptême, ses yeux s'ouvriront à la lumière. Saint Erhard partit sans différer, et au lieude prendre la voie directe, se dirigea du côté des Vosges. Son dessein était de visiter d'abord l'abbaye de Moyen-Moutier, où son frère Hidulphe s'était retiré, après avoir quitté volontairement le siége épiscopal de Trèves. Hidulphe, qui menait en ces lieux une vie angélique, fut charmé de revoir Erhard, et quand il connut le sujet de son voyage, il voulut l'accompagner au monastère de Baume. Les deux Saints trouvèrent la fille d'Adalric parfaitement instruite de tous les dogmes de la religion.

 

Saint Erhard commença la cérémonie. Selon la coutume du temps, il plongea la jeune aveugle dans les eaux sacrées, et saint Hidulphe l'ayant relevée, Erhard lui fit sur les yeux les onctions du saint chrême, en disant : «  Au nom de Jésus-christ, soyez désormais éclairée des yeux du corps et des yeux de l'âme ». Tout le monde était dans l'attente du prodige : ce ne fut pas en vain; le ciel obéit à la voix du saint homme. Saint Erhard imposa à la nouvelle chrétienne le nom d'Odile, c'est-à-dire fille de lumière, ou Dieu est ton soleil; nom glorieux que Jésus-christ lui-même avait indiqué, et qui devait rappeler sans cesse à la fille d'Adalric le bienfait dont elle avait été favorisée par le ciel. Les spectateurs de cette scène, frappés de joie et d'étonnement, bénissaient le Seigneur qui venait dé faire éclater sa miséricorde et sa puissance.

 

Ensuite le saint évêque bénit un voile, qu'il déposa sur la tête d'Odile, et lui fit présent de quelques saintes reliques, en lui annonçant que Dieu lui réservait encore des grâces merveilleuses, si elle se montrait fidèle aux faveurs dont il l'avait comblée en ce jour. Avant de partir, il bénit la jeune néophyte, la recommanda à l'abbesse de Baume et aux religieuses qui avaient veillé sur son enfance, et partit avec son frère Hidulphe. Adalric ne pouvait manquer d'apprendre avec joie le miracle que Dieu avait accompli en faveur de sa fille, et comme l'abbaye de Moyen-Moutier, où résidait Hidulphe, n'était qu'à une faible distance de Hohenbourg, Erhard chargea sort frère de communiquer au duc une si agréable nouvelle, qui devait lui inspirer des sentiments plus favorables envers Odile. Hidulphe se rendit auprès du duc Adalric, lui raconta tous les détails du baptême de sa fille, et réveilla dans son coeur celle affection paternelle que les passions mauvaises rie sauraient jamais étouffer entièrement. Adalric fut enchanté du récit de saint Hidulphe, et pour lui témoigner sa reconnaissance, il donna à son monastère de Moyen-Moutier la terre de Feldkirch, que cette abbaye posséda jusqu'au siècle dernier, Cependant, dit l'historien de la Sainte ,  il ne rappela point Odile chez lui, soit qu'il craignît que la présence de cette fille miraculeuse ne fût pour lui un reproche continuel des duretés qu'il avait eues pour elle, soit qu'il crût qu'il serait mieux de la laisser encore à Baume, auprès de sa tante, afin qu'elle se fortifiât dans la vertu.

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