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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:49

Odile continuait à visiter tous les jours l'hôpital de Nieder-Mtinster, situé au bas de la montagne; mais ses fatigues continuelles, jointes à son grand âge, avaient singulièrement affaibli ses forces. Sa charité était toujours aussi ardente, et un auteur contemporain raconte que Dieu la récompensa par un étonnant miracle. « Un jour, dit-il, que la Sainte revenait seule à Hohenbourg, elle rencontra un pauvre étendu dans le chemin et mourant de soif et de fatigue. Ne pouvant courir assez vite pour chercher du secours à ce malheureux, elle mit toute sa confiance en Dieu, et, se souvenant de ce qu'avait fait autrefois Moïse, elle frappa de son bâton le rocher voisin. Il en sortit à l'instant une fontaine dont l'eau salutaire rendit la vie à ce mourant ». Tel est le récit qu'on répétait dans la contrée quelques années après sa mort, et la fontaine miraculeuse, visitée encore aujourd'hui par un grand nombre de pèlerins, est célèbre dans tout le pays par les guérisons qu'on attribue à la vertu de ses eaux.

 

Les pauvres étaient les amis privilégiés d'Odile. Elle voulait qu'on leur témoignât toujours une charité compatissante, et elle avait expressément défendu de jamais leur refuser l'aumône. Souvent elle les servait de ses propres majns, et c'était toujours avec la tendresse la plus chrétienne. Cette charité de l'abbesse soutenait la ferveur de ses religieuses, qui se dévouaient, à son exemple, au soin des pauvres dans l'hôpital de NiederMunster.

 

Ainsi vivait cette sainte communauté, au milieu de laquelle Odile demeura jusqu'à un âge fort avancé, pleine de mérites et de vertus. Son nom était béni dans toute l'Alsace, et les fidèles accouraient en foule â Hohenbourg pour admirer son dévouement et écouter sa parole comme celle d'un apôtre. Quand elle vit sa fin approcher, elle assembla toutes ses filles dans la chapelle de Saint Jean Baptiste, dont elle avait fait son oratoire particulier. «  Ne vous alarmez pas, leur dit~elle, de ce que je vais vous annoncer; je sens que l'heure de ma mort approche, et j'espère que mon âme s'envolera bientôt de la prison de mon corps pour aller jouir de la liberté des enfants de Dieu ». Puis elle découvrit â chacune d'elles les défauts à corriger, les dangers à craindre, et leur recommanda de rester surtout fidèles aux saintes pratiques qui les avaient jusqu'alors maintenues dans la ferveur. Odile, apercevant alors ses nièces, Eugénie, Gundeline et Attale, qui versaient des torrents de larmes « Mes chères filles, leur dit-elle, vos pleurs ne prolongeront point mes jours; l'heure est venue, il faudra bientôt partir. Allez seulement à l'oratoire de la Vierge réciter le Psautier et demandez pour moi la grâce de bien mouri ». Elles allèrent prier, et quand elles revinrent auprès d'Odile, elles la trouvèrent plongée dans une extase si profonde, que, la croyanL morte, elles s'abandonnèrent de nouveau aux larmes. Mais la Sainte se réveilla bientôt comme d'un profond sommeil, et leur raconta que Dieu l'avait transportée, en compagnie de sainte Lucie, dont on célébrait la fête ce jour-là (13 décembre), pour lui donner un avant-goût des biens ineffables du ciel. Comme elle désirait ardemment recevoir le saint Viatique, les historiens de sa vie racontent que, pour satisfaire à sa sainte impatience, le ciel voulut faire un nouveau miracle. Un ange environné de lumière descendit auprès d’elle, en présence de toute l'assemblée, et lui présenta respectueusement un calice renfermant le corps et le sang précieux de Jésus-Christ. Quand Odile eut pris la sainte communion, l'ange disparut, et le vase sacré resta entre ses mains comme un témoignage de la faveur extraordinaire qu'elle avait reçue du ciel ~.

 

Odile adressa à ses saintes filles un dernier adieu, et ses yeux, qu'un miracle avait ouverts autrefois, se refermèrent doucement à la lumière, le treizième jour de décembre. La Sainte était pauvrement couchée sur la peau d'ours qui lui servait de lit, et son chaste corps, exténué de jeûnes et d'austérités, resta exposé pendant huit jours dans l'église, répandant une odeur de sainteté qui embaumait tout le monastère. On lui rendit les derniers devoirs avec toute la solennité possible, et ses reliques vénérées furent déposées dans un tombeau qu'elle avait fait préparer elle-même dans la chapelle de Saint Jean-Baptiste, appelée dans la suite la chapelle de Sainte Odile.

 

On la représente 1' avec un livre ouvert sur lequel se trouvent deux yeux; ~2° priant devant un autel pour l'âme de son père. Celui-ci est parfois conduit hors des flammes par un ange ou bien un rayon du ciel fait connaître à la Sainte que ses prières sont exaucées

 

Aussitôt aprés la mort d'Odile, les habitants du pays vinrent en foule vénérer le tombeau de la sainte abbesse de Hohenbourg. L'Alsace, dont elle avait été l'ornement, la choisit pour patronne, et la montagne de Hohenbourg perdit son ancien nom pour porter celui de montagne de Sainte-Odile.

 

Le tombeau de sainle Odile fut ouvert pour la première fois,  en présence de l'empereur Charles IV. Ce prince, attiré par le concours des peuples qui s'y rendaient, eut aussi, la dévotion d'y aller lui-même. Le corps de la Sainte fut trouvé entier, et on détacha la partie unie- l'issue du bras droit pour la donner à l’empereur. Cette relique précieuse fut déposée dans l'église cathédrale de Prague, et on l'honore encore aujourd'hui, Le tombeau de la sainte abbesse fut refermé en présence de l'empereur et de l'évêque de Strasbourg, Jean de Liechtemherg. A la demande des religieuses, ils firent dresser un acte de cette première reconnaissance, et défendirent, sous les peines les plus graves, d'ouvrir désormais ce précieux tombeau.

Jean Michel Dossogne

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Odile
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