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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:34

 

 

1844 - Le règne du fils de Philippe Egalité touche à sa fin. Une partie des éléments révolutionnaires qui se sont servis de lui en 1830 ont acquis la force suffisante pour réclamer ouvertement la république.

L'héritier de nos rois est en exil, à Göritz. Depuis le 2 juin, c'est Mgr le duc de Bordeaux. Il a succédé à son oncle, Louis XIX, dont la grande ambition avait été de préparer son neveu à son futur métier de roi. Henri V n'a que 24 ans. Les légitimistes, durement éprouvés par les persécutions philippardes se sont donnés rendez-vous ce dimanche 29 septembre, jour anniversaire du jeune roi, à Sainte-Anne d'Auray pour prier à son intention.

 

*Une tradition dans la Maison de France*

Pourquoi à Sainte Anne d'Auray ? En partie, sans doute, parce qu'ici les légitimistes sont encore nombreux. Mais il faut en rechercher les raisons profondes ailleurs, dans la longue tradition qui a lié la famille royale au sanctuaire de Sainte Anne. En 1628, la reine, Anne d'Autriche, demande de faire à Sainte Anne d'Auray des prières publiques et quotidiennes pour obtenir un héritier. Après la naissance de son fils, en 1639, Louis XIII accorde au pèlerinage une relique de Sainte Anne. Dès lors, ce fut une tradition dans la Maison de France de recommander à Sainte Anne la naissance des princes. En 1644, Henriette de France, reine d'Angleterre vient dans ce village breton dont la renommée s'étend désormais à toute la chrétienté. Elle peut s'entretenir

avec le voyant, Yves Nicolazic. Les visites et les interventions de membres de la famille royale vont jalonner l'histoire du sanctuaire. Louis XIV, la Grande Dauphine, le duc d'Angoulême, la duchesse d'Angoulême, la duchesse de Berry, etc., témoignent de cette fidélité.

En 1795, alors que les révolutionnaires occupent encore le pays, des rassemblements ont lieu à quelques kilomètres de Sainte-Anne, au Champ des Martyrs, là où Hoche a fusillé quelque cinq cents des prisonniers à qui, pour hâter la reddition de Quiberon, il avait promis la vie sauve.

Le respect dû aux morts et la fidélité à la cause défendue par les combattants de la liberté ne craignent pas les menaces des sans-Dieu.

En 1815, avec le retour des Bourbons, les rassemblements se font autant à Sainte Anne qu'au Champ des Martyrs.

 

La naissance d'un pèlerinage

Mais ce qui était quasi spontané, l'expression naturelle de la foi et de la fidélité, devient, à partir de 1844, une démarche systématique, organisée. Les légitimistes viennent à Sainte Anne demander à la mère de Marie et à saint Michel de protéger la France et de guider son roi. Un pèlerinage est né. " Bientôt, écrit le chanoine Cadie, l'un des responsables du sanctuaire, tous les royalistes se donnèrent rendez-vous à Sainte Anne d'Auray le 29 septembre et la fête devint

purement royaliste." Elle prit même "de plus en plus d'extension, surtout en 1875, 1876."

En 1889 fut créée une société‚ dans le but d'ériger, par souscription, un monument à la mémoire du Comte de Chambord. Hélas, les rangs légitimistes se sont éclaircis, les fonds sont difficiles à réunir et il faudra attendre quelques années pour voir le monument et son enclos tels qu'ils nous apparaissent encore aujourd'hui. Chaque année, les "fidèles", les blancs d'Espagne, viennent rendre hommage à celui qui leur avait appris "/Ma personne n'est rien, mon principe est tout/".

Ceux qui avaient oublié la recommandation étaient passés à la république ou à l'Orléanisme. En 1913, c'est le 70^e pèlerinage. Les participants sont approximativement le même nombre que l'année précédente, le nationalisme maurrassien n'a aucun effet sur ce dernier carré. Leurs

convictions et leur détermination laissent même entrevoir plus qu'un maintien, un renouveau. La terrible guerre qui va éclater le 3 août 1914 en décidera autrement.

Nous avons arrêté notre histoire du pèlerinage légitimiste en 1913 (La Gazette Royale N' 48 Janvier - février 1992).

Avant d'en reprendre le cours, il peut être intéressant de rappeler ici l'importance religieuse de Sainte-Anne d'Auray.

    

Yves Nicolazic

La première apparition date de 1623. Le voyant, Yves Nicolazic, vit au village de Ker-Anna en Pluneret, près d'Auray.

Rien ne distingue ce cultivateur de ses voisins si ce n'est sa droiture et la ferveur de sa foi. Il est estimé de tous pour sa sagesse et son bon sens. Excellent chrétien, il se rend régulièrement aux offices de la paroisse ; on le voit souvent le chapelet à la main. Il a surtout une

grande dévotion envers Sainte Anne qu'il appelle sa "Bonne Patronne".

 

Premières manifestations

C'est alors qu'il pense à elle qu'une nuit sa chambre se trouve subitement éclairée d'une lumière très vive. Nicolazic aperçoit distinctement une main isolée qui tient un flambeau de cire. Cette vision dure le temps de réciter deux Pater et deux Ave.

Six semaines plus tard, un dimanche, une heure après le coucher du soleil, il jouit du même spectacle au champ du Bocenno. C'est encore la même clarté, le même cierge suspendu au milieu de l'air, mais la main mystérieuse ne parait pas et la vision dure moins longtemps.

Pendant plusieurs mois, Nicolazic reverra le même flambeau. Un soir d'été, son beau-frère, Jean Le Roux, et lui vont à l'insu l'un de l'autre, chercher leurs bœufs dans un pré voisin de la fontaine située en contrebas du Bocenno. Avant de les ramener, ils les font passer à l'abreuvoir. A quelques pas d'eux, les deux hommes aperçoivent une dame majestueuse, debout, vêtue de blanc et tenant en main un flambeau allumé.

 

Le message de sainte Anne

Le 25 juillet 1624, veille de la fête de sainte Anne, Nicolazic s'est rendu à Auray pour se confesser chez les Pères Capucins. Sur le chemin de retour, la dame lui apparaît soudain ; elle l'appelle par son nom et prend la direction du village. Le flambeau qu'elle porte à la main guide

ses pas dans la nuit. A l'approche de la ferme, la vision disparaît. Vivement impressionné, il ne peut manger et se retire dans sa grange où il prie. Vers onze heures, une grande clarté envahit la grange et la dame, plus resplendissante que jamais, apparaît. Elle lui dit : Yves Nicolazic, ne craignez point. Je suis Anne, mère de Marie. Dites à votre recteur que, dans la pièce de terre appelée le Bocenno, il y a eu autrefois, même avant qu'il y eut aucun village, une chapelle dédiée en mon nom. C'était la première de tout le pays ; il y a 924 ans et 6 mois qu'elle a été ruinée. Je désire qu'elle soit rebâtie au plus tôt et que vous en preniez soin. Dieu veut que j'y sois honorée.

 

Les hésitations

Resté seul, Nicolazic s'endort plein de joie. Mais à son réveil le lendemain matin, en réfléchissant aux difficultés de sa mission, il se laisse aller au découragement. A plusieurs reprises, sainte Anne revient éclairer et confirmer le pieux voyant qui s'enhardit jusqu'à lui soumettre ses difficultés : Ne vous souciez pas, lui dit-elle, de ce que diront les hommes, accomplissez ce que je vous ai demandé et comptez sur moi pour le reste. Plusieurs démarches auprès du recteur de Pluneret restent vaines. Le lundi 3 mars 1625, à la tombée de la nuit, sainte Anne apparaît à

Nicolazic avec plus de solennité que d'habitude au champ du Bocenno. Non seulement elle est entourée de lumière comme toujours mais des chants d'une merveilleuse douceur retentissent aussi dans le cortège invisible dont elle est accompagnée. Elle lui déclare que le temps des délais est terminé et le presse d'agir. Faites donc quelque miracle, ma Bonne Patronne, afin que tout le monde connaisse votre volonté. - Allez, dit sainte Anne, confiez-vous en Dieu et en moi ; vous en verrez bientôt en abondance et l'affluence du monde qui me viendra honorer en ce lieu sera le plus grand miracle de tous.

 

La découverte miraculeuse

La nuit suivante 7 mars, vers 11 heures, la Sainte se montre à nouveau et dit : Yves Nicolazic, appelez vos voisins ; menez-les avec vous au lieu où ce flambeau vous conduira. Vous y trouverez l'image qui vous mettra à couvert du monde, lequel connaîtra enfin la vérité de ce que je vous ai promis. Accompagné de plusieurs voisins, Nicolazic se laisse guider par le flambeau jusqu'au Bocenno. Là, les paysans voient la lumière s'élever et redescendre par trois fois avant de disparaître en terre. Jean Le Roux se met aussitôt à creuser et dégage rapidement une pièce de bois. C'est une vieille statue toute défigurée, enfouie là depuis des siècles. On la considère quelques instants puis on l'adosse respectueusement contre le talus voisin.

 

L'enquête épiscopale

Les événements de Ker-Anna sont vite connus Les pèlerins affluent de toutes parts provoquant la fureur du recteur et de son vicaire. Cependant, cette affluence oblige l'autorité épiscopale à se saisir de l'affaire. Pendant plusieurs mois, Yves Nicolazic sera soumis à de multiples interrogatoires à l'évêché ou chez les Pères Capucins. La bonne foi du Voyant - jamais il ne se contredira -, le nombre croissant de pèlerins, leur dévotion et leur générosité ont raison de la prudence ecclésiastique. Mgr de Rosmadec accorde la permission de construire la chapelle demandée par Sainte-Anne.

La première pierre est bénite le 26 juillet 1625 et la première messe célébrée par Dom Rodoue, le recteur de Pluneret, devant une foule immense. Le pèlerinage est fondé.

 

La construction du sanctuaire et les premiers pèlerins

Pendant deux années, Nicolazic sera le trésorier de l'entreprise et le directeur des travaux. En 1628, les Carmes prennent la suite, ils finissent la chapelle puis entreprennent la construction d'un monastère et de la Scala Santa. Ils font aménager la fontaine et une esplanade.

Les faveurs et les miracles obtenus par sainte Anne sont nombreux et rapidement les murs de la chapelle se garnissent d'ex-voto.

Parmi les pèlerins de Sainte-Anne, un homme hors série mérite une mention spéciale, Pierre de Kériolet, compatriote et contemporain du Voyant. Pêcheur scandaleux, libertin, criminel, renégat, il décide de se rendre à Loudun. Curiosité ? Désir de se mesurer au diable ? Celui-ci,

par la bouche d'une possédée, lui reproche d'être injustement protégé par la Vierge Marie. Le débauché a, en effet, conservé l'habitude de dire un Ave tous les soirs avant de se coucher. Kériolet se convertit, devient un pénitent exemplaire, un prêtre entièrement donné au service

des pauvres. Pèlerin parmi les pèlerins qu'il édifie, il meurt en 1660 chez les Carmes.

 

Les tribulations

Pendant la révolution, la chapelle est pillée, la statue découverte par Nicolazic et son beau-frère est emportée à Vannes et brûlée en 1797. Il n'en restera qu'un débris, arraché aux flammes.

En 1864, la chapelle apparaît délabrée. Elle est aussi insuffisante pour accueillir la foule des pèlerins. Nicolazic l'avait souhaitée "grande comme une cathédrale ", elle est remplacée par une belle et grande construction à qui le pape Pie IX décerne le titre royal de Basilique mineure. En 1914, saint Pie X donne officiellement sainte Anne comme " Patronne/" à toute la Bretagne.

En 1922, Sainte-Anne d'Auray devient la Cité du souvenir. Une nouvelle esplanade est tracée à proximité de la basilique, au fond s'élève un monument à la mémoire des 240 000 Bretons morts pour la France pendant la guerre de 1914.

Frappée par la foudre, la statue de Sainte-Anne qui surplombait la basilique est déposée en 1975 et placée dans un parc. Elle est remplacée par une statue haute de 6m3O, une majestueuse Sainte-Anne tenant à la main le flambeau, telle qu'elle apparut à Nicolazic.

 

La nuit légitimiste

Le flambeau, la lumière qui montre le chemin dans la nuit ; c'est l'un des symboles de ce pèlerinage. A Chartres, il y a la marche à la cathédrale. A Sainte-Anne d'Auray, il y a la marche à la lumière.

Ils avaient bien besoin d'être éclairés par le flambeau de sainte Anne ces légitimistes qui se rendaient encore, entre les deux guerres, au pied du monument du Comte de Chambord. La nuit légitimiste a dû leur paraître bien longue à ces fidèles. Certains, par besoin d'action ou "en attendant", sont allés grossir les rangs de l'Action Française. Peut-être leur devons-nous les réunions que le mouvement de Maurras organisera à 2 km de Sainte-Anne, au Champ des Martyrs. De véritables rassemblements qui regroupent 7 à 8 000 personnes mais, en 1928, à la

suite d'un discours, jugé maladroit, de l'amiral Schwerrer, l'autorité religieuse interdit la manifestation.

En 1950, un petit groupe de jeunes, "La Mesnie", essaie de renouer avec la tradition. En vain ! Peu à peu l'oubli s'installe dans la cité de Sainte-Anne, le monument du Comte de Chambord menace ruine.

A la fin des années 70, les habitants du petit bourg breton auraient eu bien du mal à prendre au sérieux celui qui leur aurait annoncé le retour prochain des légitimistes.

 

Le retour des légitimistes

Le dernier pèlerinage avait eu lieu en 1913, soixante-dix ans après son instauration. Soixante-dix ans, c'est aussi le temps de son interruption. Un temps marqué d'abord par un repli du mouvement à l'intérieur de quelques cercles restreints, complètement ignorés du public. Puis, en 1941, c'est l'avènement de Mgr le Duc d'Anjou et de Ségovie. Avec lui, quelques fidèles reprennent espoir. La Gazette Royale sort en 1957 ; elle ne vivra que quelques années. Cependant un élan a été donné.

En automne 1979, Gérard Saclier de la Bâtie fonde avec quelques amis l'Union des Cercles Légitimistes de France. L'UCLF sera l'initiatrice du renouveau de la journée légitimiste à Sainte-Anne d'Auray. Une occasion se présente, en 1983, pour le centième anniversaire de la mort d'Henry V. Le 25 septembre, l'Union, aidée de quelques autres associations, organise une cérémonie au pied de la statue du Comte de Chambord.

Le succès de la journée -une participation de près de 200 personnes- incite les organisateurs à renouer avec la tradition et c'est avec le même enthousiasme que 150 légitimistes se retrouvent à Sainte-Anne d'Auray le dimanche 30 septembre 1984. Faute d'une structure légitimiste bretonne (les premiers cercles bretons sont réapparus en mai et juin 1984), l'Association de la Chouannerie mayennaise a, comme en 1983, pris tous les contacts nécessaires pour la préparation de la journée.

La messe est célébrée à la chapelle du Reclus à Kerléano (Auray). Viennent ensuite le dépôt de gerbe au monument du Comte de Chambord et la lecture du message de Mgr le Duc d'Anjou par Gérard Saclier de la Bâtie.

A l'issue du déjeuner, Alain Jossinet fait un brillant exposé sur le pardon accordé par le prince Henri à ses cousins d'Orléans. Il appartient au président de l'U.C.L.I. de clôturer cette journée, il

appelle tous les légitimistes à défendre le principe de la monarchie catholique traditionnelle, il leur adresse une mise en garde contre toute concession à l'erreur et il invite chacun à la patience et à la cohérence.

 

La Gazette Royale (N°5 de la nouvelle série) rendra compte de la journée.

La tradition est rétablie. Les temps forts sont à nouveau solidement ancrés dans le renouveau légitimiste. Les fidèles se fortifient à la même messe que leurs ancêtres en 1844. Les responsables rappellent inlassablement les principes qui ont si bien guidé dans son action le comte de Chambord. Le cadre est fixé, l'organisation et l'ordonnancement de la journée vont pouvoir évoluer au fil des ans.

 

L'organisation du pèlerinage

En 1985, le cercle du Vannetais, adhérant de la toute nouvelle fédération des cercles légitimistes de Bretagne, propose aux légitimistes de commencer la journée par une marche, un pèlerinage de Vannes à Sainte-Anne d'Auray. Une quinzaine de courageux se réunissent à l'aurore, place de la Madeleine à Vannes. Chapelets, cantiques et chants chouans alternent sur cette route vers la lumière de Sainte-Anne. Le R.P. Lidy accueille l'assemblée dans sa chapelle du Reclus. Devant le

monument, la lecture du message du prince par Alain Jossinet est suivie de quelques chants royalistes interprétés par une chorale improvisée. Comme au 19^e siècle, le repas est pris à l'hôtel restaurant de la Croix Blanche.

Au cours de l'après-midi, l'exposé très applaudi du président de président de l'U.C.L.F. précède une réunion au cours de laquelle la Fédération Bretonne Légitimiste se voit confier définitivement la préparation de la journée légitimiste de Sainte-Anne d'Auray. Le cercle du Vannetais sera le pilier de cette organisation. La décision déclenche l'hostilité de quelques personnes qui s'opposent ouvertement à l'Union dans la fidélité et la vérité proposée par Gérard Saclier de la Bâtie. Le développement de la manifestation légitimiste en sera peut-être ralenti, il ne s'arrêtera pas.

En 1986, la progression est sensible, elle justifie la location d'une salle plus grande dans laquelle le prieur de Lanvallay, Monsieur l'abbé Berrou vient célébrer la messe. Mais l'innovation la plus importante du 28 septembre 1986 est certainement la désignation même de cette journée. Le terme de pèlerinage, abandonné depuis la première période, réapparaît; il qualifiera désormais la manifestation légitimiste de Sainte-Anne.

Le maintien de la marche Vannes – Sainte-Anne inaugurée en 1985, le chapelet récité sur l'esplanade de la basilique, la messe autant que le caractère général de la journée justifient pleinement cette désignation.

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:32

C'est le premier lieu de pèlerinage en Bretagne (plus de 800.000 pèlerins par an) et le deuxième en France après Lourdes. Précédé la veille d'une procession aux flambeaux, le Grand Pardon de de Sainte Anne, le 26 juillet, attire chaque année des dizaines de milliers de pèlerins venus de tous les coins de Bretagne, de France et même de l'étranger.

Sainte Anne est considérée comme la sainte patronne des bretons, d'où ce diction: "Mort ou vivant, à Sainte-Anne une fois doit aller tout Breton". Selon une légende peu orthodoxe Anne serait née en Bretagne. Pour la préserver des brutalités de son époux noble, elle fut transportée par les anges à Nazareth. Anne et son marie Joachim eurent un enfant Marie, la mère de Jésus. Après la naissance Anne serait revenue mourir en Bretagne. On pense, en fait, qu'il y a là une association de deux cultes: celui de Ste Anne, venue du Moyen-Orient au moment des Croisades, et celui d'Ana, mère des dieux celtes. Les premiers missionnaires qui évangélisaient l'Armorique, propageaient une grande vénération pour Sainte-Anne. Sainte Anne d'Auray est le seul endroit au monde où la Mère de Marie est apparue. C'est entre 1623 et 1625 qu'elle est apparu à maintes reprises au brave paysan Yves Nicolazic, qui habitait dans un modeste hameau du nom de Ker-Anna, du breton pour "village d'Anna". Elle lui demanda de reconstruire sa chapelle, détruite vers l'an 700 par les barbares. Sur les indications de la sainte, Nicolazic déterra sur son champ du Bocenno, une antique statue de bois de Sainte Anne, enfouie en terre depuis plus de 900 ans. Malgré beaucoup de réticenses du curé local et de l'évêque de Vannes, le premier pierre d'une chapelle en 1625. Les pèlerins venus de toute la Bretagne commencent à affluer. La direction des pèlerinages fut confiée aux pères Carmes, qui établissaient un cloître et un monastère à proximité (1638 - 1641): c'est le seul vestige du XVIIe siècle.

 

La Basilique : La chapelle originale du XVIIe siècle, devenue trop petite pour accueillir confortablement les foules de pèlerins, fut remplacée à la fin du XIXe siècle (entre 1866 et 1877) par la basilique actuelle de style néo-Renaissance. Au sommet de la tour (75 mètres d'hauteur), couronnée de nombreux lanternons, se dresse une grande statue de bronze représentant Sainte Anne, un flambeau à la main. A l'intérieur, la nef immense et sobre jure un peu avec les chapelles du transept plus décorées. Ses somptueux vitraux nous font découvrir l'histoire des apparitions à Yves Nicolazic et des pèlerinages, à la vie de Sainte Anne et aux mystères du Rosaire. Au croisillon droit se trouve l'autel de dévotion de Sainte Anne. L'autel est dominé par une statue de St. Anne, en bois doré à la feuille (1824). Une partie du visage de la statue miraculeuse primitive, brûlée sous la Révolution en 1796, est enchâssée dans le socle.

Au croisillon gauche se situe l'autel de la Vierge où sont enchâssées 5 panneaux en albâtre du XVe siècle, figurant la Passion du Christ. Le tombeau avec le corps d'Yves Nicolazic se trouve dans la première chapelle du collatéral à droite. Le maître-autel en marbre de la basilique est un don du pape Pie IX. Heures d'ouverture. Juillet et août: tous les jours de 7h à 21h30. Hors saison: tous les jours entre 7h et 19h.

 

La Scala Sancta, la fontaine de Sainte Anne et le Monument aux Morts : Devant l'entrée de la basilique fut construite, en 1872, la Scala Sancta. Pendant 300 ans la Scala était lieu de célébration pour grandes assemblées en plein air. D'après la tradition, les pèlerins gravissent les marches du double escalier à genoux en geste de pénitence, en chantant l'Ave Maria.

Au centre de la vaste esplanade se trouve la fontaine de Sainte Anne (1640), à l'endroit où la Mère de Marie apparût pour la première fois à Nicolazic. Elle est composée d'une piscine où les pèlerins venaient s'y laver et boire, et d'une colonne ornée de 3 vasques monolithiques en granite. L'ensemble est surmonté d'une statue d'Anne et de Marie.

Au bout du terre-plein s'élève le Mémorial, une crypte en rotonde coiffée d'un toit pointu. Elle abrite 5 absidioles consacrées aux 5 patrons des évêchés bretons. Les bas-reliefs sont de Bozec et le chemin de la croix a été gravé par Xavier de Langlais. Le long du mur cernant l'esplanade sont inscrits, paroisse par paroisse, 154.000 noms parmi les 240.000 soldats et marins bretons morts de la première guerre mondiale (1914-18). Il est devenu le Mémorial de tous les victimes de guerre du XXe siècle. Non loin, de l'autre côté de la route, un cimetière franco-belge rassemble les restes de 1338 soldats. La crypte est ouverte tous les jours de 8h à 18h.

 

Le Trésor au Cloître : Le chevet de la basilique est relié à l'ancien couvent des Carmes, dont les bâtiments entourent le cloître du XVIIe siècle à arcades en plein cintre, surmontées d'une étage à petites fenêtres éclairant un autre déambulatoire. La galerie supérieure était celui des Pères Carmes. Ils restaient à Sainte Anne d'Auray jusqu'à la période de la Révolution (1792). Le rez-de-chaussée était et reste le cloître des pèlerins.

Dans la cour une croix de bois donnait lieu à un rite traditionnel que l'on retrouve dans de nombreux lieux sacrés: les jeunes filles y plantaient une épingle pour trouver un mari.

Le cloître conserve une très riche collection d'ex-voto. (du latin "ex voto suscepto" = "à la suite d'un voeu qui l'engage") Ce sont des objets offerts en signe de gratitude, pour demander la protection ou pour remercier d'avoir exaucé un voeu. Ces objets peuvent sembler maladroits ou naïfs: ils sont objets de piété populaire avant d'être objets d'art. Ils revêtent des formes variés: des statuettes représentant Sainte-Anne; des béquilles de paralytiques guéris; peintures de sauvetage d'un bateau ; fragments d'épave; fers de prisonniers graciés ; maquettes de bateaux sauvés de naufrage; moulage de cire ou d'argent d'un membre guéri; tableau ou vêtement d'une personne miraculée; bijoux précieux, armes, décorations de guerre; des simples chaussons d'enfants... De cet ensemble on peut remarquer: *une statue de Sainte Anne à 3 personnages en bois polychrome (XVIe s.) *des portraits d'Yves Nicolazic *une chasuble brodée en fil d'or (1638) offerte par Anne d'Autriche, à l'occasion de la naissance de Louis XIV *l'écharpe de dentelle de l'impératrice Marie-Louise *un maillot jaune offert par Jean Robic, vainqueur du Tour de France en 1947.

 

La Galerie d'Art Religieux Populaire : Attenant au Trésor cette galerie regroupe une collection exceptionnelle d'environ 100 statues de bois polychrome, donnant un aperçu de la sculpture religieuse bretonne du XVe au XXe siècles. Remarquez aussi: *des tableaux votifs *des statues de faïence et porcelaine (dont une Sainte-Anne d'origine chinoise du XVIIIe s.) *des fragments de retables

Horaires. Toute l'année : le dimanche après-midi. D'avril à octobre, de 10h à 12h et de 14.30 à 18h.  Renseignements. Tél. 02 97 57 63 35 (la galerie) et 02 97 57 68 80 (le trésor)

 

Le Musée de Cire de l'Historial de Ste-Anne : Grâce à de multiples mises en scène, ce musée (6, rue de Vannes) retrace les apparitions de Sainte-Anne à Yves Nicolazic et ses nombreuses miracles. En même temps c'est une rétrospective des origines et de l'histoire du pèlerinage de Sainte Anne d'Auray. Avec un réalisme saisissant cette histoire est raconté en 12 scènes, avec des personnages en cire grandeur nature, tous façonnés sous la maîtrise du Musée Grévin de Paris, et dans de très beaux décors, souvent en trompe l'oeil et fausse perspective, réalisés par des artistes décorateurs de grand talent. Pour compléter l'histoire, une toute dernière scène est mise en place au musée : il s'agit de la visite historique du pape Jean-Paul II, le 20 septembre 1996. Le Saint Père y est désormais entouré de 5 enfants représentant ce jour-là les 5 diocèses de Bretagne. Ouvert. Avril à mi-octobre, de 8h à 19h. Renseignements. Tél. 02 97 57 64 05. Hors saison : 02 97 52 36 18.

 

Musée du Costume breton : Ce musée, à droite de l'enceinte du Monument aux Morts, présente plus de 150 costumes bretons, certains en taille réelle au moyen de mannequins. Les poupées portent des vêtements confectionnés par les paroissiens (entre 1920 et 1940). D'autres costumes en miniature revêtent de ravissantes poupées de porcelaine. Des coiffes, des bannières de procession, des pièces de mobilier, des gravures et des maquettes de voiliers complètent la collection dans les vitrines. Heures d'ouverture. Du 1 mars au 31 octobre, tous les jours de 10h à 12h et de 14h30 à 18h. Toute l'année, le dimanche après-midi de 14h30 à18h. Renseignements. Tél. 02 97 57 68 80

 

La Maison d'Yves Nicolazic Cette maison (Rue de Vannes, face à la Mairie, à 200 mètres de la Basilique) abrite un intérieur typiquement breton, reconstitué de meubles anciens du pays d'Auray (XVIIe s.) et d'une petite chapelle. La chaumière fut incendiée en 1902 et restaurée en 1907. C'est dans ce lieu que vivait le voyant Yves Nicolazic avec son épouse et leurs enfants. Dans la grange attenant à l'habitation, eurent lieu les apparitions importantes de Sainte-Anne, durant l'hiver 1624-1625. Cette grange, incendiée le 9 mars 1625, s'élevait à l'emplacement de la statue actuelle dans le jardin. Heures d'ouverture. Début avril à fin octobre: de 9h à 19h. Visite gratuite. Renseignements. Tél. 02 97 57 68 80

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:30

Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi qui, dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes ; elle était de la tribu de Juda et de la race de David. Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l’éclat d’une vie pleine de bonnes oeuvres et de vertus.

 

Dieu, qui avait prédestiné cette enfant à devenir l’aïeule du Sauveur, la combla des grâces les plus admirables. Après Marie, aucune femme plus que sainte Anne ne fut bénie et privilégiée entre toutes les autres. Mais si elle reçut tant de grâces, comme elle sut y répondre par la sainteté de sa vie !

 

Toute jeune enfant, elle était douce, humble, modeste, obéissante et ornée des naïves vertus de son âge. Plus tard, comme elle sut bien garder intact le lis de sa virginité ! Comme elle dépassait toutes les filles, ses compagnes, par sa piété, par la réserve de sa tenue, son recueillement et la sainteté de toute sa conduite ! Puis, quand il plut à Dieu d’unir son sort à celui de Joachim, combien Anne fut une épouse prévenante, respectueuse, laborieuse, charitable et scrupuleusement fidèle à tous les devoirs de son état, vaquant à propos au travail et à la prière.

 

Dieu lui refusa longtemps de devenir mère ; elle se soumit humblement à cette épreuve et l’utilisa pour sa sanctification. Mais à l’épreuve succéda une grande joie, car de Joachim et d’Anne, déjà vieux, naquit miraculeusement Celle qui devait être la Mère du Sauveur et la Corédemptrice du genre humain. C’est sans doute un grand honneur pour sainte Anne, que d’avoir donné naissance à la Mère de Dieu ; mais il lui revient beaucoup plus de gloire d’avoir formé le coeur de Marie à la vertu et à l’innocence ! L’Église célébrera dans tous les âges la piété maternelle de sainte Anne, et la gloire de sa Fille rejaillira sur elle de génération en génération.

 

Le culte de sainte Anne a subi diverses alternatives. Son corps fut transporté dans les Gaules, au premier siècle de l’ère chrétienne, et enfoui dans un souterrain de l’église d’Apt, en Provence, à l’époque des persécutions. A la fin du VIIIe siècle, il fut miraculeusement découvert et devint l’objet d’un pèlerinage. Mais c’est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit. De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d’Auray, en Bretagne ; son origine est due à la miraculeuse découverte d’une vieille statue de la grande Sainte, accompagnée des circonstances les plus extraordinaires et suivies de prodiges sans nombre. Sainte-Anne d’Auray est encore aujourd’hui l’objet d’un pèlerinage national.

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:26

(I Samuel 2.2.-10)

 

La Bible présente Samuel comme le fils accordé par Dieu à une mère, Anne, épouse d’Elquana. Dès sa naissance, l’enfant est voué par sa mère au Seigneur, comme serviteur du Temple. Le jour où elle cède au Seigneur, Anne célèbre le Dieu sage et puissant qui donne à ses fidèles, les faibles, les pauvres, l’avantage à ses fidèles, les faibles, les pauvres, l’avantage sur les grands et les riches…

       

        La mère de Marie, comme toute femme du peuple choisi, a chanté ce cantique :

 

Mon cœur bondit de joie pour le Seigneur,

il exalte sa servante.

 

Mon cœur bondit de joie pour le Seigneur !

Je lève les yeux vers le Sauveur.

Je chante, et dans mon âme

Il n’est que joie :

j’exalte en Celui qui m’a sauvée !

Personne ne ressemble à mon Sauveur ;

béni soit le Nom de mon Rocher.

Sachons nous humilier, car Dieu est grand ;

Il fait des merveilles chaque jour.

Il brise les puissants, les orgueilleux,

redonne vigueur aux fatigués.

il cache son visage aux suffisants,

nourrit de son pain les affamés.

Il donne à la stérile sans enfant,

la joie d’une mère aux nombreux fils.

Immense est le pouvoir de notre Dieu :

la mort et la vie sont dans sa main.

Le riche est abaissé par le Seigneur ;

le pauvre, élevé au rang des rois.

Car Dieu prend soin du faible et du petit ;

Il offre son trône aux malheureux.

C’est Lui le Créateur de l’Univers ;

il veille à jamais sur ses amis.

Qu’ils restent dans la nuit de leur orgueil,

tous ceux qui ont foi dans leur pouvoir !

Dieu règne sur la terre et dans les cieux ;

Il juge les peuples en vérité.

Il donne tout pouvoir à son Messie,

Relève la face de son Christ.

Honneur à notre Dieu, dans tous les temps,

au Christ, à l’Esprit de charité !

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:20

 

 

1er siècle avant Jésus-Christ

 

O par beatum Joachim et Anna ! Vobis omnis creatura Obstricta est ; per vos enim donum omnium donorum Praestantissimum Creatori obtulit, nempe castam Matrem quae sola Creatore digna erat.

O couple trois fois heureux de saint Joachim et de sainte Anne ! Vous avez à notre reconnaissance un droit imprescriptible : grâce à vous, nous avons pu offrir à notre Dieu le don le plus sensible à son cœur, une mère vierge, la seule mère digne du Créateur.

S. Joan Dam., Orat. I de nat. B. M. V

 

Il y avait en Israël un homme appelé Joachim, de la tribu de Juda. Il était pasteur de brebis et servait Dieu dans la simplicité et la bonté de son cœur. Uniquement occupé de son troupeau, il en consacrait le produit à l’entretien des pauvres craignant Dieu et fidèles à sa loi. De tout ce qu’il recueillait, soit laine, soit agneaux, il faisait trois parts : l’une était pour les veuves, les orphelins, les pauvres et les voyageurs ; la seconde était pour les veuves, les orphelins, les pauvres et les voyageurs ; la seconde était pour le temple, et la dernière pour lui, ses serviteurs et l’entretien de sa maison. Cette conduite attirait la bénédiction du ciel sur son troupeau, qui se multipliait à tel point, qu’il n’avait point son pareil en Israël. A l’âge de vingt ans, Joachim avait épousé Anne, de la tribu de Juda, comme lui, et de la famille de David. Il avait vécu vingt ans avec elle sans avoir d’enfant.

Un jour de fête, Joachim s’était mêlé à ceux qui offraient de l’encens, et apportait comme eux ses présents. Un prêtre nommé Ruben, l’ayant aperçu, s’approcha et lui dit : " Pourquoi te mêles-tu à ceux qui sacrifient au Seigneur, toi dont Dieu n’a point béni le mariage, et qui n’as point donné d’enfant à Juda ? " Humilié ainsi devant tout le peuple, Joachim sortit du temple en pleurant, mais ne retourna point à sa maison ; il alla rejoindre son troupeau, et, prenant avec lui ses pasteurs, il s’enfonça au loin dans les montagnes, et Anne, son épouse, fut pendant cinq mois sans en apprendre aucune nouvelle. Cependant elle pleurait et répétait dans ses prières : " Seigneur, Dieu d’Israël, Dieu fort, pourquoi m’avez-vous privé d’enfant ? pourquoi avez-vous éloigné de moi mon époux ? Voilà que cinq mois se sont passés, et je ne le vois point ; j’ignore s’il est mort et si on lui a donné la sépulture ".

Un certain jour qu’elle pleurait ainsi, elle se retira dans l’intérieur de sa maison, et, tombant à genoux, elle répandit avec abondance ses soupirs et ses vœux devant le Seigneur. Son oraison finie, elle avait fait effort pour dissiper sa douleur, elle avait quitté ses vêtements de deuil, orné sa tête et revêtu sa robe nuptiale. Vers la neuvième heure, elle descendit se promener dans son jardin. Là était un laurier sous lequel elle s’assit et fit à Dieu cette prière : " Dieu de mes pères, écoutez-moi et bénissez-moi comme vous avez béni Sara, à laquelle vous avez donné un fils ". Et, élevant les yeux, elle aperçut sur le laurier un nid de passereaux et se prit à pleurer. " Hélas ! à qui me comparer ? " disait-elle en elle-même. " De qui suis-je donc née pour être ainsi la malédiction d’Israël ? On me repousse, on me méprise, on me rejette du temple.

" A qui me comparer ? Je ne puis me comparer aux oiseaux du ciel, car les oiseaux du ciel peuvent paraître devant vous, ô mon Dieu !

" A qui me comparer ? Je ne puis me comparer aux animaux de la terre, car les animaux de la terre sont féconds devant vous, Seigneur !

" A qui me comparer ? Je ne puis me comparer aux fleuves et à la mer, car les fleuves et la mer ne sont point frappés de stérilité : ou calmes ou émues, leurs eaux, remplies de poissons, chantent votre louange.

" A qui me comparer ? Je ne puis me comparer aux plaines, car les plaines portent leurs fruits en leur temps, et leur fertilité vous bénit, ô mon Dieu ; "

Que de douleurs dans ces soupirs d’épouse privée des gloires et des joies de la maternité ! Comme ces répétitions expriment bien le désespoir d’une âme accablée de honte, et qui trouve un amer plaisir à se redire son humiliation !

Et comme elle disait ces mots, un ange apparut tout à coup devant elle et lui dit " Ne crains point, il est dans les desseins de Dieu de te donner un enfant, et celui qui naîtra de toi fera l’admiration des siècles jusqu’à la fin des temps ". Ayant ainsi parlé, il disparut. Anne, émue et tremblante d’une telle vision, rentra dans sa demeure et se jeta sur son lit comme morte. Elle passa tout le jour et toute la nuit dans le tremblement et dans la prière. Le jour venu, elle appela auprès d’elle sa servante et lui dit : " Tu sais que je suis seule et dans la peine ; pourquoi n’es-tu pas entrée auprès de moi ? " - " Si Dieu vous a rendue stérile et a éloigné de vous votre époux ", lui répondit en murmurant sa servante, " que puis-je y faire ? " En entendant ce dur reproche, Anne se prit à pleurer à chaudes larmes.

Au moment où un ange apparaissait à Anne pour lui annoncer qu’elle serait mère, un autre messager céleste, dit la légende, se montrait à Joachim dans la montagne où il faisait paître ses troupeaux, et lui donnait au nom du ciel la même assurance.

" De ton sang ", lui disait-il, " naîtra une fille ; elle habitera dans le temple, et le Saint-Esprit descendra en elle, et son bonheur sera au-dessus du bonheur des autres femmes ; son fruit sera béni, elle-même sera bénie et appelée la Mère de l’éternelle bénédiction. C’est pourquoi descends de la montagne, retourne auprès de ton épouse, et ensemble rendez grâces au Seigneur ".

Joachim, s’inclina devant lui et reprit : " Si j’ai trouvé grâce devant vous, asseyez-vous un peu dans ma tente, et bénissez votre serviteur ". L’ange lui répondit : " Ne te nomme point mon serviteur, nous sommes tous serviteurs du même Maître. Je ne prendrai point la nourriture que tu me présentes ; ma nourriture, à moi, est invisible, et ma boisson ne peut être connue des hommes. Ne me presse donc point de m’asseoir sous ta tente, et offre en holocauste à Dieu les mets que tu voulais me servir ".

Joachim, ayant offert le sacrifice que l’ange lui avait ordonné, retourna dans sa maison, où sa femme l’accueillit avec des transports d’allégresse. Neuf mois après, Anne accoucha d’une fille, à laquelle elle donna le nom de Marie, et qu’elle nourrit elle-même de son lait. Sainte Anne, selon Suarez et une foule de théologiens catholiques, a enfanté sans douleur et sans honte celle qu’elle conçut sans lui transmettre la tache de notre origine. Et, s’il est permis de soupçonner que cette grande âme avait appris par les anges du ciel quelque chose des destinées réservées à Marie, où prendre des paroles capables d’exprimer les joies de son cœur maternel, quand elle donnait son lait à celle qui devait un jour donner le sien à son Dieu ?

Anne, dit la légende, présenta son enfant au temple, à ce temple d’où elle a été chassée autrefois à cause de sa stérilité. Comprend-on sa fierté maternelle et le délire de sa joie, en voyant venir à elle avec respect ces prêtres qui l’avaient précédemment expulsée ? Elle arracha son enfant des mains des prêtres qui venaient de le bénir, le porta à sa mamelle, et chanta ce cantique devant tout le peuple :

" Je chanterai les louanges du Seigneur mon, Dieu, parce qu’il m’a visitée et qu’il a enlevé de dessus moi l’opprobre dont me couvraient mes ennemis.

" Le Seigneur a mis en moi le fruit abondant de sa justice.

" Qui annoncera aux fils de Ruben que Anne la stérile allaite ?

" Ecoutez, écoutez, tribus d’Israël, voici que Anne allaite ! "

Certes, jamais cri de triomphe n’a éclaté avec plus de puissance, jamais cœur de femme n’a bondi avec plus d’élan. Que d’ivresse et de noble orgueil dans cet appel aux douze tribus, et comme ce chant a une forme antique et grandiose !

Ici, le fil de la tradition devient si délié, qu’il se rompt sans cesse, et le reste de la vie de sainte Anne est presque entièrement conjectural. Cette mère qui avait obtenu la Vierge d’Isaïe après tant de jeûnes et de larmes, qui avait reçu de la Reine des anges le premier baiser, le premier regard, la première caresse, qui avait entouré son enfance de tant d’amour, qui l’avait emportée dans ses bras au Seigneur et l’avait déposée en pleurant dans son sanctuaire, ne reparaît qu’un instant sur la scène, et c’est pour mourir.

Joachim, qui n’était point un artisan comme Joseph, cultivait, suivant toute apparence, le petit héritage de ses aïeux, et jouissait d’une heureuse médiocrité. L’âge et le labeur usèrent ses forces. Le père bien-aimé de Marie tomba gravement malade ; il demanda sa fille : Marie vint. Au moment où le vieillard étendait ses mains bénissantes, une révélation d’un haut lui fit voir tout à coup les glorieuses destinées où le ciel appelait sa fille. La joie des élus se répandit sur sa face vénérable ; il baisa les bras, inclina la tête et mourut. Les dernières larmes que la Vierge répandit sur ce saint patriarche, l’un des auteurs de ses jours, étaient à peine séchées, qu’elle eut à déplorer la perte de l’autre. Sainte Anne rassembla ses forces défaillantes pour bénir sa fille, la recommanda à ses proches et s’endormit du sommeil des justes.

1° On peint souvent saint Joachim offrant un petit agneau à l’autel. La légende raconte que, se présentant au temple un jour de fête, il fut repoussé par le prêtre qui le déclara maudit par Dieu à cause de la stérilité de sa femme et indigne de faire accepter son offrande. Humilié ainsi publiquement, l’infortuné mari se retira dans sa maison de campagne pour éviter le mépris de ceux qui l’avaient vu noter d’infamie. Ce fut alors que Dieu le consola en lui faisant connaître qu’il allait devenir père et que son enfant vaudrait, à lui seul, les plus belles familles dont d’autres pourraient s’enorgueillir ; 2° un ange lui annonce qu’il va devenir père ; 3° il est représenté pensif au milieu d’un paysage où l’on voit paître des moutons, parce qu’il s’était retiré à la campagne après l’insulte qu’il avait reçue à Jérusalem ; 4° il rencontre sainte Anne et l’embrasse devant la Porte-Dorée, sous les murs de Jérusalem . Quelquefois un ange les y accompagne. Saint Joachim est sainte Anne s’étaient imposé un exil séparé après l’opprobre du temple. Un ange apparut à chacun d’eux dans la retraite où ils s’étaient isolés et leur dit de retourner à Jérusalem. Pour preuve que Dieu voulait désormais bénir leur union, ils devaient se rencontrer sous la Porte-Dorée. Quelques monuments de la fin du moyen âge ajoutent même à cette scène un lis qui a sa racine sur les lèvres des deux époux, et parfois la fleur qui couronne la tige porte un buste de la Mère de Dieu. Est-il possible d’exprimer d’une manière plus gracieuse la Conception immaculée de Marie ? 5° Rubens a dépeint saint Joachim tenant dans ses bras la VIERGE encore enfant.

Saint Joachim a été pris pour patron par les anciennes Confréries de l’Immaculée Conception à raison sans doute de cette manière de représenter le premier instant où Notre-Dame reçut la vie. Une de ces Confréries existait à Paris, à la paroisse Saint-Séverin, en l’année 1561.

 

CULTE ET RELIQUES

Le tombeau de saint Joachim se montre encore aujourd’hui aux pèlerins de la Terre Sainte, dans l’église du Saint-Sépulcre de Notre-Dame, dans la vallée de Josaphat, au côté droit du grand autel, avec celui de son épouse sainte Anne et de saint Joseph, époux de la sainte Vierge. Son corps à depuis été transféré à Jérusalem, et une partie de son chef se conserve précieusement à Cologne, dans l’église des machabées.

Le corps de la bienheureuse Anne, mère de la Vierge Marie, transporté en France par la barque de Provence de la chapelle sépulcrale de Notre-Dame de Josaphat où il reposait près de celui de saint Joachim, fut remis, d’après une antique tradition, à l’église d’Apta Julia, par une faveur insigne de Dieu. Le très-ancien martyrologe d’Apt mentionne cette translation. Trithemius, De laudibus sanctae Annae, Joannes de Montevilla, In itinerario, disent que le corps de sainte Anne fut transporté d’Orient en Occident et déposé dans les Gaules. Plusieurs voyages en Orient, notamment celui du Père Nau, en parlent.

Mais le temps des persécutions s’avançant à grands pas, le bienheureux Auspice, premier évêque d’Apt, le cacha dans une sorte d’armoire pratiquée dans le mur de la crypte la plus basse, qui existe encore aujourd’hui. Il plaça devant les reliques une lampe allumée qui ne s’éteignit qu’en 792, le jour de leur découverte. Le saint évêque ayant ensuite très-diligemment muré la crypte, de manière à la rendre impénétrable, et les confidents du secret, qui avaient connaissance du lieu, étant morts, la crypte resta inconnue aux hommes pendant sept siècles, et les reliques de sainte Anne furent préservées ainsi grâce à la prévoyance de saint Auspice, dans les irruptions des Alains, des Suèves, des Vandales et autres barbares qui ravagèrent la Provence, et les dévastations horribles des Sarrasins, après la défaite totale desquels le glorieux Charlemagne eut le bonheur de les découvrir.

Charlemagne vint séjourner à Apt aux approches de la fête pascale, après avoir pacifié la Provence par la défaite des Sarrasins, dans la plaine qui s’étend entre la montagne de Cordes et la colline de Montmajour. Le souvenir de cette bataille, où la dernière espérance de l’islamisme fut détruite, s’est conservé dans une inscription de l’église de Montmajour-lez-Arles.

Le premier soin de Charlemagne, après son arrivée à Apt, fut de faire reconsacrer par Turpin l’église cathédrale qui avait été polluée par un culte impie. Tandis qu’un concours extraordinaire de grands seigneurs et de peuple assistait à cette solennité, et pendant que la population répandue à l’entour rendait à Dieu, dans son ravissement, des louanges à l’occasion de son sanctuaire restitué, le Seigneur, enveloppant de son amour les vœux pieux de la cité et la foi ardente de Charlemagne, découvrit, par un miracle éclatant et une faveur inespérée, le trésor inconnu des reliques de sainte Anne.

Un jeune homme du nom de Jean, âgé de quatorze ans, aveugle, sourd et muet de naissance, fils du baron de Caseneuve, était présent dans le sanctuaire. Pendant quelque temps, on vit ce jeune homme paraître écouter un certain avertissement céleste. Bientôt il commença, en frappant sur une levée de degrés menant au maître-autel, à faire signe qu’on creusât profondément le sol, afin que, les degrés enlevés, on vit ce qui était peut-être caché dessous. L’office divin était troublé par là, sans qu’il fût au pouvoir des gardes ni des autres officiers de retenir ce jeune homme. Cependant, tous les assistants étant surpris par la nouveauté du fait, le prince, présageant un miracle, donna ordre de se conformer aux vœux si vivement exprimés par l’adolescent.

On enlève à l’heure même les marches de la montée indiquée, et on découvre aussitôt une porte fermée de grosses pierres qui fait présager quelque chose de remarquable. Les ouvriers ayant ouvert cette porte à coups de marteau, on vit une entrée et une descente de degrés qui conduisit dans une grotte souterraine artistement travaillée. C’était la crypte où le bienheureux Auspice, apôtre des Aptésiens, avait coutume de nourrir par la parole sainte et les Sacrements le peuple qui lui était confié.

L’aveugle Jean marchait le premier, indiquant le chemin avec une telle sûreté, que Charlemagne fut obligé de le faire tenir près de lui pour qu’il ne fût pas foulé aux pieds des curieux. Le jeune homme faisait toujours comprendre du geste qu’on creusât plus avant la terre à la partie du mur qu’il signalait. On descendit enfin dans un souterrain long et étroit ; mais là une lumière extraordinaire apparaissant entoura les assistants. La crypte inférieure étant enfin ouverte, tandis que tous, pleins d’admiration, regardent une lampe ardent placée devant une sorte d’armoire murée, le roi lui-même, le clergé et les grands de la cour, accourent tout joyeux vers la mystérieuse clarté, qui s’éteignit aussitôt au contact de l’air.

Chose admirable ! voilà que Jean, ayant tout à coup les yeux ouverts, ainsi que les oreilles, et la langue déliée, s’écrie : " Dans cette ouverture est le corps de sainte Anne, mère de la très-sainte Vierge Marie, Mère de Dieu ".

Tous les spectateurs, remplis d’étonnement, poussent mille acclamations de joie. Cependant le très-pieux roi ordonne d’ouvrir la niche. Aussitôt une odeur semblable à celle du baume se répand et le dépôt sacré, attesté par un si grand miracle, apparaît renfermé dans une caisse de cyprès, enveloppé d’un voile précieux, et certifié par cette inscription : " Ici est le corps de la bienheureuse Anne, mère de la Vierge Marie ". La caisse ouverte, une odeur suave se répandit dans l’une et l’autre crypte pour la confirmation du miracle. L’archevêque Turpin, ayant pris la caisse, la mit entre les bras de Charlemagne pour la lui faire baiser en signe de joie et de consolation.

Le pontife rendit grâces à Dieu, auteur cette miraculeuse invention, qui avait manifesté le corps vénérable de l’aïeule du Christ pour être la protection et le secours de la ville d’Apt.

Charlemagne ordonna de faire consigner dans des écrits le récit de tous les faits, tels qu’ils s’étaient passés, et d’en référer au souverain Pontife, de qui ils furent approuvés par un diplôme qu’il délivra. L’empereur, voulant néanmoins en instruire le premier pape Adrien, lui écrivit une lettre que l’on possède encore.

Pendant la Révolution, les précieuses reliques conservées à Apt ne furent pas profanées. Une partie des dons offerts par les pèlerins échappèrent au bouleversement social et sont aujourd’hui l’ornement et la gloire de cette église.

C’est de la ville d’Apt que sont sorties toutes les reliques de sainte Anne, que l’on peut voir et vénérer maintenant ailleurs.

Le couvent de la Visitation de Chartres a le bonheur de posséder une petite partie du chef de sainte Anne.

Mais nulle part sainte Anne n’est aussi honorée qu’au pèlerinage qui porte son nom près d’Auray, chef-lieu de canton du Morbihan, arrondissement de Lorient. Ce pèlerinage, depuis longtemps oublié, se renouvela en 1624. Sainte Anne, comme il a été constaté par les enquêtes juridiques les plus multipliées et les plus minutieuses, apparut plusieurs fois, en plusieurs endroits, à diverses heures du jour et de la nuit, à Yves Nicolazic, laboureur de la paroisse de Pluneret, près d’Auray, diocèse de Vannes, et du village de Kerauna (mot qui signifie, en breton, la même chose que la ville d’Anne, en français).

Nicolazic devait une réparation à sainte Anne au nom de ses ancêtres. Car ceux-ci, en cultivant la pièce de terre du Bocennu, où il restait encore des vestiges de l’antique chapelle de la  Sainte en avaient tiré de temps à autre des pierres de taille qu’ils avaient amassées, et dont le père d’Yves avait bâti, en 1614, une grange où l’on distinguait des pierres qui avaient servi à quelque fenêtre d’église. Tantôt Yves Nicolazic entendait un grand bruit, se trouvait environné d’une grande lumière, au milieu desquels sainte Anne lui apparaissait. Tantôt, il voyait cette Sainte qui, la nuit, marchait devant lui, un flambeau à la main. Quelquefois, il n’apercevait que le flambeau et la main qui le tenait. L’aïeule du Sauveur avait la forme d’une vénérable dame, éblouissante de éblouissante de beauté, avec des vêtements blancs comme neige. Elle lui apprit que, dans le Bocennu, il y avait autrefois une chapelle dédiée à son nom, ruinée depuis neuf cent quatre-vingt-quatre ans et six mois (c’est-à-dire l’an 699). Elle désirait que cette chapelle fût rebâtie. Guillemette le Roux, femme de Nicolazic, se levant du lit le 6 mars, trouva sur sa table, au lieu même où son mari avait vu auparavant une main avec un cierge allumé, douze quarts d’écus, monnaie de France, dont quelques-uns étaient de l’an 1613 et d’autres de date inconnue, marqués à divers coins avec des lettres que personne ne pouvait expliquer. Plus tard, on se disputa ces pièces mystérieuses comme des objets de dévotion. Enfin sainte Anne ordonna à Nicolazic d’aller dans le champs du Bocennu, où il trouverait, à un endroit qui lui serait indiqué, une statue qui la représentait. En effet, il partit avec des témoins, conduit par une lumière que virent ceux de ses compagnons qui étaient en état de grâce, et, à l’endroit où cette lumière s’arrêta, ils trouvèrent, en creusant, une statue en bois représentant sainte Anne. Quelque temps après, la grange dont nous avons parlé, et qui n’était couverte que de paille, fut entièrement consumée   par le   feu, sans   qu’on pût  l’éteindre, quelque quantité

d’eau qu’on y jetât. L’incendie ne gâta rien de ce qui était dans la grange, ni des monceaux de gerbes de seigles qui en étaient tout proche, quoique le vent y dût naturellement porter la flamme. Ce fut donc à la fois un châtiment et un bienfait. L’image de sainte Anne attira bientôt une foule innombrable de pèlerins ; avec leurs offrandes, on bâtit une chapelle : elle fut embellie par les religieux de l’Ordre du Carmel, qui s’établirent dans ce sanctuaire le 21 décembre 1627 ; le roi Louis XIII leur donna une relique de saint Anne en 1639. Urbain, par ses bulles datées du 22 septembre 1638, accorda de grandes indulgences aux pèlerins et à la Confrérie de Sainte-Anne d’Auray. Les religieux furent chassés en 1792, leur couvent et leur église vendus, l’image fut brisée et brûlée, un seul morceau de la figure échappa à la destruction ; on le voit encore dans le piédestal de la nouvelle statue. L’église et le couvent, rachetés en 1815, furent confiés aux Pères Jésuites qui y établirent un petit séminaire. Ils en furent expulsés en 1828. Depuis cette époque, la maison de Sainte-Anne n’a pas changé de destination, elle est encore l’école ecclésiastique du diocèse de Vannes, et la dévotion attire toujours dans son église de nombreux pèlerins. Sainte Anne est aussi en grand honneur dans la Lorraine allemande. Dans le diocèse de Nancy, près d’Albestrolf, chef-lieu de canton de la Meurthe, arrondissement de Château-Salins, on remarque une magnifique chapelle romane de date assez récente, mais construite sur l’emplacement d’autres monuments consacrés à sainte Anne. Ce culte envers l’aïeule de Notre-Seigneur Jésus-Christ est d’origine tellement reculée dans cette partie de la Lorraine, qu’on ne peut facilement en assigner la date. Dès le XIIe siècle, nous trouvons, à l’endroit qui nous occupe, une chapelle dédiée à sainte Anne, qui en avait, suivant la tradition, déterminé elle-même l’emplacement. Aujourd’hui ce lieu de pèlerinage est devenu plus important encore depuis qu’il est enrichi d’une insigne et précieuse relique de sainte Anne, provenant d’Apt, en Provence.

Nous nous sommes servi, pour compléter cette biographie, de La vie et le culte de sainte Anne, chez Girard, libraire à Lyon, 1869 ; La Dévotion à sainte Anne, par X. Matthieu ; Notes locales fournies par MM. Armand, curé-archiprêtre d’Apt, Barrier, vicaire-général de Chartres, et Clément, secrétaire de Mgr l’évêque de Nancy. – Cf Les gloires de sainte Anne d’Auray, par l’abbé Bernard ; Vie des Saints du diocèse de Troyes, par l’abbé Defer ; l’Hagiologie Nivernaise, par Mgr Crosnier.

 

Cette icône contemporaine, peinte dans le style de Novgorod, illustre le don d'amour entre les parents de la Vierge Marie. C'est l'icône de mariage traditionnellement offerte chez les chrétiens orthodoxes. Elle a été peinte par l'artiste iconographe canadien, Heiko C. Schlieper, en 1987.

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:18

AVANT-PROPOS CINQUIÈME ÉDITION

 

Le Christ, comme Dieu et même comme Homme uni à la Personne Divine, a droit de régner sur le monde. Il est libre de choisir ses instruments pour établir sa Royauté. Si donc Il a choisi la France et ses rois, qu'on le veuille ou non, il faut bien s'incliner. Mais pour accepter, il convient que cette mission soit prouvée.

 

Trop nombreux affirment: "Gesta Dei per Francos" qui établiraient difficilement la vérité de ce glorieux adage. Il nous a donc paru plus opportun que jamais -- en présence de l'anarchie spirituelle, intellectuelle et morale du monde moderne -- d'exposer brièvement cette mission providentielle de la France qui a valu à notre pays d'être, au dire de Jeanne d'Arc, "le plus beau Royaume après celui du Ciel".

 

Il faut que les Français connaissent cette mission et en pénètrent l'exceptionnelle grandeur afin qu'ils puissent être les dociles instruments de la Providence dans l'exécution des desseins divins sur le monde et, par l'élan de leur dévouement et de leur amour envers Dieu se montrent dignes de cette mission qui est la clé de voûte de l'Histoire de France, l'explication de son passé et le garant de son avenir; mission qui constitue, après celle du peuple d'Israël, le privilège le plus glorieux et le plus transcendant qui ait jamais été accordé à aucun peuple: promouvoir la Chrétienté et assurer le triomphe de la Royauté du Christ sur le monde. Non fecit taliter omni nationi...

 

Il importe également que les autres peuples et leurs Gouvernements se convainquent de la réalité de cette mission divine de la France -- tant de fois affirmée solennellement par Dieu à la Pucelle et par tant de papes, au nom du Christ. Alors seulement ils s'inclineront devant la volonté divine et reconnaîtront cette primauté du Roi et de la France sur tous les autres Souverains et Etats comme voulue et établie par Dieu, en vue du bien commun des peuples, afin que triomphe la Royauté Universelle du Christ, seule garante de la paix générale et de la prospérité dans la charité et l'amour ici-bas, et de la béatitude éternelle en vue de laquelle les hommes ont été créés.

 

Certains diront que l'auteur de cette étude fait le jeu d'un parti politique ou d'un nationalisme intransigeant, étroit et condamnable. Il s'y refuse et se situe sur un plan infiniment supérieur à toutes ces contingences humaines, sur le seul plan solide, celui de la volonté de Dieu, tant de fois affirmée. Car la seule réalité qui importe et compte, la seule qui doive dicter tous les actes des Etats comme des individus est cette volonté divine devant laquelle, tôt ou tard, de gré ou de force, il faudra bien s'incliner.

 

Le seul problème à résoudre est donc le suivant:

 

Oui ou non, Dieu a-t-Il voulu et affirmé que le Roi et la France -- inséparables l'un de l'autre -- ont une mission divine à remplir dans le monde, que la France est, par excellence, le Royaume de Dieu, et le Roi de France Son Lieutenant, en vue d'assurer le triomphe de la Royauté universelle du Christ?

 

Ce livre -- basé sur les documents irréfutables -- n'a pas d'autre but que d'apporter la réponse affirmative à cette question, résumée par ces deux fulgurantes et solennelles déclarations du pape Grégoire IX, écrivant à Saint Louis:

 

"Ainsi, Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la Foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, LE ROYAUME DE FRANCE EST LE ROYAUME DE DIEU; LES ENNEMIS DE LA FRANCE SONT LES ENNEMIS DU CHRIST";

 

et de la Pucelle, proclamant au nom de Dieu:

 

"Vous ne tiendrez pas le Royaume de France, de Dieu le Roi du Ciel... mais le tiendra le Roi Charles, VRAI HERITIER, CAR DIEU LE ROI DU CIEL LE VEUT.

Gentil Dauphin, vous SEREZ LIEUTENANT DU ROI DES CIEUX QUI EST ROI DE FRANCE.

TOUS CEUX QUI GUERROIENT AU SAINT ROYAUME DE FRANCE, GUERROIENT CONTRE LE ROI JÉSUS, ROI DU CIEL ET DE TOUT LE MONDE."

 

Puisse cette étude éclairer les âmes et les intelligences et contribuer ainsi à l'accomplissement des desseins d'infinie miséricorde de Dieu sur le monde: à savoir, grâce à l'action concertée du Souverain Pontife et du Roi de France, l'instauration et le triomphe du règne conjoint du Sacré Coeur et du Coeur Immaculé de Marie. 15, 22, 25 août 1955.

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:18

De son côté, la Vierge Immaculée voulut également manifester avec éclat l'amour dont Son Cœur débordait pour notre Pays : A ces Amis de dilection que Son Fils envoie en Gaule, Elle confie ce qu'Elle a de plus sacré au monde, le corps de Sa Mère, Sainte Anne, pour qu'ils le déposent dans notre sol, pour bien montrer qu'Elle considérait que notre Peuple était plus capable qu'aucun autre de La remplacer sur terre pour entourer cette tombe si chère de respect, de vénération et d'amour.

 

Mis DE LA FRANQUERIE LA MISSION DIVINE DE LA FRANCE

 

La vérité vous délivrera. Saint JEAN.

 

A qui veut régénérer une Société quelconque en décadence, on prescrit avec raison de la ramener à ses origines.

LÉON XIII (Rerum novarum, 15 mai 1891)

 

De parti de l'ordre, capable de rétablir la tranquillité au milieu de la perturbation des choses, il n'y a qu'un: Le parti de ceux qui veulent Dieu, le parti de Dieu. PIE X. Encycl.. (E. Supremi, 4 oct. 1903)

 

Il faut pour que la France soit sauvée, que Dieu y rentre en maître pour que puisse régner en roi.

Comte de CHAMBORD.

 

Bien comprise, la fidélité à la Monarchie est un hommage rendu à la majesté divine.

(Rde Mère CAMILLE DE SOYECOURT, carmélite.)

 

AU SACRE-CŒUR, ROI DE FRANCE.

 

A NOTRE-DAME, REINE DE FRANCE.

 

A SAINT MICHEL, ANGE GARDIEN DE LA FRANCE ET DU ROI.

 

A JEANNE LA PUCELLE, MARTYRE POUR LA FRANCE ET POUR LE ROI ET HÉRAUT DE LA ROYAUTÉ UNIVERSELLE DU CHRIST.

 

A SAINTE THÉRÈSE DE L'ENFANT JÉSUS, PATRONNE SECONDAIRE DE LA FRANCE.

 

A SAINT LOUIS, ROI DE France ET A TOUS LES SAINTS PROTECTEURS DE LA FRANCE.

 

AU GRAND ROI QUE DIEU VA RÉVÉLER DONT LE RÈGNE ASSURERA LE TRIOMPHE DU SACRE-CŒUR ET DU

CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

 

St Michel Sauvez la France!

 

Nihil obstat: Parisiis, 1a die Martii 1926, D. Lallement.

Imprimatur: Parisiis, 2a Martii 1926, E. ADAM, Vic. général.

Imprimatur pour les parties ajoutées dans cette 5e édition: Auch, le 27 octobre 1955. N. LALAGUE, Vic. général.

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:17

LIVRE I LA MISSION DIVINE DE LA France

 

"Chaque Nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu'elle doit accomplir" a dit Joseph de Maistre. Celle de la France est d'exécuter les gestes de Dieu, "Gesta Dei per Francos".

 

Et le grand Philosophe d'ajouter. "Le châtiment des Français sort de toutes les règles ordinaires et la protection accordée à la France en sort aussi; mais ces deux prodiges réunis se multiplient l'un par l'autre, et présentent un des spectacles les plus étonnants que l'œil humain ait jamais contemplés (Considérations sur la France, ch. II, p. 8 et p. 27.).

 

Strabon, le grand Géographe de l'Antiquité, semble l'avoir pressenti quand il écrit de la Gaule: "Personne ne pourrait douter, en contemplant cette œuvre de la providence, qu'elle n'ait disposé ainsi ce pays avec intention et non au hasard."

 

En effet, Dieu a toujours préparé ses voies. De toute éternité, dans Sa prescience des événements, il avait jeté son dévolu sur notre pays et choisi notre peuple pour succéder au peuple Juif et remplir, pendant l'ère chrétienne, la mission divine qui avait été assignée à ce dernier sous l'Ancien Testament.

 

Cette mission a été et demeure la plus glorieuse, assurément, de toutes celles qu'Il a jamais confiées à une nation. Aussi, parce que cette mission -- en raison même de son importance -- fera encourir fatalement à la France les assauts répétés de l'Enfer déchaîné, va-t-Il, dans Sa prescience des événements, lui donner un protecteur d'autant plus puissant que les attaques infernales seront plus farouches, Il choisit alors le plus puissant et le premier de tous les Anges, le Chef de toutes les Milices Célestes, le grand vainqueur de Satan: Saint Michel, qui est associé à toutes les grandes pages de notre Histoire, inspira personnellement notre Jeanne d'Arc et lui déclara: "Je suis Michel, le Protecteur de la France."(*)

 

(*) Voir: de la Franquerie: "Mémoire pour le renouvellement de la Consécration de la France à Saint Michel", préfacé par S. Exc. Monseigneur de la Villerabel, Evêque d'Annecy.

 

Déjà, les peuplades de la Gaule croyaient à l'immortalité de l'âme et méprisaient la mort et, bien avant la naissance du Christ, avaient le culte de la Vierge qui devait enfanter le Sauveur du Monde, culte que Notre-Dame de Chartres a continué en le christianisant.

 

Dans la lutte engagée entre Vercingétorix et César -- cinquante ans avant l'avènement du christianisme -- ne peut-on voir encore l'un des signes de la prédestination de notre pays, dont le jeune chef inflige à Rome -- c'est-à-dire au paganisme officiel -- la sanglante défaite de Gergovie? Ephémère victoire, sans doute, puisque l'héroïque chef gaulois est vaincu en définitive et que, magnanimement pour sauver son peuple des représailles romaines, il s'offre en holocauste, est traîné en esclave derrière le char de César et est égorgé à Rome dans cette prison Mamertine où, un siècle plus tard, le premier Vicaire du Christ, Saint Pierre, sera crucifié.

 

Autre marque de la prédestination de notre Pays: le seul être qui ait volontairement apporté un soulagement matériel au Divin Maître au cours de sa Passion, Véronique, n'était-elle pas une Gauloise, originaire de Bazas? Le premier converti du Sacré Cœur, qui fut aussi le premier à oser proclamer la divinité du Sauveur, Longin, n'était-il pas Gaulois lui aussi? N'est-il pas logique, puisque notre Patrie a une mission divine à remplir, que Dieu ait voulu que ce soit une femme de chez nous qui transmit au monde entier l'image de sa Sainte Face et qu'un soldat de notre Pays ouvrit son Cœur adorable d'où devaient jaillir tous les trésors de grâce, d'amour et de résurrection qui, depuis lors, ne cessent d'embraser les âmes droites et qui doivent les irradier davantage encore à l'approche des derniers temps.

 

Ajoutons encore qu'en mourant, Notre Seigneur regardait du côté de l'Occident, et que, le jour de son Ascension glorieuse en montant au ciel, Son regard se portait toujours du même côté, comme s'Il avait voulu unir dans un même geste d'amour suprême Rome et notre France, Son Église et Son Royaume de prédilection (Voir les recherches de Saint Ignace de Loyola par les Bollandistes).

 

Enfin, les premiers Evangélistes qui apportent à la Gaule "la bonne Nouvelle" sont Madeleine, Marthe et Lazare.Lazare, image de la résurrection de la France. Madeleine, la grande pécheresse, mais l'âme au grand repentir et au grand amour qui symbolise à l'avance notre France pécheresse d'aujourd'hui, et notre France repentante et amoureuse de demain; Madeleine, que le Christ a sauvée d'un regard et pour laquelle Il eut une toute particulière et tendre affection. En donnant à notre Pays Ses amis de dilection, le Sauveur pour la première fois lui donnait Son Cœur.

 

De son côté, la Vierge Immaculée voulut également manifester avec éclat l'amour dont Son Cœur débordait pour notre Pays: A ces Amis de dilection que Son Fils envoie en Gaule, Elle confie ce qu'Elle a de plus sacré au monde, le corps de Sa Mère, Sainte Anne, pour qu'ils le déposent dans notre sol, pour bien montrer qu'Elle considérait que notre Peuple était plus capable qu'aucun autre de La remplacer sur terre pour entourer cette tombe si chère de respect, de vénération et d'amour.

 

Puis, si l'on en croit le Martyrologe Romain, le Pape Saint Clément envoie dans notre pays Denys de l'Aéropage, converti par Saint Paul et qui a assisté la Vierge à ses derniers moments. Denys s'installe à Lutèce et fait de nombreuses conversions.

 

Après plusieurs arrestations et supplices, il est décapité avec quelques autres Chrétiens, sur la Colline de Mars, appelée depuis lors Mons Martyrum ou Montmartre (a l'endroit même où a été édifié le Sacré-Cœur), et enseveli à Saint-Denis. Ses restes furent, de tous temps, l'objet d'une vénération particulière, et il y a bien peu d'événements de notre Histoire auxquels l'Abbaye de Saint-Denis ne soit mêlée. La Basilique est le sanctuaire où sont enterrés tous nos Rois et où est déposée la vieille Bannière qui nous a si souvent conduits à la victoire au cri de "Mont-joye Saint-Denis". Aussi n'est-on pas surpris de voir un Allemand, l'auteur de "la Mystique divine, magique et diabolique" (Voir Santo. "Les crimes allemands". -- "La chaine infernale et ses 33 anneaux".) s'écrier:

 

"Détruisez la basilique de Saint-Denis: dispersez au vent les ossements de leurs Rois; abattez, réduisez en cendres cette Basilique de Reims, où fut sacré Klodowig, où prit naissance l'Empire des Francs, faux frères des nobles Germains; incendiez cette Cathédrale". Il avait bien compris, le misérable, ce que sont Reims et Saint-Denis: les deux symboles de notre Histoire Nationale.

 

Il ne faisait, il est vrai, que continuer les traditions sauvages de sa race. Déjà, au début des invasions barbares, le général romain Cérialis disait très justement aux Gaulois:

 

"Les mêmes motifs de passer en Gaule subsistent toujours pour les Germains: l'amour des plaisirs, celui de l'argent, et le désir de changer de lieu. On les verra toujours, quittant leurs solitudes et leurs marécages, se jeter sur les Gaules si fertiles, pour asservir vos champs et vos personnes..." (P. Champion "Galerie des Rois", page 22.)

 

Cérialis avait dit vrai. Pendant plusieurs siècles, les tribus germaniques ne cessèrent de ravager la Gaule. C'était le temps où nos Evêques prenaient la tête de la résistance aux envahisseurs et méritèrent de s'appeler les défenseurs de la cité; le temps où les Monastères étaient les refuges de la civilisation et où les moines défrichaient non seulement le sol de notre France, mais son âme et y semaient à profusion toutes les vertus qui devaient y germer en une éclosion magnifique et nulle part égalée. Comment ne pas citer Saint Martin, le grand apôtre de nos campagnes et le fondateur de Ligugé...? Déjà, à cette époque, la foi rayonnait de la Gaule sur les autres Pays: Saint Patrick qui convertit l'Irlande n'était-il pas un disciple de l'Evêque de Tours...?

 

Au milieu du Ve Siècle, pour châtier le monde tombé dans l'arianisme, Dieu permit qu'Attila ravageât, avec ses Huns, les peuples hérétiques. Redoutable par son génie et par sa cruauté, il mit tout à feu et à sang sur son passage, égorgeant les populations terrifiées. Quand le châtiment eut été assez grand, Dieu suscita alors un autre Chef pour vaincre celui qui s'appelait justement "le fléau de Dieu" et sauver son Église: Mérovée, le Roi des Francs. Mérovée était païen, mais il avait l'âme généreuse et le cœur droit; il souffrait de voir les tortures des populations chrétiennes et résolut d'arrêter l'envahisseur. Il le rencontra aux Champs Catalauniques, non loin de Reims, où son petit-fils, Clovis, devait être baptisé et sacré. Il tailla en pièces les Huns qui s'enfuirent de l'autre côté du Rhin, laissant au vainqueur un immense butin. Mérovée avait sauvé le monde chrétien et magnifiquement inauguré les gestes de Dieu par les Francs. Aussi Dieu permit-il qu'il donnât son nom à la première branche de nos Rois.

 

Comme s'il voulait que notre Pays ne fut étranger à aucun des grands événements chrétiens, Dieu permit qu'il fut mêlé au triomphe de l'Eglise sur l'Empire Romain. L'homme choisi par le Christ pour être le sauveur de la chrétienté fut Constantin l'Empereur des Gaules. Et c'est sur notre sol, à la tête de ses légions, composées en partie d'hommes de chez nous que la croix lumineuse lui apparût avec cette fulgurante promesse de victoire; In hoc signo vinces! et qu'il se convertit (*)

 

(*) La tradition bourguignonne place l'apparition de la Croix dans la région de Paray-le-Monial (cf. le musée du Hiéron à Paray-le-Monial), d'autres disent que ce fut lorsqu'il traversait les Alpes.

 

"Quand le temps fut arrivé, que l'Empire Romain devait tomber en Occident, Dieu, qui livra aux Barbares une si belle partie de cet Empire, et celle où était Rome, devenue le Chef de la Religion, destina à la France des Rois qui devaient être les défenseurs de l'Eglise. Pour les convertir à la Foi, avec toute la belliqueuse Nation des Francs, Il suscita un Saint Rémi, homme apostolique, par lequel Il renouvela tous les miracles qu'on avait vus éclater dans la fondation des plus célèbres Eglises, comme le remarque Saint Rémi lui-même dans son testament.

Ce grand Saint et ce nouveau Samuel, appelé pour sacrer les Rois, sacra ceux de France, en la personne de Clovis, comme il dit lui-même, pour être les perpétuels défenseurs de l'Eglise et des pauvres", qui est le plus digne objet de la Royauté. Il les bénit et leurs successeurs, qu'il appelle toujours ses enfants, et priait Dieu, nuit et jour, qu'ils persévérassent dans la Foi: prière exaucée de Dieu avec une prérogative bien particulière, puisque la France est le seul Royaume de la Chrétienté qui n'a jamais vu sur le trône que des Rois enfants de l'Eglise (Bossuet: "Politique tirée de l'Ecriture Sainte" L. v. VII, art. 6, 14e prop.).

 

Le savant Cardinal Baronius écrit dans ses "Annales ecclésiastiques" (Caesar Baronius, Annales ecclesiastici, 1593-1607, tome IV, pages 420. Bibli. Nat. H. 106.):

 

"A la chute de l'Empire d'Occident, trois races de barbares occupaient les Gaules: les Goths, les Burgondes et les Francs.

Tout marchant à la dérive, la Divine Providence destina à survivre et à s'épanouir dans les âges futurs, le seul de ces peuples où devait s'épanouir aussi, au plus haut degré, le culte de la piété, de cette piété dont Childéric fut la fleur et Clovis le fruit (*)

 

(*) "Deproratis penitus rebus Divina Providentia factum est ut ejus tantum modo gentis regnum ad posteros feliciter propagaretur, penes quam cultus pietatis foret excellentius effulsurus, cujus in Childerico ut dictum est flores apparuerunt, in Clodoveo autem collecti sunt fructus."

 

Pour protéger son Eglise naissante contre les flots envahissants de l'hérésie (L'Arianisme.) et de la barbarie qui régnaient sur tous les trônes d'Orient et d'Occident...

... Dieu paraît avoir institué les Rois de France et les a fait s'élever sur les ruines des peuples non Catholiques disparus.

C'est pour cela que tous les peuples entachés d'hérésie... furent expulsés ou absorbés par les Francs, suivant la parole de Notre Seigneur: tout arbre que n'a point planté mon Père sera arraché".

C'est pour cela que le Royaume des Francs s'est épanoui dans une riche et luxuriante végétation arrosée par sa piété...

Tout cela est d'une évidence qui se touche du doigt.

... Il ne fallait rien moins qu'un tel Saint (Rémi), d'une telle vertu, d'une telle inspiration divine pour amener des ténèbres de la gentilité à la lumière de l'Evangile, la noble Nation des Francs et son très illustre Roi.

Comme il ne fallait rien moins qu'un tel Roi (Clovis), pour illustrer le premier de tous et à jamais, son royaume de l'impérissable éclat de la religion du Christ, pour entourer d'un amour sans défaillance, d'une protection perpétuelle, cette même religion du Christ".

 

C'est ce que reconnaissait le Pape Pélage II:

 

"Ce n'est pas en vain, ce n'est pas sans une admirable disposition que la Providence a placé la catholique France aux portes de l'Italie et non loin de Rome, c'est un rempart qu'Elle ménageait à toutes deux (Migne. -- Patrologiae cursus completus, patres latini, tome LXXII, page 706, Bibl. Nat. A, de 112 à 329.)".

 

Mission providentielle de la France, proclamée par Grégoire IX écrivant à Saint Louis (Labbe. -- Tome XI, p. 366 et 367. Lettre rappelée par Saint Pie X le 13 décembre 1908 lors de la béatification de Jeanne d'Arc (actes de Pie X, t. V, p. 204 et 205.)):

 

"De même qu'autrefois la tribu de Juda reçut d'en haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du Patriarche Jacob; de même le ROYAUME DE FRANCE EST AU-DESSUS DE TOUS LES AUTRES PEUPLES, COURONNÉ PAR DIEU LUI-MÊME DE PRÉROGATIVES EXTRAORDINAIRES.

LA TRIBU DE JUDA ÉTAIT LA FIGURE ANTICIPÉE DU ROYAUME DE FRANCE".

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:15

LE BAPTISTÈRE DE REIMS

Le miracle auquel on ne veut plus croire existe à l'état permanent: c'est notre HISTOIRE. On peut dire avec l'Abbé Vial (Abbé vial, op. cit. page 62, sans oublier les apparitions de la rue du Bac et de Pellevoisin.) que "Lourdes, La Salette, Pontmain, Notre-Dame des Victoires, etc... ne sont que les avant-derniers anneaux d'une longue chaîne de miracles qui va du Baptistère de Reims, où est née la France, à la Basilique du Sacré-Cœur où elle ressuscitera, en passant par les cycles bénis de Saint Bernard, de Saint Louis, de Jeanne d'Arc, du Curé d'Ars"; nous ajouterons aussi de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

 

SAINT RÉMI ET LE BAPTISTÈRE DE REIMS SONT POUR LA FRANCE CE QUE MOÏSE ET LE SINAÏ FURENT POUR LE PEUPLE JUIF.

 

Le 19 décembre 1907, à l'Archevêque de Reims, Monseigneur Luçon, nouvellement promu Cardinal, Saint Pie X déclarait (Bulletin du Diocèse de Reims, 28 déc. 1907, p. 621.):

 

"Reims conserve la source baptismale d'où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C'était une heure ténébreuse pour l'Eglise de Jésus-Christ. Elle était d'un côté combattue par les Ariens, de l'autre assaillie par les Barbares; elle n'avait plus d'autre refuge que la prière pour invoquer l'heure de Dieu. Et l'heure de Dieu sonna à Reims, en la fête de Noël 496. Le baptême de Clovis marqua la naissance d'une grande nation: la tribu de Juda de l'ère nouvelle, qui prospéra toujours tant qu'elle fut fidèle à l'orthodoxie, tant qu'elle maintint l'alliance du Sacerdoce et du Pouvoir public, tant qu'elle semontra, non en paroles, mais en actes, la Fille aînée de l'Eglise."

 

Dans la nuit de Noël 496, à minuit, au jour anniversaire et à l'heure même de sa naissance, le Christ -- lors de la naissance spirituelle de notre France et de nos Rois -- voulut par un miracle éclatant affirmer la mission divine de notre Pays et de la Race Royale de Mérovée, au moment même où Saint Rémi va proclamer cette mission au nom du Tout-Puissant, pour sanctionner solennellement les paroles divinement inspirées de Son ministre. A minuit, alors que le roi, la Reine et leur suite sont là, "SOUDAIN, raconte Hincmar, Archevêque de Reims (Migne. Patr. lat. Tome CXXV, p. 1159 et 1160. Hincmar. Vita Sancti Remigii, Cap. XXXVI et suivants. Bibl. Nat. A. 112 à 329.), UNE LUMIERE PLUS ÉCLATANTE QUE LE SOLEIL, INONDE L'EGLISE! LE VISAGE DE L'EVÊQUE EN EST IRRADIÉ! EN MÊME TEMPS RETENTIT UNE VOIX: "LA PAIX SOIT AVEC VOUS! C'EST MOI! N'AVEZ POINT PEUR! PERSÉVÉREZ EN MA DILECTION!"

Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l'atmosphère.

Le Roi, la Reine, toute l'assistance épouvantés, se jetèrent aux pieds de Saint Rémi qui les rassura et leur déclara que c'est le propre de Dieu d'étonner au commencement de ses visites et de réjouir à la fin.

Puis soudainement illuminé d'une vision d'avenir, la face rayonnante, l'oeil en feu, le nouveau Moïse s'adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage -- identique quant au sens -- de l'ancien Moïse à l'Ancien Peuple de Dieu:

 

"APPRENEZ (Migne. Patr. lat. CXXXV, p. 51 et suivantes Flodoard. Historia Ecclesiae Remensis. Lib. I, cap. XIII. Bibl. Nat. A. 112 à 329.), MON FILS, QUE LE ROYAUME DE FRANCE EST PRÉDESTINÉ PAR DIEU À LA DÉFENSE DE L'EGLISE ROMAINE QUI EST LA SEULE VÉRITABLE EGLISE DU CHRIST.

CE ROYAUME SERA UN JOUR GRAND ENTRE TOUS LES ROYAUMES.

ET IL EMBRASSERA TOUTES LES LIMITES DE L'EMPIRE ROMAIN!

ET IL SOUMETTRA TOUS LES PEUPLES À SON SCEPTRE!

IL DURERA JUSQU'À LA FIN DES TEMPS!

IL SERA VICTORIEUX ET PROSPÈRE TANT QU'IL SERA FIDELE À LA FOI ROMAINE.

MAIS IL SERA RUDEMENT CHATIÉ TOUTES LES FOIS QU'IL SERA INFIDÈLE À SA VOCATION."

 

Au IXe siècle, Raban Maur, Archevêque de Mayence, a rendu public le passage suivant qui aurait été prononcé également par Saint Rémi à la fin de son allocution:

 

"VERS LA FIN DES TEMPS, UN DESCENDANT DES ROIS DE FRANCE RÈGNERA SUR TOUT L'ANTIQUE EMPIRE ROMAIN.

IL SERA LE PLUS GRAND DES ROIS DE FRANCE ET LE DERNIER DE SA RACE.

APRÈS UN RÈGNE DES PLUS GLORIEUX, IL IRA À JERUSALEM, SUR LE MONT DES OLIVIERS, DÉPOSER SA COURONNE ET SON SCEPTRE, ET C'EST AINSI QUE FINIRA LE SAINT EMPIRE ROMAIN ET CHRÉTIEN. (Voir: "Bloc Catholique", mars-avril 1923, no 187, p. 51: Les Francs, peuple élu de Dieu, par le Marquis de la Vauzelle.)

 

Commentant cette mangifique vision d'avenir, l'Abbé Vial écrit:

 

"La prophétie comprend quatre points:

 

*          1° La vocation de la France: elle est le Soldat de Dieu!

*          2° Sa gloire future: elle sera sans égale!

*          3° Sa durée: celle de l'Eglise.

*          4° La sanction divine: récompense ou châtiment unique au monde, comme sa gloire."

 

Et il ajoute en note :

"Bien remarquer que la prophétie est faite directement à la race, à la postérité, à la famille royale, «semini, generi regio, posteritati» comme si la race était aussi inséparable de la France que la France est inséparable del'Eglise."

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 16:15

LE PACTE DE TOLBIAC

Trois grands Saints de France se trouvent participer à la Conversion de Clovis: Saint Rémi, dont nous allons voir les principaux miracles en faveur de ce prince et des Rois ses successeurs: Sainte Clotilde qui, par son exemple, a une grosse influence sur le Roi, son époux; et la patronne de Paris(*),

 

(*) "A sa mort en 512, Sainte Geneviève avait été inhumée, par ordre de la Reine (Sainte Clotilde), avec les membres de la famille royale... Tous nos souverains eurent en grande vénération la mémoire de la Patronne de Paris; beaucoup se plurent à enrichir son tombeau. En 1757, Louis XV fit construire, par Soufflot, sur un plan grandiose, une basilique nouvelle qui devaitremplacer la vieille église mérovingienne.

On sait que la Révolution Française (cette entreprise satanique, disait Pie IX) fit brûler publiquement, puis jeter à la Seine, en novembre 1793, les reliques de Sainte Geneviève. La châsse fut envoyée à la Monnaie et un décret de la Convention transforma la basilique en Panthéon pour la sépulture des grands hommes. Marat fut l'un des premirs hôtes de l'église profanée.

Le gouvernement tutélaire de la Restauration rendit la basilique au culte de Sainte Geneviève... En 1885, la 3e République a de nouveau désaffecté la basilique et en a fait un Panthéon dans lequel, à côté de Voltaire et de Rousseau, elle a placé Zola le pornographe, le coeur du métèque Gambetta, complice de Bismarck, et les cendres de Jaurès le mauvais Français." (Commandant Dublaix: A. F., Chronique religieuse, 26 août 1925).

 

l'amie de la Reine, Sainte Geneviève qui 30 ans auparavant avait sauvé la ville des hordes d'Attila (451), et lui évita la famine au moment où, encore entre les mains des Romains, elle était assiégée par Clovis, dont elle avait préparé la conversion dès le règne de Childéric, sans être parvenue, malgré sa très grande influence, à amener ce dernier prince aux lumières de la foi; Sainte Geneviève qui voulait reconstruire un temple magnifique en l'honneur de Saint Denis.

 

Comme tout se tient dans notre Histoire de France! Il semble qu'un lien mystique unit tous ceux que Dieu a envoyés pour nous sauver miraculeusement; Saint Denis, qui aurait approché la mère du Sauveur, et Sainte Madeleine inspirent à notre pays un culte tout spécialement confiant à la Vierge qui, en retour, lui marque sa prédilection par ses nombreuses apparitions. Sainte Geneviève revivifie le culte de Saint Denis; Jeanne d'Arc -- que Dieu fait naître à Domrémy (c'est-a-dire la Maison de Rémi) -- renouvelle le pacte de Clovis et de Saint Rémi, et dépose en hommage ses armes à l'Abbaye de Saint-Denis, etc.... Comme si chacun d'eux voulait faire toucher du doigt au peuple de France, qu'il n'est qu'un des artisans du même édifice; qu'il ne fait que continuer l'œuvre du précédent missionnaire divin; et cela de par la volonté du Tout-Puissant!

 

Sur le point de succomber sous les forces ennemies à Tolbiac, Clovis invoque le Dieu de Clotilde, le Christ, et promet de se convertir au Catholicisme s'il est vainqueur. Il obtient une victoire éclatante contre les Allemands.

 

"C'est dans toute l'exaltation de sa victoire surnaturelle qu'il dicta, dans un magnifique élan de foi et de reconnaissance, le superbe décret, vibrant d'enthousiasme et d'amour, qui voue la France à jamais, aussi longtemps qu'elle existera au règne de Jésus-Christ, exigeant qu'il fut placé comme loi constitutionnelle du Royaume des Francs (De Maricourt et de la Morlière; "La vraie Histoire de France".)", la loi salique (Traduction de l'abbé Lemann d'après les Leges Salicae illustratae de Godefroy Wandelin (Anvers 1649).) que complétèrent ses successeurs et dont voici quelques passages:

 

"LA NATION DES FRANCS, ILLUSTRE, AYANT DIEU POUR FONDATEUR, FORTE SOUS LES ARMES, FERME DANS LES TRAITÉS DE PAIX, HARDIE, AGILE ET RUDE AU COMBAT, DEPUIS PEU CONVERTIE A LA FOI CATHOLIQUE, LIBRE D'HÉRÉSIE.

ELLE ÉTAIT ENCORE SOUS UNE CROYANCE BARBARE.

MAIS AVEC L'INSPIRATION DE DIEU, ELLE RECHERCHAIT LA CLÉ DE LA SCIENCE, SELON LA NATURE DE SES QUALITÉS, DÉSIRANT LA JUSTICE, GARDANT LA PIÉTÉ.

ALORS LA LOI SALIQUE FUT DICTÉE PAR LES CHEFS DE CETTE NATION QUI EN CE TEMPS COMMANDAIENT CHEZ ELLE...

PUIS LORSQUE AVEC L'AIDE DE DIEU, CLODWIGH LE CHEVELU, LE BEAU, L'ILLUSTRE ROI DES FRANCS EUT REÇU, LE PREMIER, LE BAPTÊME CATHOLIQUE, TOUT CE QUI DANS CE PACTE ÉTAIT JUGÉ PEU CONVENABLEFUT AMENDÉ AVEC CLARTÉ PAR LES ILLUSTRES ROIS CLODWIGH, CHILDEBERT ET CLOTAIRE.

ET AINSI FUT DRESSÉ CE DÉCRET:

VIVE LE CHRIST QUI AIME LES FRANCS!

QU'IL GARDE LEUR ROYAUME ET REMPLISSE LEURS CHEFS DES LUMIÈRES DE SA GRACE!

QU'IL PROTÈGE L'ARMÉE!

QU'IL LEUR ACCORDE DES SIGNES QUI ATTESTENT LEUR FOI, LEUR JOIE, LA PAIX, LA FÉLICITÉ!

QUE LE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST DIRIGE DANS LE CHEMIN DE PIÉTÉ CEUX QUI GOUVERNENT!

CAR CETTE NATION EST CELLE QUI, PETITE EN NOMBRE, MAIS BRAVE ET FORTE, SECOUA DE SA TÊTE LE DUR JOUG DES ROMAINS ET QUI, APRÈS AVOIR RECONNU LA SAINTETÉ DU BAPTÊME, ORNA SOMPTUEUSEMENT LES CORPS DES SAINTS MARTYRS QUE LES ROMAINS AVAIENT CONSUMÉS PAR LE FEU, MUTILÉS PAR LE FER, OU FAIT DÉCHIRER PAR LES BÊTES..."

 

Voilà notre première Constitution!

 

Elle repose sur l'Evangile! Deux phrases la résument:

 

VIVE LE CHRIST, QUI EST ROI DE FRANCE!

VIVE LE ROI DE FRANCE, QUI EST LIEUTENANT DU CHRIST!

 

Ainsi, "la France a eu ce bonheur inespéré, unique au monde, d'avoir la première bâti sa civilisation non pas sur une vérité philosophique ou religieuse quelconque, sur une vérité plus ou moins diminuée ou discutée, mais sur la vérité totale, intégrale, universelle, sur le catholicisme qui signifie "la religion universelle".

Qu'en est-il résulté?

C'est que la France a fondé une civilisation merveilleuse comme le monde n'en a jamais vu, qu'elle est devenue cet astre lumineux qui a couvert le monde de sa lumière, de sa chaleur et de ses bienfaits.

On dit "La civilisation française" et on a raison, mais cette civilisation n'est pas autre chose que la civilisation catholique, apostolique et romaine et elle n'est dite française que parce que c'est la France qui en a tenu le flambeau!

Aujourd'hui encore, dans tout l'Orient, malgré les Combes, les Clemenceau, les Briand, catholiques et français sont synonymes et tous les catholiques, fussent-ils espagnols, anglais ou italiens, etc.... sont désignés sou le nom générique de Francs!

Ah! la France avait pris pour base la pierre angulaire même de l'Eglise: le Christ; quoi d'étonnant qu'elle ait bénéficié de l'universalité du Christ et de l'Eglise?

Et voilà, pour le dire en passant, le véritable internationalisme de la France! Mais c'est celui de l'Evangile, non celui du Talmud ou de la libre pensée, celui de l'Eglise romaine, non celui de la synagogue de Jérusalem, du temple de la rue Cadet ou de l'Eglise de Genève! Mais cet internationalisme loin de détruire la personnalité de la France, la suppose! Comment le flambeau de la Vérité catholique rayonnera-t-il, si vous supprimez le porte-flambeau?" (Abbé Vial: "Jeanne d'Arc et la Monarchie", chapitre II, p. 26 et 27.)

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