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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:50

4 février SAINTE JEANNE DE VALOIS Reine de France (1463-1503)

 

Sainte Jeanne de Valois, fille du roi Louis XI, vint au monde toute laide et contrefaite, mais, en revanche, le Ciel révéla en elle, dès ses plus tendres années, une âme d'élite. Sa piété envers la Sainte Vierge marquait son âme du sceau des prédestinés. Elle avait cinq ans lorsque la Mère de Dieu daigna lui apprendre qu'elle était appelée à fonder en Son honneur un Ordre dont le but principal serait l'imitation de Ses vertus.

Jeanne fut mariée malgré elle à un prince qui l'avait en aversion et ne la regarda jamais comme son épouse. Après quelques années pleines d'épreuves pour elle, le roi Louis XI étant mort, ce mariage, contracté en des conditions déplorables, fut, à la demande du mari, déclaré nul par le Souverain Pontife: "Que Dieu soit glorifié, dit alors la Sainte, mes chaînes sont brisées; c'est Lui qui l'a voulu, afin que désormais je puisse mieux Le servir que je ne l'ai fait jusqu'ici."

Ses adieux au prince furent touchants: "Je vous dois, dit-elle, une grande reconnaissance, puisque vous me retirez de la servitude du siècle. Pardonnez-moi mes torts; désormais, ma vie se passera à prier pour vous et pour la France."

Dès lors la prière devint la compagne inséparable de Jeanne. Son ardent amour pour Jésus-Christ lui fit embrasser les mortifications volontaires, et plus d'une fois on la vit, à genoux au pied d'une Croix, se frapper la poitrine avec une pierre et répandre un torrent de larmes, à la pensée de ses péchés et des souffrances de Jésus-Christ. Elle jeûnait et prolongeait ses veilles, ses prières et ses macérations trois jours au moins par semaine.

Consoler les pauvres, les servir à table, laver et baiser leurs pieds, voilà quelles étaient les occupations chères à son coeur. Son humilité aurait voulu cacher à tous les yeux les prodiges de sa charité; elle n'aurait désiré que Dieu seul pour témoin, car elle ne cherchait que Lui dans la pratique de toutes les vertus.

L'Eucharistie était sa force mystérieuse; elle ne la recevait jamais que toute baignée de larmes, et c'est au pied du Tabernacle qu'elle trouvait tous les trésors de dévouement qu'elle prodiguait autour d'elle.

Elle put, avant sa mort, fonder, selon la promesse de la Sainte Vierge, l'Ordre des Annonciades. Une clarté extraordinaire parut pendant plus d'une heure dans sa chambre, au moment de sa mort. On trouva son corps couvert d'un cilice, avec une chaîne de fer.  Abbé L. Jaud

 

Bourges, L'histoire des Annonciades et de Jeanne de France sa fondatrice.

LE "FABULEUX DESTIN" DE JEANNE DE FRANCE, DUCHESSE DE BERRY

Parmi les grands personnages qui ont marqué la ville de Bourges chacun met en avant Jacques Cœur dont la vie est un roman par son ascension sociale, sa fortune et sa chute…. Et pourtant il est une femme, aujourd'hui peu connue, sinon de quelques spécialistes, dont le destin est "absolument fabuleux" : il s'agit de Jeanne de France, qui deviendra Duchesse de Berry après avoir traversé des épreuves insoupçonnables.

En cette année 2002, Bourges a fêté les 500 ans de la fondation par Jeanne de France de l'Ordre de l'Annonciade, un hommage à cette princesse, reine, duchesse et moniale.

Un début d'existence en Berry

Jeanne de France est née le 23 avril 1464, à Nogent-le-Roi, elle est la seconde fille du roi Louis XI. Ce dernier, natif de Bourges, découvre alors un enfant que la nature n'a pas favorisé.

Un mois après sa naissance, la petite fille fait l'objet de tractations diplomatiques et à Blois un traité de mariage est signé, l'unissant à Louis d'Orléans ….. âgé de deux ans. Ce premier événement passé, le roi ne s'intéresse guère à sa fille. A l'âge de cinq ans, il la place en Berry, au château de Lignières pour être élevée par Anne de Culan, l'épouse de François de Beaujeu, seigneur de Lignières et cousin du roi.

Elle bénéficia dans ces jeunes années de toute l'attention des sires de Lignières ses véritables parents adoptifs. Si elle ne fut totalement heureuse dans cette contrée, c'est sans doute aussi parce qu'elle était de santé fragile. Emile Mellet écrit que la jeune fille "était boiteuse, contrefaite des épaules" alors que Mgr Girard la décrit ainsi : "Elle avait le nez assez fort, la bouche plutôt grande, des lèvres épaisses et un peu proéminentes". Elle devait semble-t-il souffrir d'une malformation osseuse.

A une époque où la beauté de l'âme allait de paire avec la beauté du corps, Jeanne de France était rejetée par beaucoup, et en particulier par le roi son père et la cour.

Pourtant, elle a douze ans lorsqu'elle est mariée avec le duc d'Orléans. Cet homme est beau, élégant, il aime le plaisir et le luxe. Le contraste avec son épouse est total. Le duc d'Orléans deviendra roi sous le nom de Louis XII. Jeanne, fille de roi, sera, pendant quelques temps, femme de roi, et sœur de roi lorsque son frère cadet montera sur le trône à son tour.

Le temps des épreuves

Jeanne de France a près de vingt ans lorsque meurt son père Louis XI, et c'est la sœur de Jeanne, Anne de Beaujeu qui exerce la régence au profit du futur roi Charles VIII. C'est dans cette période trouble d'intrigues et de trahisons que le mari de Jeanne, Louis d'Orléans est arrêté et enfermé dans la Grosse Tour de Bourges. Dans cet édifice de près de 40 mètres de haut, avec des murs de 6 mètres d'épaisseur, il croupit. Sa crainte est de se retrouver dans une des cages en fer de cette sinistre prison. Une compagnie d'écossait sous la conduite de Patrice Mac Nellem garde le lieu. Louis bénéficie de l'aide de Jeanne malgré le peu d'égard qu'il lui porte. C'est elle qui va tout mettre en œuvre auprès de son frère le roi pour que son mari soit libéré. Ce sera fait… au bout de deux ans.

Chacun aurait pu pensé à une certaine forme de reconnaissance de la part de Charles d'Orléans après sa libération. Il n'en fut rien, bien au contraire. Le roi Charles VIII, son frère bien aimé était revenu d'Italie. Il cherchait à rapprocher Jeanne et Louis son mari, lorsque le 7 avril 1498, il mourut subitement à Amboise, sans laisser d'héritier direct.

Encore des épreuves : un vrai calvaire

Jeanne n'en avait pas terminé avec son mari. En effet, sous le nom de Louis XII, Louis d'Orléans, descendant de Charles V par la branche des Orléans, et mari de Jeanne de France devint roi….. et Jeanne reine de France. Entre la nécessité de conserver la Bretagne à la France par des accords complexes et le peu d'égards envers son épouse, la première préoccupation du roi fut de faire annuler son mariage avec Jeanne.

Un long et humiliant procès se déroula, quelque peu faussé par les intrigues et la perversité du roi qui "acheta en quelque sorte le pape Alexandre VI", un Borgia, afin d'obtenir l'annulation de son mariage. Pourtant Jeanne se défendit d'une manière très courageuse. La chronique de l'époque affirme qu'elle "fit preuve de caractère et d'une grandeur d'âme peu commune".

A la fin de l'année 1498, la nullité du mariage est prononcée et le roi Louis XII épousa aussitôt Anne de Bretagne, donnant comme lot de consolation le duché du Berry à son ex-épouse.

Jeanne duchesse de Berry

Jeanne fait une entrée solennelle dans son duché le 13 mars 1499, elle restera 7 ans entre son palais de Bourges construit par le duc Jean et Châtillon-sur-Indre. Commence alors pour l'ex-reine, une vie extra-ordinaire. Elle devient très vite "la bonne duchesse", dans une ville qui venait de subir "le grand incendie de la Madeleine", en 1487, lequel détruisit des milliers de maisons de Bourges. Elle avait semble-t-il hérité de la volonté et du sens de l'organisation de son père Louis XI, et elle s'attela à la tâche de relever sa capitale. Elle laisse le souvenir d'une femme qui s'est intéressé au fonctionnement concret de l'administration du duché, dans les directions les plus diverses. Ainsi, elle se préoccupe des ouvriers et de leur salaire qui fut réajusté, une idée bien moderne ! Elle surveille aussi, écrit Emile Meslé, la justice qu'elle réorganise. Mais c'est dans le domaine de l'enseignement qu'elle fut exemplaire. Elle est à l'origine de bourses pour les étudiants en difficultés financières. Elle aide les pauvres, et en "dote les filles". Enfin c'est elle qui fonde ou relève le collège Sainte Marie de Bourges. Depuis 1464, Bourges possédait une Université et plusieurs écoles, accrochées aux chapitres. Jeanne va plus loin afin de créer une école secondaire entre l'enseignement supérieur et le primaire. A partir de 1502, elle fait achever le collège Sainte Marie et participe aux frais d'entretien. Dans son testament, elle n'oubliera pas cette œuvre. Elle se préoccupe enfin "des filles libertines", en cherchant le moyen pour les rééduquer. Encore un soucis bien actuel……au XXI e siècle. Jeanne, en très peu de temps, devient à la fois populaire et aimée. Le soin qu'elle prodigue aux malades est exemplaire. Elle reste à Bourges en 1499 lors d'une grande épidémie de peste, alors que les autorités locales ne songeaient qu'à fuir. C'est dans le domaine religieux qu'elle s'affirme le plus, avec sa dévotion à la Vierge et la fondation à Bourges d'un ordre religieux en 1502.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:49

L'ordre de l'Annonciade

Dans son "travail de duchesse", Jeanne s'intéresse à la religion et aux ordres religieux dont les communautés ont une forte tendance à "se relâcher". Elle commence avec les bénédictines de Saint Laurent à Bourges et leur fait accepter des règles plus rigoureuses.

Mais son œuvre principale est la fondation d'un ordre religieux autonome, l'Annonciade, à une époque où l'Eglise désire davantage remettre de l'ordre dans les communautés existantes plutôt que de créer de nouvelles structures.

La tradition affirme que Jeanne avait eu cette révélation de créer cet ordre dédié à la Vierge, lors de son enfance à Lignières. A partir de 1501 elle se consacre essentiellement à ce travail, avec beaucoup de difficultés venant des autorités religieuses de Rome.

Elle se fait aider dans cette tâche par son confesseur, le père Gilbert Nicolas, plus connu sous son pseudonyme Gabriel Maria, d'obédience franciscaine. C'est lui qui met noir sur blanc les idées de Jeanne et rédige les règles de cet ordre nouveau qui prend pour nom, l'Annonciade, en l'honneur de Marie, un vocable très en verve en Italie.

Après un premier refus, par les cardinaux suite aux recommandations du concile de Latran, c'est le pape Léon X qui approuve les règles de l'Ordre le 12 février 1502. Mgr Girard écrit dans un petit ouvrage très instructif sur Jeanne :"L'Ordre des Dix Vertus ou Dix plaisirs de Notre-Dame est un ordre contemplatif dans lequel on retrouve les traditions de la vie monastique : éloignement du monde, pénitence, travail, humilité, silence, office canonial… etc"

Elle fait édifier un monastère avenue du 95° de Ligne, toujours en place, malgré les aléas de l'histoire locale. Ce lieu qu'il est parfois possible de visiter a été rendu au culte en 1961. Il est aujourd'hui propriété du Ministère de la Défense !

Depuis cinq siècles, les moniales de l'Annonciade poursuivent leur recherche spirituelle dans leur monastère, il en existe 6 aujourd'hui, dont celui de Saint Doulchard. Leur habit est bleu, le voile blanc et le long scapulaire est d'un magnifique rouge vif. Les moniales recherchent "la perfection par l'union à Jésus en pratiquant les dix vertus de Marie".

Jeanne de France, est un personnage de notre histoire qui eut une destinée. Vers la fin de son existence, elle déclarait fièrement : "Fille et sœur de roi j'étais, et un roi m'eut appelé sa mère, si un autre roi ne m'eut chassé de son lit".

Jeanne de France meurt le 4 février 1505, à l'âge de 41 ans. Elle eut droit à des funérailles de reine. A la demande du roi Louis XII. Elle est inhumée dans la chapelle de l'Annonciade et ce n'est que récemment, en 1950 qu'elle fut canonisée.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:48

La première : c’est d’être mon avocate dans tes conversations et tes paroles. Tu chercheras à établir la paix entre tous ceux au milieu desquels tu habites. Tu ne diras rien d’autre que des paroles de paix, soucieuse du salut des âmes. Tu n’écouteras pas les paroles honteuses ou médisantes et dès que tu verras quelques pécheurs, tu diras dans ton cœur : « il faut sauver ces pauvres gens », car Dieu a permis qu’ils pèchent en ta présence pour voir, lui Dieu, comment tu voudrais prier pour eux et quel labeur tu entreprendrais pour pouvoir les sauver. Excuse-les auprès de Dieu afin d’être, comme je l’ai dit, l’avocate et le défenseur de tous.

 

La seconde : c’est, le matin à ton réveil, de te recueillir devant la Passion au point non seulement de penser aux blessures de mon Fils, mais encore de souffrir quelque douleur et tribulation pour mon Fils et tu te réjouiras dans ton cœur quand quelqu’un t'injurie ou te persécute.

 

La troisième : c’est de t’efforcer, à la messe et au très Saint Sacrement de mon Fils, de manifester ton respect en écoutant la messe, au moins une fois chaque jour si tu peux. Et quand le Corps du Christ est porté en procession ou à des malades, tu t’y associeras avec respect. Si tu le peux, tu ne permettras pas qu’il y ait des corporaux sales dans les églises, mais tu travailleras à en donner et à les laver afin que tous les ornements d’autel, aussi bien les palles que les corporaux, soient propres. Car il plaît beaucoup à mon Fils et à moi de constater cette dévotion envers le Saint Sacrement chez les chrétiens. » Père Gabriel-Maria, ofm en 1513

 

La Liturgie « école de Vie Mariale »

I. Introduction

1. « Ave Maria » au début de l’office, une demande de notre Mère Sainte Jeanne. Pourquoi ? Me voici devant vous, invitée par Mère Roza, à vous partager quelques réflexions sur la louange divine dans la vie des Annonciades apostoliques ou contemplatives. Je prendrai comme point de départ, la demande explicite de Sainte Jeanne que l’on trouve au chapitre premier des Satuta Mariae, au n° 8 : « Au commencement des louanges divines, les sœurs disent l’Ave Maria, pour que la Vierge  leur obtienne de mettre elles-mêmes leur joie  dans la louange de Dieu et que Dieu aussi trouve lui-même sa joie dans leur louange. » Cette phrase peut appeler plusieurs interprétations, pour ma part, j’y ai vu une volonté de Sainte Jeanne à souligner le lien étroit qui unit la vie de la Vierge Marie et la louange divine, dans la liturgie de l’Eglise. Je vous propose donc de voir comment la liturgie est une école de vie Mariale.

2. La vie de la Vierge Marie et La Liturgie – un même Esprit, un même mouvement. Il est frappant de constater que le mouvement, l’Esprit qui anime la vie de la Vierge Marie est le même que celui requis par la Sainte Liturgie. Vous me direz, c’est évident ! Voyons de plus prêt comment la méditation de la vie de Marie nous permet de comprendre et de vivre la liturgie avec exactitude et bonheur, dans une attitude juste et fructueuse.

3. La Vierge Marie un modèle pour vivre la Liturgie de l’Eglise. Nous y découvrirons comment la Vierge Marie est modèle pour qui veut approfondir avec fruit cette vie de louange si chère à Sainte Jeanne.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:47

II. La Prière liturgique, une Annonciation au quotidien.

1. L’œuvre du Christ qui s’associe l’Eglise son Epouse. « Sacrosanctum concilium », la constitution de la sainte liturgie promulguée par le concile Vatican II nous dit au n° 7 :« …Pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Eglise, son Epouse bien-aimée, qui l’invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel. » Voilà donc qui nous donne une clef essentielle. L’Incarnation est d’abord l’œuvre de Dieu, à l’Annonciation c’est bien Dieu qui prend l’initiative de venir une fois de plus à la rencontre de son peuple ; ainsi la liturgie est l’œuvre du Christ, elle n’est pas notre propriété, le lieu et le théâtre  dont nous disposerions pour exprimer nos émotions ou nos idées. C’est d’abord la louange du Christ à son Père, à laquelle nous sommes associés.

2. « Et le Verbe s’est fait chair » Une phrase m’a toujours frappé dans le récit de l’Annonciation : « Et le Verbe s ‘est fait chair. » On ne nous dit pas : Marie donna la vie ou donna chair au fils de Dieu ! Non, c’est bien le Christ qui prend chair en Marie. Dans la liturgie célébrée en Eglise surtout dans l’Eucharistie mais pas uniquement, il nous est demandé de permettre au Verbe de Dieu d’investir notre vie, notre chair, notre être tout entier pour le conformer, pour l’informer, pour nous transmettre cette vie de Dieu qu’il porte en plénitude et faire de nous, comme pour Marie, au jour de l’Annonciation, un disciple. Il est à remarquer cependant que le fils de Dieu en s’incarnant à prit les traits de sa Mère ; quand il fait en nous sa demeure il ne nous fond pas dans un moule uniforme mais il donne à notre vie à notre être tout entier de se tourner vers sa plénitude de réaliser enfin notre vocation de fils de Dieu, et de faire grandir la vie même de Dieu reçu au Baptême.

3. Marie donne sa réponse Le dernier épisode du récit de l’Annonciation n’est pas le moins important. Il nous est dit : « Marie répondit… » Or la constitution pour la liturgie nous dit au n° 33 :  « Dans la liturgie, Dieu parle à son peuple ; le Christ annonce encore l’Evangile. Et le peuple répond à son dieu par les chants et la prière. » La réponse de Marie à l’Ange conditionne l’accomplissement du dessein de Dieu. La réponse que nous faisons à Dieu dans la louange divine conditionne la croissance de la vie de Dieu en nous et dans toute l’humanité. Ainsi par notre consentement Dieu investit notre humanité et la rend à sa vocation première : la louange du Dieu créateur. Par son ordonnance et sa pédagogie la liturgie nous forme et nous nourrit en nous introduisant dans le mystère.

III. Le Magnificat

1. Chanter les Louanges de Dieu Voyons maintenant les enseignements que nous donne le mystère de la Visitation. Marie accomplit pour sa cousine un service de charité que toute femme accomplit normalement pour une parente qui attend un enfant, et c’est au cœur du quotidien de cette vie domestique qu’éclate la louange du Seigneur, dans la bouche de Marie. Et c’est bien la louange de Dieu que chante Marie, non celle d’Elisabeth. Voilà encore une indication précieuse pour vivre nos liturgies ; il convient qu’elles soient divines : c’est à Dieu que revient la louange, c’est lui que nous célébrons et son action dans nos vies. Il convient de nous poser la question de la place de l’action de grâce dans nos vies et nos célébrations. Lors d’un événement heureux savons-nous le célébrer et en rendre grâce en communauté ?

2. Puiser au cœur de la tradition. Mais quand la Vierge Marie loue son Dieu, où va-t-elle puiser les mots de sa prière ? Dans la tradition biblique, dans les textes qu’elle entend et chante depuis son plus jeune âge. Nous savons que le Magnificat prend sa source dans le cantique d’Anne, la mère de Samuel. Ainsi Marie puise dans le trésor de l’Ecriture les mots de sa prière. Il doit en être de même pour nous. La liturgie des heures est constituée en grande partie de textes scripturaires  et il me semble important de ne pas faire d’impasse sur ces textes, de ne pas trop vite les remplacer par des paraphrases ou  des poèmes plus contemporains car ils sont depuis des siècles la voix et le chant de l’Epouse, le cri des hommes en détresse qui mettent leur espoir dans le Seigneur.

3. Quand l’Ecriture devient langue maternelle ! Marie prie dans sa langue maternelle, dans la langue de sa mère, dans la langue de son peuple, du peuple de Dieu. Et nous sommes invités à faire la même découverte. L’Ecriture doit être notre langue maternelle, elle est la langue de notre Mère l’Eglise. Il nous faut avec persévérance dire et redire ces textes les remâcher jusqu’à les savoir par cœur. Je me souviens du jour ou voulant formuler ma prière dans le silence, des versets de paumes me sont venus au cœur, je commençais à savoir prier dans la langue des mes pères dans la foi, ce fut pour moi une joie immense.

IV. La Nativité

1. Adorer le Dieu caché. Nous voici arrivé au mystère de la Nativité. J’y retiendrai d’abord l’attitude de Marie adorant son Dieu, ce Dieu caché sous les traits d’un enfant semblable aux autres enfants des hommes et pourtant Fils de Dieu. La Sainte Liturgie nous invite souvent à adorer le Seigneur caché dans les saintes espèces bien sûr mais aussi, et nous y pensons moins souvent, caché et présent dans son corps mystique, dans cette assemblée, cette communauté au milieu de laquelle je prie et chante. Nos assemblées éveillent-elles en nous ce respect et cette adoration dus au Seigneur, présent au milieu de son peuple ? Il est primordial, dans nos communautés assemblées pour la prière, de rechercher l’harmonie des voix mais aussi des cœurs, selon le veux de Sainte Jeanne, car alors elle sont vraiment le signe de Dieu qui par nature est Un. Nous ne pouvons célébrer dans le conflit et la désunion.

2. Une multitude d’Anges… Il nous est dit ensuite qu’une multitude d’Anges chantaient. Or le n° 8 de la constitution sur la Sainte Liturgie nous redit que : « Nous participons par un avant goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte citée de Jérusalem…avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire. » Au cœur de nos célébrations se trouve cette ouverture vers l’invisible vers cette éternité qui nous attend. Il est important que nos célébrations rendent présente cette dimension verticale de notre foi.

3. Où Dieu parle par son silence. L’Evangile de la Nativité nous donne l’occasion d’insister sur un aspect important qui souvent fait défaut dans nos célébrations, c‘est la place du silence. Que le Seigneur ne parle pas au jour de sa naissance nous semble assez normal mais il est plus frappant de constater qu’au sommet de sa vie, c’est à dire à l’heure de sa Passion, le Seigneur choisit encore le silence ; ce qu’il va vivre est au-delà des mots humains : il n’explique plus, il n’annonce plus, il accomplit. Le silence dans nos assemblées doit être un silence sacré, consacré à Dieu pour entendre résonner en nous ce que les mots humains ne peuvent dire. Nous pourrions encore parler de la Vierge méditant et retenant tous ces événements dans son cœur. Nous savons la place primordiale que donne sainte Jeanne à l’oraison et à l’office divin : elle en fait la condition de la pérennité de notre ordre. Un arbre ne peu vivre sans air et sans racines.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:46

V. Cana

1. La prière de Marie, modèle de la prière de l’Eglise. Cana est l’Evangile qui m’a le plus inspirée de réflexion, concernant la prière de louange. Et il me semble que nous pouvons regarder la prière de Marie à Cana comme le modèle de la prière de l’Eglise où sont unis les besoins des hommes, leurs souffrances, leurs peines et leur joies, leurs efforts et leurs péchés ; la louange de Dieu naît de cette intimité avec lui que nous donne en exemple la vie de la Vierge Marie.

2. Pauvreté et Foi. La Vierge Marie livre sa prière à son fils avec une pauvreté et une foi extraordinaire. Elle n’argumente pas pour savoir s’il est raisonnable de réclamer du vin alors que les gens ont déjà bien bu. Elle ne propose pas de solutions ou de savoir-faire à son Fils, elle n’use ni de charme, ni de l’autorité naturelle que lui confère son titre de Mère du Christ. Elle n’essaye pas de se faire persuasive. Non, elle constate un manque, une gêne et l’expose tout simplement à Jésus. Mais, après, elle se compromet beaucoup en engageant les serviteurs à accomplir les ordres du Seigneur. Elle pose là un acte de pure foi. A cette lumière, il nous est bon de revisiter peut-être les formes de nos prières de demande et notamment des prières d’intercessions ou des prières universelles. « Ils n’ont plus de vin », que de dépouillement  et de foi !

3. La prière exaucée qui nous ouvre sur l’immensité du dessein de Dieu. Et voilà que le Seigneur exauce la prière de sa mère. Et comme cette prière était large et soumise au désir de Dieu, Dieu l’exauce bien au-delà du besoin immédiat à satisfaire. C’est déjà, à l’horizon, l’annonce de cette Heure tant attendue de la Rédemption, de ce vin  de la nouvelle alliance, de ces noces de l’Agneau où sa fiancée s’est faite toute belle. C’est bien autre chose qu’un buffet campagnard !

4. Recevoir la prière de l’Eglise. Voilà qui nous invite à accueillir, avec foi, la prière que l’Eglise met sur nos lèvres. Au moment où je prie les psaumes de l’office, mon âme n’est pas forcément dans les dispositions du psalmiste. Pourquoi devrais-je chanter un psaume de pénitence alors que je suis dans la joie, et pourquoi m’obliger à chanter le psaume 150 alors que mon cœur est dans l’affliction. Et bien, parce que la constitution sur la liturgie nous dit au n° 84 :  « Lorsque cet admirable cantique de louange est accompli selon la règle, alors c’est vraiment la voix de l’Epouse elle-même qui s’adresse à son Epoux ; et mieux encore, c’est la prière du Christ que celui-ci, avec son Corps, présente au Père. » Voilà qui explicite cette merveilleuse union entre la prière de Marie se coulant dans la volonté de Dieu et le Christ qui, reprenant la prière de sa Mère, la porte jusqu’à l’immensité du désir de Dieu : La Rédemption, ce que le cœur de l’homme n’avait jamais imaginé.

5. « Faites tout ce qu’il vous dira » Cette invitation de la Vierge Marie peut s’appliquer à bien des situations dans nos vies, mais pour le sujet qui nous intéresse, j’y vois encore un enseignement. La Vierge dit :  « faites tout ce qu’il vous dira. » Or dans la liturgie, et surtout dans la liturgie Eucharistique, il s’agit bien de refaire ce que le Christ nous a demandé de faire : « Faites ceci en mémoire de moi » mais il faut aller plus loin. Un des principes de la liturgie est qu’il s’agit de faire ce que l’on dit et non de dire ce que l’on fait : je m’explique, Sacrosanctum concilium précise au n° 34 :  «  les rites manifesteront une noble simplicité, seront d’une brièveté remarquable et éviteront les répétitions inutiles ; …Il n’y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre. » Il est donc bon de veiller à ne pas remplir nos célébrations d’explications, de monitions qui les alourdissent. De même, il est important de toujours vérifier la cohérence de ce que l’on dit ou chante avec ce que l’on fait. Ainsi, on ne chante pas un Kyrie comme un alléluia, un chant de méditation n’aura pas la même forme qu’un chant d’envoi. On ne chante pas l’Exultet dans une Eglise inondée de lumière, et si l’on doit processionner, que l’on se déplace pour de bon.

6. l’Eglise Epouse associée à l’œuvre du Verbe. Ainsi l’Eglise qui se soumet avec bonheur à l’œuvre du Verbe voit des merveilles s’accomplir sous ses yeux. Sainte Jeanne avait un sens aigu de cette dimension quand elle recommandait à ses annonciades de suivre en tout l’Eglise romaine que se soit pour ses livres ou pour ses usages.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:45

VI. Stabat Mater

1. Où l’Eglise célèbre et chante debout ! La Mère était debout… Pourquoi insister sur ce détail ? La tradition y voit, là aussi, plusieurs significations. J’aime à croire que la Vierge Marie en vivant la Passion de son fils, debout, annonçait déjà sa Résurrection et cette humanité relevée, ce peuple de fils qui célèbre debout la mort et la résurrection de son Seigneur, qui proclame debout sa dignité de fils, de peuple racheté et saint. Et c’est pourquoi, la sainte liturgie nous fait célébrer debout une grande partie de la louange divine. En cela également les chrétiens se différencient des autres religions qui se prosternent et n’osent lever les yeux vers Dieu. Se tenir debout parce que Dieu nous a relevés et qu’il a fait de nous non plus ses serviteurs mais ses fils.

 

VII. Pentecôte

1. En Eglise avec Marie. « Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Eglise, qui est « le sacrement de l’unité », c’est à dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des évêques ». Voilà ce que nous enseigne Sacrosanctum concilium au n° 26. C’est l’image que nous livre l’Evangile au jour de la Pentecôte. Les disciples assidus à la prière avec Marie, la Mère de Jésus. Marie modèle du disciple qui est unie à l’Eglise. Mon attention est attirée par le mot assidu. Ce mot rejoint peut-être la recommandation de Sainte Jeanne qui désire que ses filles acquièrent la « science des sciences : savoir louer Dieu. » (S.M. 92). Les disciples aux premiers jours n’ont eu de cesse de méditer, d’approfondir la parole du Seigneur et de la célébrer dignement, il suffit de se reporter aux lettres de Saint Paul pour s’en convaincre. Dans la fidélité à cet enseignement, Sainte Jeanne réclame que l’on mette le plus grand soin à préparer les célébrations, à apprendre l’art du chant, elle ne supportait en cette matière aucune négligence. Il ne faut pas craindre d’investir du temps, de l’énergie et des compétences en ces matières. Mais me direz-vous, comment voulez-vous faire quand nous sommes peu nombreuses et avons peu de moyen. Je répondrai ceci : La qualité ne rime pas avec complexité, une musique de qualité n’est pas une musique difficile à exécuter, ce n’est pas non plus une  musique facile ou quelconque. En liturgie la musique et le chant sont toujours au service du texte ou du rite qu’ils accompagnent ; si ce n’est pas le cas, il vaut mieux les éviter. Ainsi, si l‘on a peu de moyens, on doit pouvoir s’adapter à l’assemblée qui célèbre sans sacrifier la justesse des rites, l’harmonie, en un mot la beauté. Tout ce qui touche au culte divin demande d’être authentique vrai et beau. Dans la vie de la Vierge Marie, tout est juste c’est à dire ajusté en toute chose, ni trop, ni trop peu, simple mais tourné intérieurement vers l’invisible.

 

VIII. Assomption

1. La prière liturgique : ouverture sur l’eschatologie, l’invisible et l’éternel. La Vierge Marie dans la plénitude de son être rejoint son Fils au jour de son Assomption. Elle nous précède et nous annonce ce qui est notre devenir, elle soutient notre espérance. Je reprends le n° 8 de Sacrosanctum concilium : « Dans la liturgie terrestre nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu, comme ministre du sanctuaire et du vrai tabernacle. Avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire ; en vénérant la mémoire des saints, nous espérons partager leur société ; nous attendons comme Sauveur notre Seigneur Jésus-Christ, jusqu’à ce que lui-même se manifeste, lui qui est notre vie, et alors nous serons manifestés avec lui dans la gloire. » La liturgie nous maintient dans cette vision d’espérance qui est notre vocation : la contemplation éternelle de Dieu et sa louange. Je crois qu’il ne faut pas avoir peur de l’exprimer, de la célébrer, et de maintenir dans nos célébrations cette dimension verticale, cette ouverture sur l’invisible ; invisible mais réel.

2. Les promesses sont accomplies. Ainsi, par la liturgie, nous affirmons que les promesses du Seigneur sont déjà accomplies. Le Christ est présent dans toutes les actions liturgiques de son Eglise. « Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Eglise, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Eglise ne peut atteindre efficacité au même titre et au même degré. » n° 7. L’humanité est réintégrée dans sa condition première et, mieux, elle est sauvée, rachetée et unie au Christ comme son Epouse bien-aimée.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:44

IX. Conclusion

1.  Ce que notre Mère Sainte Jeanne nous demande, en ce qui concerne la Louange divine, est-il prophétique ? Il est troublant de constater combien la pensée de Sainte Jeanne est en accord avec le concile Vatican II sur cette question de la louange divine. Pouvons-nous dire alors que Sainte Jeanne a eu une intuition prophétique ? Prophétique, certes, car elle annonce ce renouveau liturgique de l’Eglise concrétisé par le concile ; cependant, Sainte Jeanne ne se démarque pas des grands réformateurs d’ordre de son temps, au contraire elle s’y inscrit totalement évitant cependant les excès et les exagérations toujours possible dans ce genre de démarches. On voit donc fleurir au XVe et XVIe siècle un souci de célébrer les offices avec ponctualité mais ils exigent des religieux une plus grande intelligibilité du rituel liturgique. Certains réformateurs n’ont pas hésité à alléger l’office pour permettre aux moines de tirer meilleur profit, évitant les surcharges qui entravent la dévotion. Le peuple retrouve le goût d’assister à ces célébrations qui l’excite à la dévotion. Nous retrouvons, là, les instructions de Sainte Jeanne défendant à ses filles de chanter plus d’une messe par jour et de chanter l’office avec tant de ferveur et d’application afin que le peuple soit porté à dévotion.

2.   Rôle du Père Gabriel Maria. Il est sûr que Sainte Jeanne a été, en cette œuvre, grandement aidé par le Père Gabriel- Maria, très au fait des usages liturgiques et de la réforme de son ordre. De plus, il faut constater qu’à cette époque Rome est très influencée par l’Ordre de Saint-François jusqu’à en adopter le Missel et le bréviaire. Il en va de même pour le culte eucharistique est la dévotion à la Passion du Christ ou au Saint Nom de Jésus. La plupart des offices accordés à l’ordre séraphique sont rapidement étendus à l’Eglise universelle.

3. Actualité de la pensée de Sainte Jeanne. En conclusion. On est frappé par la modernité de l’intuition de Sainte Jeanne et en ce qui concerne la liturgie et la louange divine Elle nous introduit au cœur et à l’intelligence de cette mission sacrée. Alors me direz-vous : Sainte Jeanne s’adresse à des moniales, qu’en est-il de nos vies d’Annonciades Apostoliques ? Sur le fond, je ne pense pas qu’il y ait de différence, sauf en la forme sans aucun doute. Mais Sainte Jeanne décrivait la Louange divine comme le premier apostolat de ses Annonciades. Et votre Apostolat est avant tout Louange divine. Je reprends un passage de Sacrosanctum concilium au n° 10 : « La liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. Car les labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l’Eglise, participent au sacrifice et mangent la Cène du Seigneur. En revanche, la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des mystères de la Pâque à n’avoir plus qu ‘un seul cœur dans la piété ; elle prie pour qu’ils gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi ; et le renouvellement dans l’Eucharistie de l’Alliance du Seigneur avec les hommes attire et enflamme les fidèles à la charité pressante du Christ. C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Eglise. » Pourquoi donc Sainte Jeanne attachait –elle tant d’importance à la vie liturgique des ses Annonciades ? : ces quelques réflexions pourront peut-être nous éclairer . Peut-être aussi parce que la vie de la Vierge Marie n’a été qu’une grande liturgie, un espace entièrement consacré à célébrer les dons de Dieu, son amour, sa grandeur, sa tendresse. Marie n’a jamais détourné une parcelle de son existence pour son intérêt propre. Sa vie aussi simple et ordinaire, est une intense Liturgie, toute habitée de la présence de son Dieu. Et Marie, elle, est Louange.

Monastère de l’Annonciade Thiais, 25-28 juillet 2005

 

Née en 1464. Fille du roi de France, Louis XI. Après l’annulation de son mariage avec Louis XII, elle fonda l’ordre des Annonciades à Bourges (Cher, Berry, France), où elle mourut en 1505. Elle fut canonisée en 1949. Fête le 4 février.

 

Genèse de la Règle

Un jour nous dit la chronique de l'Annonciade, Jeanne dit au Père Gabriel Maria qu'elle se sent « contrainte » par Dieu et par sa Mère bénie de lui révéler le secret de son coeur. « Mon Père, par la grâce de mon Dieu et non par mes mérites, alors que je n'avais encore que cinq ans, un jour, comme j'étais à la messe, devant l'image de la Vierge Marie et du crucifix, une chose vint me frapper en mon coeur et me dit :       

« Avant ta mort, tu fonderas une religion de la Vierge Marie et se faisant, tu me feras un grand plaisir et un honneur à la très digne Mère de Dieu. »

Un jour elle priait la Vierge Marie afin « de connaître de quelle vie elle devrait vivre ainsi que les religieuses de son Ordre ». Elle entendit en elle-même cette parole :

« Fais écrire tout ce qui est écrit en l'Évangile que j'ai fait en ce monde, fais-en une Règle et trouve moyen de la faire approuver du Siège Apostolique. Sache que pour toi et pour tous ceux et celles qui voudront la garder  c'est la voie sûre d'accomplir le plaisir de Dieu. »

Elle confie alors au Père Gabriel Maria, franciscain, la rédaction du texte. Celui-ci va rechercher dans les Évangiles tous les passages où il est question de la Vierge Marie : Il trouva que les évangélistes ont seulement fait mention de dix vertus, à savoir :

 

Pureté,  Prudence,  Humilité,  Foi,  Louange,  Obéissance,  Pauvreté,  Patience  Charité,  Compassion

 

Ce n'est pas un code d'observances, mais plutôt l'expression d'une manière de vivre sous le regard de Dieu, à l'exemple de Marie. Ainsi, pour plaire à Dieu, les soeurs « n'auront à suivre que la Vierge Marie et sa vie rapportée au saint Évangile.»

 

Jeanne et les vertus évangéliques de Marie Pureté « Vivre au-dedans de soi-même d'un amour cordial, effectif pour Jésus seul » (Règle, 1) Dans son jardin Jeanne a fait ériger une grande et belle croix. Souvent, même la nuit, elle vient y prier. Combien de fois son jardinier, dont elle achète le silence par quelques gâteries, ne l’a-t-il pas surprise ! Seul, le Père Gabriel-Maria a pu pénétrer un peu le secret de cette vie entièrement cachée en Dieu: « Nul ne sait, dit-il, ce que je sais des vertus et perfections dont elle était remplie. Toute sa réflexion et tout son plaisir étaient de penser comment elle pourrait être agréable à Dieu et à sa digne Mère. C’était l'une des personnes qui a eu plus de sentiment de Dieu en ses oraisons qu'il y a longtemps qui fut vue sur terre, sans montrer ni signe ni semblant ».

        

Prudence « La sagesse et la prudence parfaites : savoir plaire à Dieu ». (Règle 2) Dans la vie courante, Jeanne fait preuve de sagesse et de prudence. « C’était une dame si prudente que jamais elle ne parla ni ne donna réponse sans avoir d’abord considéré si cela plaisait à Dieu et à la Vierge Marie et demandé leur aide et leur grâce pour bien le faire. Dans des affaires importantes on venait à elle pour recevoir conseil sachant que la sagesse divine reposait en elle » (Chr. 150).

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:42

Humilité  « Que les sœurs se comportent avec humilité, qu'elles obéissent avec simplicité. La Mère Ancelle, de son côté, doit aimer ses sœurs comme des filles très chères ». (Règle, 3) Jeanne aime la vie humble et simple de tous les jours. Elle aime aussi ses filles « comme si elles étaient ses propres enfants ». Quand elle vient les voir en leur monastère, elle s'assied « près de la cheminée, les regardant faire leurs humbles besognes et se réjouissant avec elles familièrement ». Elle cache aussi « les dons et les grâces que le Seigneur lui fait », les révélant que si elle y est contrainte par son confesseur, le Père Gabriel-Maria.

        

 

Foi  À l'exemple et à l’imitation de la Vierge : être ferme dans la foi ». (Règle 4) « Avant ta mort, tu fonderas ... »: Jeanne vivra de cette promesse pendant plus de trente ans avant de la voir se réaliser certaine que, « si c'est la volonté de Dieu et de sa bénie Mère, Ils l'aideront en cette affaire ». Jamais, par une initiative personnelle, elle ne devancera « l'Heure » qui se dévoilera au regard de sa foi, au moment de l'annulation de son mariage.

 

Louange « Par-dessus tout : apprendre l'art et la science de la louange divine et de l’oraison ». (Règle 5) Chaque jour, Jeanne participe à l'Office divin. Et l'Eucharistie est le noyau de sa vie spirituelle. Là, elle reçoit des grâces exceptionnelles, là elle prend toutes décisions importantes. « Sa dévotion particulière, rapporte la Chronique de l’Annonciade, était la dévotion au Très Saint Sacrement de l'autel. Tout son plaisir était de prier Dieu et d'avoir toujours Dieu en son cœur, sur ses lèvres et dans ses oeuvres. La science des sciences, disait-elle, c'est de savoir louer Dieu

 

Obéissance « Sans obéissance, la sœur ne peut concevoir le bien, ni enfanter et produire aucune bonne oeuvre ». (Règle 6) Pour Jeanne, les événements contraires sont comme des messagers annonçant une parole. Elle reconnaît Dieu sous l'écorce du moment présent. Ainsi, au moment de la fondation de son Ordre les difficultés ne manquent pas mais son obéissance à l'Église - représentée par le Père Gabriel-Maria - est sans faille. Quand elle lui confie son désir de fonder un Ordre en l'honneur de la Vierge Marie, le Père n’accède pas tout de suite à sa demande. Et, rapporte la Chronique, « entendant la réponse de son Père, la sainte Dame ne le contredit en rien et la chose en demeura là pendant deux ans ».

 

Pauvreté « Les sœurs doivent aimer et garder avec soin la perle évangélique de la pauvreté ». (Règle 7) Jeanne « avait assez de biens mais elle n'y avait pas son cœur ». Aussi distribuait-elle ses biens à tous ceux qu'elle savait dans l'indigence. « Soyez, disait-elle à ses filles, de vraies imitatrices de la pauvreté de Jésus et de sa très digne Mère ». C'est en contemplant Jésus pauvre dans sa crèche et surtout dans sa Passion que Jeanne a saisi le vrai sens de la pauvreté. Tous les ans, au soir du jeudi saint, elle commémorait la Cène du Seigneur « en lavant les pieds de treize pauvres et les pauvres, rapporte la Chronique, pleuraient en voyant l'humilité de la noble dame qui, le mystère achevé, leur servait elle-même un repas ».

        

Patience « Si Dieu tarde un peu à les exaucer ou à se laisser trouver par elles que les sœurs, alors, persévèrent à Le chercher. Qu'elles désirent souffrir quelques chose pour le Nom de Jésus ». (Règle 8) Jeanne recommandait « de faire mémoire de la mort et de la Passion de Notre Seigneur car c'est d'elles que procèdent tous les pardons que nous recevons et aussi d'être patients dans l'adversité et pacifiques envers le prochain ». Quand son mari le duc Louis d'Orléans est fait prisonnier, Jeanne « est remplie de douleur par son absence et aussi de patience et de bonté envers lui. Elle va le visiter et ne cesse de prier le roi Charles VIII, son frère, pour sa délivrance. Un soir, elle arrive à Nantes où réside la cour. Le logis lui est refusé.

Un capitaine de la garde, voyant sa grande patience, lui offre sa maison dont elle profite pour elle et ses domestiques sans quoi, poursuit la Chronique, il aurait fallu que la noble dame demeurât la nuit sur le pavé ! »

 

Charité « Tout ce qu'elles font sans amour, elles le perdent » (Règle 9) Pour tous, Jeanne « est la bonne duchesse, la mère des pauvres veuves et des orphelins, les aidant en leurs besoins et nécessités. Elle s’informe secrètement pour savoir où sont, dans Bourges, les pauvres gens qui, par honte, n'osent peut-être pas montrer leur indigence ... » « Soyez bonnes, dit-elle, à ses annonciades, aimez-vous les unes les autres. En vous voyant faire cela, on reconnaîtra que vous êtes filles du Prince de la Paix et le Saint - Esprit habitera en vous » Entre elle et le Père Gabriel-Maria circule une réelle amitié spirituelle. Jeanne le considère « comme un don de Marie, estimant en effet, qu'il l'aime en Marie et pour Marie, que la Vierge le lui a donné pour sa consolation spirituelle, pour son Ordre et pour l'aider ». C'est Marie leur trait de ressemblance. Par Elle, ils entrent en harmonie avec Celui qu'ils veulent servir, aimer : le Christ.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:38

Compassion « Cette vertu de la croix est la dixième et finale, en elle consiste la perfection des religieuses. Qu'elles soient conformes au Christ,  leur Epoux et à sa Mère». (Règle, 10) Jeanne, rapporte le Père Gabriel-Maria, demandait « la grâce d'être toujours blessée au cœur par la lance de l'Amour divin, afin qu'elle n'éprouve plus autre chose, si ce n'est les blessures du Christ ». Ces blessures, elle les a touchées dans chaque misère qu'elle a soulagée, y compris celles que la société de son temps rejetait. La Vierge l'a rendue proche de Dieu, proche de ses frères en humanité. C'était une femme heureuse. Elle avait, poursuit Gabriel-Maria, « la béatitude du cœur », c’est-à-dire la joie, celle qui procède de la vraie charité, du don de soi. C'est pourquoi, elle désirait que ses annonciades « portent aussi en elles ce feu de la charité qui doit briller dans leur cœur par un certain épanchement de joie sur le visage, par ce dégagement de cœur, cette ouverture d'esprit que la charité porte avec soi »

Monastère de l'Annonciade de Thiais.

 

MAGNIFICAT
Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom.
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles.
Il combe de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour.
De la promesse faite à nos pères en faveur d'Abraham et de sa race à jamais.
Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit, maintenant et à jamais dans les siècles des siècles

 

Consécration au cœur immaculé de Marie : Notre Dame de Fatima

O cœur immaculé de Marie, reine du ciel et de la terre, mère de miséricorde et refuge des pécheurs, pour répondre au désir que vous avez manifesté à Fatima, nous voulons nous consacrer aujourd'hui à votre Cœur Immaculé.

Nous vous consacrons tout ce que nous avons, tout ce que nous aimons et tout ce que nous sommes. A vous nos corps, nos cœurs et nos âmes; à vous nos foyers, notre pays et le genre humain tout entier. Nous vous consacrons tout ce qui est en nous et autour de nous.

Nous nous engageons, ô Cœur immaculé de Marie, à professer courageusement et en tout temps les vérités de notre sainte Foi. Nous nous engageons à observer les commandements de Dieu et de l'Eglise. Nous voulons comme vous garder la vertu de pureté. Nous voulons aussi réparer pour les péchés des hommes.

Régnez sur nous, o douce Reine. Que cette consécration de tout notre être fasse que toujours, dans les épreuves comme dans la prospérité, dans la douleur comme dans la joie, dans la maladie comme dans la santé, dans la vie et au moment de la  mort, nous soyons sous la protection constante de votre Cœur Immaculé. Ainsi soit-il.

Litanies de Sainte Jeanne de Valois (ou de France).

 Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)

Jésus-Christ, ayez pitié de nous. (bis)

Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)

Jésus-Christ, écoutez-nous. (bis)

Jésus-Christ, exaucez-nous. (bis)

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Vierge entre toute les Vierge, priez pour nous.

Sainte Jeanne qui cherchez d’abord le royaume de Dieu , priez pour nous.

Sainte Jeanne, lys fleurissant parmi les épines, priez pour nous.

Sainte Jeanne, miroir exemplaire des reines, priez pour nous.

Sainte Jeanne, fille du roi éternel, priez pour nous.

Sainte Jeanne, couverte de fleurs et de palmes, priez pour nous.

Sainte Jeanne, imitatrice très parfaite des vertus de Marie, priez pour nous.

Sainte Jeanne, noble conductrice des filles vers l’époux, priez pour nous.

Sainte Jeanne, dont la sainteté a été manifestée par de nombreux miracles, priez pour nous.

Sainte Jeanne, dont le cœur ne se trouvait pa en lui-même mais en Dieu, priez pour nous.

Sainte Jeanne, brûlée d’un amour très ardent envers le Saint-Sacrement, priez pour nous.

Sainte Jeanne, faisant fructifier abondamment la vigne du Seigneur, priez pour nous.

Sainte Jeanne, fleur céleste, priez pour nous.

Sainte Jeanne, arche de toute les vertus, priez pour nous.

Sainte Jeanne, citoyenne glorieuse du paradis, priez pour nous.

Sainte Jeanne, vase de dévotion, priez pour nous.

Sainte Jeanne, règle de perfection, priez pour nous.

Sainte Jeanne, fondue en l’amour de Dieu, priez pour nous.

Sainte Jeanne, très humble en prière, priez pour nous.

Sainte Jeanne, très sincère dans vos actions, priez pour nous.

Sainte Jeanne, ferme dans la mortification des sens, priez pour nous.

Sainte Jeanne, prudent dans le gouvernement des autres, priez pour nous.

Sainte Jeanne, obéissante et soumise, priez pour nous.

Sainte Jeanne, patiente dans l’adversité, priez pour nous.

Sainte Jeanne, admirable dans la piété, priez pour nous.

Sainte Jeanne, admirable dans la sainteté, priez pour nous.

Sainte Jeanne, toujours tendue vers le salut du prochain, priez pour nous.

Sainte Jeanne, très vigilante dans les œuvres de miséricordes, priez pour nous.

Sainte Jeanne, que la couronne de justice récompense dignement dans le ciel, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Seigneur ayez pitié de nous.

Priez pour nous, bienheureuse Jeanne. Secourez-nous maintenant et à l’heure de notre mort.

Réjouissez-vous, noble Jeanne, Vase d’or conservant la manne de la grâce des cieux.

Le Roi des cieux vous a aimée Et vous a préparé à votre front Le diadème de la gloire.

Antienne. Bienheureuse sainte Jeanne plus illustre par la qualité d’Epouse de Jésus-Christ que par le sang de rois dont vous descendez, vous avez été le sanctuaire de toutes les vertus et toujours chérie de votre Epoux. Vous avez prié pour le modèle de votre sainteté, la Mère. Faites par vos mérites, que nous persévérions dans l’accomplissement de ses volontés.

V/. Sainte Jeanne, priez pour nous. R/. Maintenant et à l’heure de notre mort.

ORAISON Dieu tout-puissant, qui par une providence particulière avez tiré votre servante la bienheureuse sainte Jeanne de la gloire du siècle pour lui faire éprouver dans la retraite toutes les douceurs de votre amour, et qui lui avez inspiré dès son enfance le dessein d’instituer un nouvel ordre spécialement consacré au service de Jésus-Christ notre sauveur et de la Vierge Marie sa mère, nous vous en supplions par ses mérites et par son intercession, de nous délivrer de toutes les infirmités de l’esprit et du corps, et de nous accorder la grâce de vous servir fidèlement dans le souvenir de la Croix, de la passion et des Cinq Plaies de Jésus-Christ, votre Fils qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:36

Un jour nous dit la chronique de l'Annonciade, Jeanne dit au Père Gabriel Maria qu'elle se sent « contrainte » par Dieu et par sa Mère bénie de lui révéler le secret de son coeur. « Mon Père, par la grâce de mon Dieu et non par mes mérites, alors que je n'avais encore que cinq ans, un jour, comme j'étais à la messe, devant l'image de la Vierge Marie et du crucifix, une chose vint me frapper en mon coeur et me dit :  

« Avant ta mort, tu fonderas une religion de la Vierge Marie et se faisant, tu me feras un grand plaisir et un honneur à la très digne Mère de Dieu. »

Un jour elle priait la Vierge Marie afin « de connaître de quelle vie elle devrait vivre ainsi que les religieuses de son Ordre ». Elle entendit en elle-même cette parole :

« Fais écrire tout ce qui est écrit en l'Évangile que j'ai fait en ce monde, fais-en une Règle et trouve moyen de la faire approuver du Siège Apostolique. Sache que pour toi et pour tous ceux et celles qui voudront la garder  c'est la voie sûre d'accomplir le plaisir de Dieu. »

Elle confie alors au Père Gabriel Maria, franciscain, la rédaction du texte. Celui-ci va rechercher dans les Évangiles tous les passages où il est question de la Vierge Marie : Il trouva que les évangélistes ont seulement fait mention de dix vertus, à savoir :

 

Pureté,  Prudence,  Humilité,  Foi,  Louange,  Obéissance,  Pauvreté,  Patience  Charité,  Compassion

 

Ce n'est pas un code d'observances, mais plutôt l'expression d'une manière de vivre sous le regard de Dieu, à l'exemple de Marie. Ainsi, pour plaire à Dieu, les soeurs « n'auront à suivre que la Vierge Marie et sa vie rapportée au saint Évangile.»

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