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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 22:10

La dévotion à Notre-Dame des sept douleurs, dont la poitrine est percée de sept glaives, remonte au XIV ème siècle. La chapelle est totalement reconstruite en 1893, sur un promontoire dominant toute la région du Mené. Une statue de la Vierge, en bois, datant de l’ancienne, chapelle, occupe le cœur de l’édifice

 

CHEMIN DE CROIX

 

Les missions sont l’occasion pour les paroissiens d’affirmer leur dévotion. A l’occasion de celle de 1867, les familles les plus aisées de St-Gouëno s’associent pour élever un chemin de croix qui joint l'église à la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, au sommet du tertre dominant le bourg. Un calvaire et quatorze croix de granit, gravées des noms des donateurs, jalonnent ce chemin

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 21:34

Stabat Mater dolorosa

Juxta Crucem lacrimosa

Dum pendebat Filius.

 

Debout, la Mère douloureuse

Serrait la Croix, la malheureuse,

Où son pauvre enfant pendait.

 

Cujus animam gementem,

Contristatam et dolentem,

Pertransivit gladius.

 

Et dans son âme gémissante,

Inconsolable, défaillante,

Un glaive aigu s'enfonçait.  

 

O quam tristis et afflicta

Fuit illa benedicta

Mater Unigeniti !

 

Ah ! qu'elle est triste et désolée,

La Mère entre toutes comblée !

Il était le Premier-Né !

        

Quae moerebat et dolebat

Pia Mater, dum videbat

Nati poenas inclyti.

 

Elle pleure, pleure, la Mère,

Pieusement qui considère

Son enfant assassiné.

 

Quis est homo qui non fleret,

Matrem Christi si videret

In tanto supplicio ?

 

Qui pourrait retenir ses pleurs

A voir la Mère du Seigneur

Endurer un tel Calvaire ?

        

 

Quis non posset contristari,

Christi Matrem contemplari

Dolentem cum Filio ?

 

Qui peut, sans se sentir contrit,

Regarder près de Jésus-Christ

Pleurer tristement sa Mère ?

 

Pro peccatis suae gentis,

Vidit Jesum in tormentis,

Et flagellis subditum.

 

Pour les péchés de sa nation,

Elle le voit, dans sa Passion,

Sous les cinglantes lanières.      

 

Vidit suum dulcem natum

Moriendo desolatum,

Dum emisit spiritum.

 

Elle voit son petit garçon

Qui meurt dans un grand abandon

Et remet son âme à son Père.

   

Eia Mater, fons amoris,

Me sentire vim doloris

Fac, ut tecum lugeam.

 

Pour que je pleure avec toi,

Mère, source d'amour, fais-moi

Ressentir ta peine amère !

          

Fac, ut ardeat cor meum

In amando Christum Deum,

Ut sibi complaceam.

 

Fais qu'en mon coeur brûle un grand feu,

L'amour de Jésus-Christ mon Dieu,

Pour que je puisse lui plaire !

   

Sancta Mater, istud agas,

Crucifixi fige plagas

Cordi meo valide.

 

Exauce-moi, ô sainte Mère,

Et plante les clous du Calvaire

Dans mon coeur, profondément !

          

Tui nati vulnerati,

Tam dignati pro me pati,

Poenas mecum divide.

 

Pour moi ton Fils, couvert de plaies,

A voulu tout souffrir ! Que j'aie

Une part de ses tourments !

  

Fac me tecum pie flere,

Crucifixo condolore,

Donec ego vixero.

 

Que je pleure en bon fils avec toi,

Que je souffre avec lui sur la Croix

Tant que durera ma vie !

      

 

Juxta Crucem tecum stare,

Et me tibi sociare

In planctu desidero.

 

Je veux contre la Croix rester

Debout près de toi, et pleurer

Ton fils en ta compagnie ! 

 

Virgo virginum proeclara,

Mihi jam non sis amara,

Fac me tecum plangere.

 

O Vierge, entre les vierges claire,

Pour moi ne sois plus si amère :

Fais que je pleure avec toi !

        

Fac, ut portem Christi mortem,

Passionis fac consortem,

Et plagas recolere.

 

Fais que me marque son supplice,

Qu'à sa Passion je compatisse,

Que je m'applique à sa Croix !

 

 

Fac me plagis vulnerari,

Fac me Cruce inebriari,

Et cruore Filii.

 

Fais que ses blessures me blessent,

Que je goûte à la Croix l'ivresse

Et le sang de ton enfant !

        

Flammis ne urar succensus,

Per te, Virgo, sim defensus

In die judicii.

 

Pour que j'échappe aux vives flammes,

Prends ma défense, ô notre Dame,

Au grand jour du jugement !

 

Christe, cum sit hinc exire,

Da per Matrem me venire

Ad palmam victoriae.

 

Jésus, quand il faudra partir,

Puisse ta Mère m'obtenir

La palme de la victoire.

        

Quando corpus morietur,

Fac, ut animae donetur

Paridisi gloria.

 

Et quand mon corps aura souffert,

Fais qu'à mon âme soit ouvert

Le beau paradis de gloire !

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 21:33

 

L'auteur présumé, mais probable, du Stabat Mater est un assez curieux personnage surtout connu pour cent deux petits poèmes en dialecte ombrien, rythmés comme des chansons, tour à tour doctrinaux, hagiographiques, liturgiques et mystiques, encore que les plus célèbres sont des satires terribles.

 

Jacome de' Benedetti, que nous connaissons généralement sous le nom de Jacopone de Todi, naquit, vers 1236, d'une bonne famille bourgeoise de Todi, dans la province ombrienne de Pérouse, où, après de solides études de droit à l'université de Bologne, il remplit avec succès les fonctions de procureur légal et notarial.

 

La tradition veut qu'il mena une vie frivole et bien peu chrétienne jusqu'à ce que sa jeune épouse, la belle Vanna di Bernardino di Guidone, issue de la famille des puissants comtes de Coldimezzo, mourût écrasée sous le plancher d'une salle de bal (1268). Veuf inconsolable qui avait trouvé un cilice sur le corps de sa femme, il resta dans le siècle où, après avoir distribué ses biens aux pauvres, il vécut en pénitent pendant dix ans. Incroyablement original, il se plaisait, par toutes sortes de farces grossières, à dénoncer les vanités du monde ; en même temps, il prêchait au petit peuple des campagnes pour l'éveiller aux merveilles de l'amour de Dieu : 0 Amour, Amour divin, Amour qui n'est pas aimé ! D'abord admis dans le Tiers-Ordre franciscain, il finit par être accepté comme frère convers par le gardien du couvent des Franciscains de San Fortunato, de Todi (1278), mais, malgré ses désirs, il dut, par obéissance, accepter l'ordination sacerdotale.

 

Lorsque le pape Boniface VIII revint, au profit des Franciscains conventuels, sur les privilèges que son prédécesseur, Célestin V, avait accordé aux Franciscains spirituels, Jacopone de Todi se lança dans la bataille avec toute l'ardeur que l'on imagine. Les Franciscains spirituels, rejetant tous les autres textes, fussent-ils pontificaux, entendaient rester fidèles à la première règle de saint François d'Assise et à son testament dans une intégrale pauvreté ; il étaient opposés à la vie conventuelle des villes au profit d'une vie érémitique dans la nature et rejetaient les études au profit de l'humilité : Paris a détruit Assise, écrivit Jacopone de Todi. En 1294, Célestin V sépara les Spirituels de l'Ordre franciscain et leur permit de former une congrégation nouvelle, appelée les pauvres ermites du pape Célestin, qu'il mit sous la protection du cardinal Napoléon Orsini et de l'abbé général des Célestins. Lorsque que Célestin eut abdiqué (1294), son successeur, Boniface VIII, abolit ses prescriptions et, les Spirituels, privés d'existence légale, entrèrent d'autant mieux en opposition avec le Pape que leur cardinal protecteur en était l'ennemi ; Jacopone de Todi signa le manifeste des cardinaux Colonna qui exigeaient la déposition de Boniface VIII dont ils contestaient la légitimité (10 mai 1297). Jacopone de Todi fit tant et si bien, par des vers fougueux et irrévérencieux, que Boniface VIII, l'ayant en son pouvoir après la prise de Palestrina, le fit enfermer dans un cachot et l'excommunia pour qu'il fût privé des sacrements (septembre 1298). Un jour, dit-on, que Boniface VIII visitant ses prisons lui demanda : Quand sortiras-tu de là ? Jacopone répondit : Quand tu me remplaceras ! Jacopone eut beau faire amende honorable dans des vers admirables d'humilité, il ne fut libéré qu'après la mort du terrible pontife (1303) ; il fut l'objet de la sollicitude des Clarisses de San Lorenzo a Collazzone, près de Todi, où il mourut saintement le jour de Noël 1306. Longtemps après, en 1433, son corps fut transporté au couvent des Franciscains de San Fortunato qui, en 1596, le placèrent dans leur crypte avec l'inscription suivante : Reliques du bienheureux Jacopone de Benedictis, de Todi, frère de l'ordre des Mineurs. Sa folie pour le Christ fut une ruse inédite pour piper le monde et ravir le ciel.

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 21:31

Méditations

 

Voyez ce qu'ajoutait à ses plaies, dans la Passion de Jésus, la compassion de sa Mère. Il la voyait, le cœur tout broyé, les mains serrées par la douleur, les yeux ruisselants de larmes, le visage crispé, la voix plaintive, mais tout le corps dressé, virile et debout auprés de son gilbet. Je la devine, la tête voilée sans doute, tant sa modestie demeurait virginale, tant sa douleur passait toute mesure. Que de gémissements dut-elle pousser, pleurant son Fils et répétant : « Jésus, mon Fils Jésus, qui me donnera de mourir avec toi et pour toi, mon Fils, mon très doux Jésus ? » Que de fois dut-elle lever respectueusement les yeux vers ces blessures sauvages, si même elle put les en détourner un instant, ou si, du moins, à travers le flot de ses larmes, elle pouvait encore les contempler !

 

Comment croire qu’elle eût pu ne pas défaillir de l’immensité de la douleur imposée à son cœur, alors que je demeure stupéfait qu'elle n’en ait pas reçu la mort ? Vivante, elle partage sa mort, la vie faisant peser sur elle une douleur plus cruelle que la mort.

 

« Regardez et voyez s'il y a douleur pareille à  ma douleur ? » Ecoutons cette lamentation de Marie, la Vierge Mère. Contemplons cette douleur poignante et nous le verrons : il n'est pas de douleur pareille à sa douleur, si ce n'est la douleur de ce Fils où la sienne se modèle ; puisque, ô surprise à peine croyable, c'est une vraie compassion qui l’étreint, et que les mots d’une langue humaine ne sauraient exprimer. Car faisant rejaillir sur soi les douleurs, les blessures, les outrages de son Fils, elle les subissait dans sa propre personne, ressentant ce qui se trouvait dans le Christ Jésus. En son âme, debout près du Christ, elle partageait son martyre ; blessée de sa blessure, crucifiée au crucifix, percée du même glaive. Car son âme fut transpercée par le glaive de la passion du Christ.

 

Saint Bonaventure

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 21:23

 

On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du XI° siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (+1072), de saint Anselme (+ 1109), d’Eadmer de Cantorbéry (+ 1124), de saint Bernard (+ 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix.[1]

Saint Anselme[2] écrit : Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que vous n'auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l'esprit de vie de votre aimable Fils, pour lequel vous souffriez de si grands tourments, ne vous avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie.

 

La Compassion de la Vierge au pied de la Croix alimenta la piété des fidèles jusqu'au XV° siècle et l'on connaît bien des morceaux composés sur ce thème, qui n'ont rien perdu de leur fraîcheur, quoique la plupart soient bien oubliés, puisque la dévotion privée ne s'alimente plus de prières latines. Jacopone de Todi nous a laissé le chef d'œuvre du genre dans le Stabat Mater, poème de l'amour qui souffre sans désespérer, du contrit qui s'attache au Christ et à Marie, et qui goûte la joie surnaturelle retrouvée par son union aux douleurs du Fils et de la Mère. La messe de Notre-Dame des  douleurs comprend ce poème de compassion.

Les XIII° et XIV° siècles ne contemplent que la douleur de Marie au pied de la Croix, comme en témoignent les écrits franciscains[3] de saint Bonaventure ou de saint Bernardin de Sienne (1380-1444), et les écrits dominicains de Jean Tauler (1294-1361)du bienheureux Henri Suso (1295-1366) ou de saint Antonin (1389-1459) ; c’est encore l’objet unique de l’office de la Compassion de la bienheureuse Vierge Marie instituée par le concile de Cologne (1423), comme de celui que les Annonciades4 célébraient, au début du XV° siècle, le lundi de la semaine de la Passion. A cette époque, le culte de Marie sous le titre de Mater Dolorosa prend une extension considérable, singulièrement dans les Flandres où abondent les livres liturgiques, les monuments d’art religieux et les opuscules de piété.

 

Il faut attendre le XIV° siècle pour que l'on parle communément des sept douleurs (sept glaives) de la Vierge : la prophétie du vieillard Siméon, le massacre des Innocents et la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple de Jérusalem, l'arrestation et les jugements du Christ, la mise en croix et la mort du Christ, la déposition de la croix et la mise au tombeau.

 

Au cours des temps, comme elle l’avait déjà fait pour ses joies, la piété populaire étendit la compassion de la Vierge à toute sa vie, mais il est assez difficile d'en suivre l'évolution. Peut-être a-t-on commencé à opposer aux cinq joies de la Vierge ses cinq douleurs : la prophétie de Siméon, la perte de Notre-Seigneur à Jérusalem, l'arrestation, la Passion et la mort du Christ. Rapidement, le nombre augmenta : on a des séries de dix, de quinze, voire de cent cinquante[5]. Le nombre sept allait bientôt l'emporter, sans doute en rapport avec la célébration des sept joies de la Mère de Dieu que les fondateurs de l’Ordre des Servites[6] célébraient chaque samedi et que saint Louis d’Anjou, franciscain et archevêque de Toulouse[7] (+ 1297) offrait après les Complies. Signalons quelques schémas.

 

Les sept heures sont une méditation des peines de la Vierge pendant la Passion : à matines, l'arrestation et les moqueries ; à prime, la comparution devant Pilate ; à tierce, la condamnation ; à sexte, la mise en croix ; à none, la mort ; à vêpres, la descente de croix ; à complies, la mise au tombeau.

 

Les sept glaives s'étendent à toute la vie de la Vierge : le premier glaive est la prophétie de Siméon à qui la métaphore est empruntée (Vois, cet enfant est fait pour la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en but à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l'âme, afin que se révèlent les pensées de bien des cœurs) ; le second glaive est le massacre des Innocents ; le troisième, la perte de Jésus à Jérusalem ; le quatrième, l'arrestation et les jugements du Christ ; le cinquième, la mise en croix entre deux larrons et la mort ; le sixième, la déposition de croix ; le septième, la mise au tombeau.

 

Les sept tristesses de la Vierge forment une série un peu différente : la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple, son arrestation et sa condamnation, sa mise en croix et sa mort, sa descente de croix, enfin la tristesse de la Vierge restant sur la terre après l'Ascension.

 

Le chiffre de sept, si aimé des symbolistes chrétiens, imposait un choix parmi les épisodes de la vie de la Vierge et l'on s'explique assez les fluctuations des auteurs ; la série suivante finit par l'emporter : la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus à Jérusalem, la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire, le crucifiement, la descente de croix, la mise au tombeau.

 

Ces sept douleurs furent pour la première fois exprimées d’une façon formelle, par Jean de Coudenberghe, doyen de Saint-Gilles d’Abbenbroeck, curé de Saint-Pierre-Saint-Paul de Reimerswal, et de Saint-Sauveur de Bruges : pendant la guerre civile qui suivit la mort de Marie d’Autriche, duchesse de Bourgogne[8], il fit placer dans ses églises une image de la Vierge avec une inscription mentionnant ses sept douleurs, pour qu’on la vénérât en lui demandant la cessation des fléaux. Là, en 1492, il se forma une confrérie de Notre-Dame des Sept Douleurs, favorisée par le duc de Bourgogne, Philippe le Beau[9], dont le confesseur, le dominicain Michel François de Lille, avait composé un ouvrage sur les douleurs de Marie (1495) ; cette confrérie qui célébrait la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs le dimanche dans l’octave de l’Ascension, fut approuvée par le pape Alexandre VI Borgia (1495). C’est encore à cette confrérie, dans un livre de miracles (1510), que l’on doit la première représentation de la Vierge avec les sept glaives. En action de grâce pour les miracles on établit une fête à Delft (1° octobre) et à Bruges (13 novembre) où Marguerite d’Autriche[10] fonda un couvent en l’honneur de Notre-Dame des sept douleurs.

 

Les artistes devaient bientôt choisir et traiter avec prédilection le plus douloureux épisode de la vie de la Vierge, quand le corps de son fils, détaché de la croix, est déposé sur ses genoux. Les Pieta, et les Mater Dolorosa abondent et si certains artistes modernes ont eu plus de virtuosité, ils n'ont jamais atteint à ce degré d'émotion ; assez souvent, avec une audace que les Primitifs peuvent seuls se permettre, les sculpteurs ont ramené le corps du Christ aux proportions de celui d'un enfant, pour montrer que, de la Crèche au Crucifiement, nous célébrons un profond et même mystère. A la Vierge, soutenue par saint Jean, personnage central des mises au tombeau monumentales, les artistes ont su donner une expression de douleur calme, bien loin du conventionnel.

 

La dévotion ne fit que croître. Saint Ignace de Loyola avait un culte particulier à l’image connue sous le nom de Notre-Dame du Cœur ; de 1603 à 1881, sans compter les traités, les panégyrique et les méditations, les Jésuites ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux douleurs de Marie. En 1617, Antoinette d’Orléans[11], aidée par le P. Joseph, fonda les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire (les Filles du Calvaire).

 

La fête de la Compassion, de Notre-Dame des Douleurs ou de Notre-Dame de Pitié, ou encore de la Transfixion[12] de Notre-Dame, est instituée au concile de Cologne (1423) contre les Hussites[13] qui désolent les églises et détruisent les saintes images et fixée au vendredi après le dimanche de la Passion : afin d’honorer l’angoisse et la douleur qu’éprouva Marie lorsque, les bras étendus sur l’autel de la Croix, notre Rédempteur Jésus-Christ s’immola pour nous et recommanda cette Mère bénie à saint Jean (...) surtout afin que soit réprimée la perfidie des impies hérétiques Hussites. Cette fête est célébrée pour la première fois à Bruges en 1494, puis ailleurs ; elle entre en France par Paris, Angers et Poitiers. et Benoît XIII l'étendit à toute l'Eglise latine (22 avril 1727) elle a été inscrite au martyrologe par Sixte IV (1471-1484).

Après avoir été fixée à des dates différentes (on l'a connue en France au 17 mars, au lundi de la Passion et à la veille des Rameaux), elle est définitivement marquée au vendredi de la première semaine de la Passion, avec le titre des Sept Douleurs. Benoît XIII l’étend à toute l'Eglise latine (22 avril 1727).

 

La fête de Notre-Dame des douleurs qui a subsisté dans la liturgie postérieure à Vatican II, vient des Servites qui l'obtinrent de Clément IX. Depuis 1668 l’Ordre des Servites commémorait les Sept Douleurs au troisième dimanche de septembre, ce qu’Innocent XI leur confirma comme un privilège propre. Adoptée par le Saint-Empire (1672) elle fut enrichie d'indulgences pour les fidèles par Clément XI (1704). Rendu à la liberté, Pie VII étendit cette fête à l'Eglise universelle (18 septembre 1814) ; lors de la réforme du bréviaire Pie X la fixa au jour octave de la Nativité de Notre-Dame, le 15 septembre (1908). Dans le calendrier festif de Paul VI, la première fête, celle du vendredi après le dimanche de la Passion, la plus ancienne, disparut, mais l’on conserva la seconde, celle du 15 septembre[14].

 

D'aucuns auraient bien voulu profiter des bouleversements que nous savons pour rejeter la Mater Dolorosa, sous prétexte que saint Ambroise affirme : Je lis qu'elle se tenait debout, je ne lis pas qu'elle pleurât. L'objection n'est pas nouvelle et Benoît XIV y répondait déjà, au milieu du XVIII° siècle : Plusieurs autres écrivains ne craignent point de la dépeindre arrosée de pleurs. Les larmes et les sanglots ne sont point toujours l'indice d'un courage abattu. Les larmes de Jésus sur Jérusalem, devant le tombeau de Lazare ou à l’Agonie, seraient-elles le signe de la faiblesse du Rédempteur ? Au siècle précédent, le franciscain Ambroise Saxius soulignait : Qu'on admette le premiers mouvements de la nature, quelques gémissements modérés et quelques larmes : l'amour ne souffre aucune atteinte, et la magnanimité conserve toute son énergie ; saint Antonin avait dit qu'elle se tenait debout, pleurant sans doute et noyée dans la douleur, mais calme, modeste, pleine d'un réserve virginale.

 

[1] Ce passage de l’évangile de saint Jean (XIX 25-27) a été retenu pour la messe mais l’on peut aujourd’hui le remplacer par la prophétie du vieillard Siméon : « Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. » (évangile selon saint Luc II 33-35)

 

[2] Saint Anselme : De l'exercice de la Vierge, I 5.

 

[3] Les Franciscains de Terre Sainte font faire de nuit, aux pèlerins de Jérusalem, une rapide excursion (la maison de Pilate, la pierre où Marie s’évanouit, le Calvaire et le Sépulcre) qui est à la base du Chemin de Croix (voir au Vendredi Saint).

 

[4] Ordre fondé à Bourges par sainte Jeanne de France au début du XV° siècle : voir au 4 février.

 

[5] Le bienheureux Alain de La Roche (+ 1475) à qui est due en grande partie la dévotion du Rosaire, n’en compte en effet pas moins de cent cinquante.

 

[6] Les saints fondateurs de l’Ordre des Servites : voir au 17 février.

 

[7] Saint Louis d’Anjou : voir au 19 août.

 

[8] Fille unique de Charles le Téméraire et d’Isabelle de Bourbon, née à Bruxelles en 1457, morte à Bruges en 1482, d’une chute de cheval. En 1477, pour conserver l’héritage de son père, menacé par Louis XI qui encourageait la révolte de ses sujets, elle épousa l’archiduc Maximilien d’Autriche (fils de l’empereur Frédéric III). Les Etats de Bourgogne passèrent ainsi à la Maison d’Autriche. Du mariage de Marie de Bourgogne et de Maximlien de Habsbourg (devenu empereur en 1493) naquit Philippe le Beau qui épousa Jeanne la Folle, fille de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle la Catholique, d’où naquit Charles Quint (1500-1558).

 

[9]Fils de Marie de Bourgogne et de Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche et roi de Castille, né en 1478, mort en 1506. Il épousa Jeanne la Folle dont lui naquit le futur Charles Quint.

 

[10] Fille de Marie de Bourgogne et de Maximilien de Habsbourg, née en 1480, morte en 1530. D’abord fiancée à Louis XI, elle épousa Jean (fils de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle la Catholique) qui mourut aussitôt (1493) ; elle se maria avec Philippe II le Beau, duc de Savoie (1501) qui mourut trois ans plus tard et à qui elle fit élever un magnifique mausolée à Broue. Son père lui donna le gouvernement des Pays-Bas (1506) où elle fit merveille.

 

[11] Antoinette d’Orléans, fille de Léonor d’Orléans, duc de Longueville, et de Marie de Bourbon, duchesse d’Estouville, née au château de Trie en 1572, morte à Poitiers en 1618. Veuve de Charles de Gondi, marquis de Belle-Isle (1596), elle entre au monastère des Feuillantines de Toulouse où elle reçoit l'habit de novice (1599) et fait profession (1601) sous le nom de Sœur Antoinette de Sainte-Scholastique ; elle est élue prieure (1604). Henri IV l'en tire (bref du pape de1605) pour entreprendre la réforme de l'ordre de Fontevraud et être coadjutrice de l'abbesse de Fontevraud, Éléonore de Bourbon, sa tante, avec future succession. Elle y entre à Fontevraud mais ne veut prendre que la charge de grande-vicaire. Une bulle lui commande d'accepter et d'exercer la coadjuterie du gouvernement et de l'administration de l'Ordre avec future succession à la charge et à la dignité d'abbesse (1607). Après la mort de l'abbesse (1611) elle refuse de lui succéder et se retire au prieuré de Lencloître, tout en conservant la coadjuterie de Fontevraud. Le pape PauI V l'autorise à se séparer de Fontevraud (1617) et à fonder à Poitiers une nouvelle congrégation, nommée du Calvaire, ordre de Saint-Benoît, où elle entre (1617) et où elle meurt (25 avril 1618). Elle est inhumée aux Feuillantines de Toulouse ; en 1792, sa dépouille est transportée à l’église Saint-Nicolas puis, en 1818, chez les Bénédictines du Saint-Sacrement d’où elle est déposée au Calvaire de Machecoul.

 

[12] Transfixion : du latin transfigere qui signifie transpercer. En français, cela signifie traverser d’un seul coup.

 

[13] Les Hussites, disciples de l’hérétique Jean Hus qui fut brûlé au concile de Constance (6 juillet 1415), se divisaient en deux groupes principaux : les calixtins ou utraquistes qui réclamaient la communion sous les deux espèces, et les taborites qui rejetaient la doctrine du Purgatoire et le culte des saints. Jean Hus professait que l'Eglise est un corps mystique dont Jésus-Christ est le chef et dont les justes et les prédestinés sont les membres exclusifs. Les pécheurs et les réprouvés n'en font point partie. Les justes ne peuvent être séparés de l'Église et l'excommunication ne prévaut pas contre eux. Enfin, quand il n'y aurait ni pape ni évêques, l'Eglise n'en subsisterait pas moins par ses élus. Ces prémisses posées, Hus en venait au problème de l'autorité civile et ecclésiastique que le péché mortel annule. Quand, par le péché, cette autorité est perdue, la révolte des fidèles est licite. Car, en réalité, seul le Christ a le droit de lier ou de délier ; seul il a le pouvoir d'absoudre, la responsabilité de l'autorité ecclésiastique se limitant à entériner le pardon. L'Écriture enfin est l'unique règle de foi et de conduite. Tout ce qui n’est pas strictement dans l'Ecriture est condamnable et ne mérite ni respect ni obéissance.

[14] A Paris, c'est la fête de la confrérie Notre-Dame de la Compassion, érigée par Léon XIII, le 23 août 1897, pour la conversion de l'Angleterre, dans l'église Saint-Sulpice.

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 22:55

(On peut réciter cette prière neuf fois de suite, pour obtenir une grâce particulière.)

 

O la plus désolée de toutes les mères; quel glaive terrible a pénétré votre âme !

Tous les coups qui attaquaient Jésus sont tombés sur vous ;

toutes ses douleurs vous ont abattue; toutes ses plaies vous ont déchirée ;

mais surtout le dernier adieu qu'il vous adressa rouvrit toutes vos blessures ;

et quand vous lui vîtes rendre le dernier soupir,

quelle force surnaturelle vint donc soutenir votre âme ?

O Mère d'amour et de douleur faites que j'aime et que je souffre à votre exemple !

Reine des martyrs, donnez-moi part à votre martyre. 

L'amour vous a donné la croix, faites que la croix me donne l'amour ;

et si pour aimer, il faut souffrir et mourir, obtenez-moi cette grâce que j'aime tout ce qui me vient de Dieu, jusqu'à la souffrance et la mort.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 22:46

Origine du Chapelet des sept douleurs : Ce chapelet a été institué par les sept bienheureux Fondateurs de l’Ordre des Serviteurs de Marie. En 1229, le soir du Vendredi saint, la Vierge leur est apparue, leur demandant de fonder un nouvel ordre religieux particulièrement destiné à honorer ses douleurs. Ce chapelet a été expressément demandé par Marie à Kibeho, lors des apparitions de 1981.

 

Offrande du chapelet :

Seigneur Jésus, je Vous offre ce chapelet des douleurs pour votre plus grande gloire, en l’honneur de votre Sainte Mère. Je vais méditer et partager sa souffrance. Je vous en supplie, par les larmes que Vous avez versées à ce moment-là, donnez-nous, à moi et à tous les pécheurs, le repentir de nos fautes.

A moi pêcheurs, obtenez, ainsi qu’à tous les pécheurs, la contrition parfaite de nos péchés. (3 fois)

Acte de contrition. Ce chapelet comprend sept septaines dont chacune comprend un Pater et sept Ave qu’on récite en méditant chacune des sept douleurs de Marie. A la place du Gloire au Père : « Mère comblée de Miséricorde, gardez présentes à nos coeurs, les souffrances de Jésus dans sa passion »

 

Ennoncé des sept douleurs :

1.     L'annonce par Siméon : « Un glaive percera ton cœur » lors de la Purification (Luc 2,25-35) La prophétie du saint vieillard Syméon : « Vois ! cet enfant (…) doit être un signe de contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l’âme ! » (Luc,2 ,34-35)

2.     La fuite en Egypte (Mt 2,13-15) « Lange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et fuis en Egypte. » (Mt2,13)

3. La perte de Jésus au temple (Luc 2,41-52) « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fais cela ? Vois ! ton père et moi-même nous te cherchions, angoissés » (Lc 2 , 48)

4.     La rencontre de Jésus portant sa Croix (Luc 23,27) « Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha… » (Mc 15, 22)

5. Marie debout au pied de la croix (Jn 19,25-27) Le crucifiement et la mort de Jésus « Près de la Croix de Jésus, se tenait, debout sa Mère… » (Jn 19, 25)

6.     Le coup de lance et la descente de Croix (Jn 19,38-40) : « L’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt, il en sortit du Sang et de l’Eau (…) Joseph d’Arimathie, (…) demanda à Pilate l’autorisation d’enlever le Corps de Jésus.’ (Jn 19, 34, 38)

7.     Ensevelissement - Désolation de Notre-Dame (Jn 19,41-42) – La sépulture de Jésus : « A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et dans ce jardin, un tombeau neuf (…) C’est là qu’ils déposèrent Jésus » (Jn 19, 41, 42)

A la fin du chapelet pour honorer ses larmes, on ajoute : 3 Notre Père et 3 Je vous salue Marie.

Extrait de ce chapelet est tiré d'un livre de prière de Don Pasqualino Fusco : « Pour se défendre du Malin» Edition de l’Archistratège.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 22:43

Elle se trouve dans l'église de Costa, cette statue élevée dans la nef, à gauche, au-dessus d'un pilier, dans une niche vitrée.

Elle fut offerte par mon ancêtre, a signora Anna, à la paroisse, en remerciement d'une action de grâce.

Marie est blessée par sept glaives qui s'enfoncent dans sa poitrine et forment autour d'elle une sinistre auréole !

Elle lève vers le ciel un regard suppliant et plein de confiance.

C'est Notre-Dame des sept douleurs ! Cette représentation émouvante nous rappelle les souffrances de Marie, l'une des nôtres, une femme de notre terre ; elle a donné la vie à Jésus et elle a connu la douleur incomparable de voir son fils mourir suspendu à la Croix.

 

- La première douleur, qui annonce toutes les autres, est la prophétie de Siméon dans le temple de Jérusalem.

- la deuxième : La fuite en Egypte

- la troisième : La disparition de l'Enfant Jésus

- la quatrième Le portement de Croix

- la cinquième : La crucifixion

- La sixième : La déposition de Croix

- la septième La mise au tombeau.

 

On fête Notre Dame des Douleurs le 15 septembre, le lendemain de la fête de la sainte croix, ce qui est normal, puisque la plus grande douleur de Marie fut de voir son fils sur la croix.

Chez nous, toutes les femmes portent le prénom de Marie.

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LETTRE APOSTOLIQUE SUR LE SENS CHRETIEN DE LA SOUFFRANCE HUMAINE Maria Santissima Addolorata

 

En expliquant la valeur salvifique de la souffrance, l’Apôtre Paul écrit : « Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps qui est l’Eglise ». « Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous » La joie vient de la découverte du sens de la souffrance…

- La souffrance semble appartenir à la transcendance de l’homme. C’est un des points sur lesquels l’homme est en un sens « destiné » à se dépasser lui même et  il y est appelé de façon mystérieuse

- Puisque l’homme marche d’une façon ou d’une autre sur le chemin de la souffrance, l’Eglise devrait en tout temps rencontrer l’homme précisément sur ce chemin. L’Eglise, qui naît du mystère de la Rédemption dans la Croix du Christ, a le devoir de rechercher la rencontre avec l’homme d’une façon particulière sur le chemin de sa souffrance.

- La souffrance humaine inspire la compassion, elle inspire également le respect et, à sa manière, elle intimide. Car elle porte en elle la grandeur d’un mystère spécifique. Ce respect particulier pour toute souffrance humaine (…) provient du besoin le plus profond du coeur comme aussi de l’impératif profond de la foi. C’est deux motifs semblent se rapprocher particulièrement l’un et l’autre et s’unir autour de ce thème de la souffrance : le besoin du coeur nous ordonne de vaincre la timidité et l’impératif de la foi – formulé par exemple dans les paroles de saint Paul citées au début - indique les motivations au nom et en vertu desquelles nous osons toucher ce qui semble si inaccessible en chaque homme ; car l’homme dans sa souffrance reste un mystère inaccessible.

- On a constaté que dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche intérieurement l’homme du Christ, une grâce spéciale. C’est à elle que bien des saints doivent leur profonde conversion, tels saint François d’Assise, saint Ignace de Loyola, etc… C’est pourquoi l’Eglise voit dans tous les frères et soeurs souffrants du Christ comme un sujet multiple de sa force surnaturelle.

Que de fois les pasteurs de l’Eglise on recours à eux, précisément parce qu’ils cherchent près d’eux aide et soutien ! L’Evangile de la souffrance est écrit sans cesse et il s’exprime dans cet étrange paradoxe : les sources de la force divine jaillissent vraiment au coeur de la faiblesse humaine. Ceux qui participent aux souffrances du Christ conservent dans leurs propres souffrances une parcelle tout à fait particulière du trésor infini de la Rédemption du monde et ils peuvent partager ce trésor avec les autres. Plus l’homme est menacé par le péché, plus sont lourdes les structures du péché que le monde actuel porte en lui-même et plus est éloquente la souffrance humaine en elle même.

Avec Marie, Mère du Christ qui se tenait au pied de la Croix, nous nous arrêtons près de toutes les croix des hommes d’aujourd’hui.

 

 JEAN PAUL II Association Bannières 2000 – Le livre 2 des Bannières p. 146

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