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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 12:09


X Par ailleurs, si quelqu'un pour une faute criminelle avait, selon l'usage, été condamné à mort par le roi, comment la très sainte reine mourait de douleur dans la crainte que le coupable désigné ne mourût sous le glaive, et comment elle se dénierait par l'intermédiaire des fidèles de sa maison, des serviteurs, des grands, qui serait assez éloquent pour l'exprimer ?

 

Grâce à leurs flatteries elle apaisait l'esprit du prince jusqu'à ce que de la même bouche qui dans la colère d u roi avait porté la sentence de mort, sortît la parole de salut. 

 

XI 

 

Celle qui s'adonnait donc à ces saintes actions, la clémence divine l'éleva si haut, quand elle était encore laïque au palais, que des miracles, par la largesse de Dieu, furent manifestés en sa faveur.

 

Ainsi dans la villa de Péronne, tandis que la très sainte se promenait dans le jardin après déjeuner, des prisonniers enfermés pour leurs crimes réclamaient son secours en poussant des cris de leur prison.

 

Elle demande ce que c'était ; les serviteurs mentent en disant qu'il s'agissait d'une foule de mendiants qui réclamaient l'aumône.

 

Radegonde, le croyant, fait parvenir ce dont leur indigence avait besoin.

 

Pendant ce temps, ceux qui étaient entravés sont réduits au silence par un juge.

 

Mais, la nuit venue, pendant que la sainte récitait en privé l'office, leurs liens brisés, libérés de la prison, les détenus se précipitent auprès d'elle.

 

À cette nouvelle, ceux qui ont menti à la sainte se virent accusés, tandis que ceux qui avaient été accusés furent libérés de leurs chaînes. 

 

XII 

 

Et puisqu'il arrive en quelque occasion, avec l'aide de Dieu, qu'un malheur conduise au salut, afin que Radegonde pût mener une vie plus religieuse, voici que [son] frère est massacré bien qu'innocent.

 

Envoyée par le roi, s'en venant auprès de saint Médard à Noyon, elle le supplie instamment de la consacrer à Dieu, après qu'elle a changé de vêtement.

 

Mais saint Médard, se souvenant de la parole de l'Apôtre : « Si une femme est liée à un époux, qu'elle ne cherche pas à s'en détacher », atermoyait pour ne pas donner à la reine l'habit monastique.

 

En outre les grands troublaient le saint homme et l'arrachaient violemment de l'autel pour l'entraîner dans la basilique afin qu'il ne donnât pas le voile à l'épouse du roi et qu'en vérité un évêque ne se montrât pas coupable d'avoir l'audace de soustraire au prince une reine non illégitime mais légitime.

 

Ce que voyant, la très sainte entre dans la sacristie, est revêtue du vêtement de moniale, puis, s'avançant vers l'autel, elle s'adresse en ces termes au très bienheureux Médard et lui dit :

 

« Si tu devais remettre à plus tard ma consécration et craindre davantage un homme que Dieu, de ta main le Pasteur pourrait demander compte pour l'âme de la brebis. »

 

Et l'évêque, ébranlé par le tonnerre de cette adjuration, la consacra diaconesse par l'imposition des mains. 

 

XIII 

 

Aussitôt, se dépouillant du noble vêtement sous lequel, aux jours de grandes fêtes, au milieu de la pompe qui lui faisait cortège, la reine avait coutume de s'avancer, elle le dépose sur l'autel, ainsi que la pourpre et les ornements couverts de pierreries.

 

Elle charge de tant de dons la table de la divine gloire pour l'honorer.

 

Sa pesante ceinture d'or, elle la brise et la donne à l’œuvre des pauvres.

 

De même l'heureuse reine, gagnant la celle de saint Jumer, un jour où elle avait revêtu ses parures, compose de ses chemises, de ses manchettes, de ses coiffes, de ses fibules, toutes choses ornées tout autour d'or et de pierreries, ce que j'appellerais d'un terme barbare un stapio, elle le remet au saint autel pour lui servir à l'avenir.

 

De là, s'avançant jusqu'à la celle du vénérable Dadon, un jour où elle aurait dû se distinguer dans le siècle par ses ornements, tout ce qu'elle avait pu revêtir, cette femme le donna au monastère, après avoir fait à l'abbé le présent d'un riche cens.

 

Elle se rendit également au refuge de saint Gondulphe, qui devint après elle évêque de Metz, et ennoblit cette communauté par un non moindre effort. 

 

XIV 

 

De là, poussée par une heureuse navigation jusqu'à Tours, quel supplément d'éloquence pourrait dire combien elle s'y montra serviable et généreuse ?

 

Et tout ce qu'elle fit en parcourant les aîtres, les églises, la basilique de saint Martin, pleurant, jamais rassasiée de larmes, se couchant sur tous les seuils ?

 

La messe dite, elle dispose sur le saint autel les vêtements et la parure sous laquelle pour un genre de vie plus éclatant elle avait coutume de se présenter au Palais.

 

De là, comme la servante du Seigneur était parvenue à la bourgade de Candes, où le glorieux Martin, sénateur très intime du Christ, quitta le siècle, elle fit des dons non moins importants, ne cessant de croître dans la grâce du Seigneur. 

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Radegonde
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