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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 14:41

Sainte Colette de Corbie

 

1381-1447, Réformatrice du premier et du second ordre franciscain.

 

La vie et l'œuvre de sainte Colette se situent en une période extrêmement troublée : guerre de Cent ans compliquée de rivalités sanglantes entre grands féodaux de France, schisme d'Occident divisant en deux - un moment même en trois - la chrétienté.

 

Dans l'ordre franciscain, les dissensions - nées déjà du vivant de saint François - entre les partisans de la règle stricte et ceux qui voulaient des mitigations,avaient abouti au triomphe de ces derniers.

 

En ce qui concerne la branche féminine notamment, le droit de posséder des revenus communs, accordé en 1259 par Alexandre IV au monastère de Longchamp, près de Paris, avait entamé sérieusement le « privilège de pauvreté ».

 

Lorsque, en 1263, de ce monastère royal - il avait été fondé par Isabelle de France, sœur de Louis IX - Urbain IV étendit la règle mitigée à tous les couvents de clarisses, seules quelques rares communautés obtinrent de garder la stricte observance primitive.

 

L'autorisation de posséder, certaines tolérances au sujet de la clôture avaient amené, dès le XIVe siècle, chez ces « urbanistes », ferventes aux premiers temps, des abus qui conduisaient à la tiédeur. C'est en cet état de choses que réside toute l'explication de la mission de sainte Colette.

 

La vocation

 

Colette Boylet ou Boëllet naquit à Corbie le 13 janvier 1381, de parents très âgés, qui attribuèrent cette naissance presque miraculeuse à l'intercession de saint Nicolas souvent imploré par eux dans ce but, d'où le prénom de l'enfant « Nicolette », devenu familièrement Colette.

 

Son père, Robert Boylet, charpentier de l'abbaye bénédictine de Corbie, était un homme pieux et surtout très charitable.

 

Sa mère, Marguerite Moyon, avait une dévotion spéciale à la Passion et en entretenait fréquemment sa fille. Elle se confessait et communiait chaque semaine, chose extraordinaire pour l'époque.

 

Rien d'étonnant à ce que la fillette fût d'une piété précoce. Ce qui l'est d'avantage, c'est qu'on la vit mener dès l'âge de quatre ans une vie de prière continuelle, faire à sept ans une heure d'oraison quotidienne, assister clandestinement aux matines chantées par les bénédictins. Elle reçut à neuf ans - comme elle le dira plus tard - pleine et entière révélation de l'esprit de l'ordre franciscain et de la nécessité d'une réforme.

 

Des faits merveilleux marquèrent déjà ses jeunes années : guérison immédiate de sa jambe blessée profondément d'un coup de hache ; croissance subite de sa taille, qui, de très petite, s'éleva bien au-dessus de la moyenne ; perte soudaine de l'éclat de son teint, qui, à son grand déplaisir, attirait sur elle les regards.

 

En 1399, ses parents moururent à quelques mois d'intervalle. Peu avant son décès, Robert Boylet avait confié la jeune fille à Dom Raoul de Roye, abbé du monastère de Corbie. Celui-ci présenta d'abord à sa pupille plusieurs projets de mariage. Colette finit par le persuader que telle n'était pas sa vocation et obtint l'autorisation de se dépouiller de tous ses biens en faveur des pauvres. Vers ce même moment, elle rencontra le Père Jean Bassand, premier prieur des Célestins d'Amiens, qui, tout en approuvant son désir de perpétuelle virginité, ne put l'orienter vers une forme précise de vie religieuse.

 

Alors commença pour Colette une série d'essais malheureux dans diverses institutions : béguinage de Corbie, où elle ne demeura qu'un an ; couvent des bénédictines en la même localité, d'où saint François d'Assise lui sembla un jour l'écarter ; monastère des clarisses urbanistes de Moncel, près de Pont-Sainte-Maxence, où elle se présenta comme servante, se jugeant indigne d'y être reçue comme religieuse. Ici encore, la vie trop facile, trop assurée par la possession de richesses, ne put combler ses aspirations. Colette revint à Corbie ; mais ses concitoyens, autrefois ses admirateurs, n'avaient plus que mépris pour celle qu'ils considéraient comme une instable ; l'abbé, son tuteur, commençait à s'impatienter des « caprices » de sa pupille.

 

Dans cet isolement moral - le Père Bassand était parti pour Rome - la Providence mit sur son chemin un autre conseiller, le Père Jean Pinet, gardien du couvent de Hesdin, fervent religieux de saint François, intensément désireux de faire revivre l'observance primitive de l'ordre. Comprenant qu'aucun des monastères, plus ou moins relâchés, de l'époque ne pouvait lui convenir, il proposa à Colette de vivre en recluse sous la règle du tiers ordre franciscain.

 

L'abbé Raoul de Roye tarda longtemps à donner son consentement. Vaincu enfin par les instances de Colette (17 septembre 1402), il lui fit construire un reclusoir attenant à l'église paroissiale Notre-Dame. La jeune fille y fut emmurée après avoir fait vœu de réclusion perpétuelle. Deux amies, Guillemette Chrétien et Jacquette Legrand, assurèrent son entretien et la recluse commença une vie d'oraison et de travail, de pénitence et de charité aussi à l'égard des nombreux visiteurs qui venaient solliciter ses conseils et ses prières. Elle croyait avoir enfin trouvé sa voie.

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Colette
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