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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 14:33

La thaumaturge et la sainte

 

On se demande comment la réformatrice vint à bout d'une œuvre de telle envergure, au milieu de difficultés multiples, diverses, sans cesses renaissantes. Si elle en triompha, c'est qu'elle fut en tout secondée par Dieu d'une manière souvent extraordinaire. On a déjà relevé ces interventions divines dans son enfance, sa jeunesse et les premiers temps de sa réforme. Il serait impossible d'en faire une mention exhaustive. Il suffit de rappeler les nombreux miracles favorisant les fondations : réception - à Auxonne, à Hesdin, notamment - d'une somme de cinq cents écus d'or... d'origine céleste ; découverte d'eau potable à Poligny, au Puy, à Hesdin, en des endroits où, avant la prière de la sainte, on ne repérait aucune nappe aquifère ; les miracles subvenant aux besoins matériels des monastères : la provision de blé des clarisses d'Auxonne ne diminue pas proportionnellement au partage qu'elles en font avec les frères de Dôle ; en un temps de disette, un inconnu vêtu de blanc apporte un sac de pains en un couvent de colettines du Languedoc ; un tonneau de vin qu'une sœur a laissé se vider par distraction se remplit à la prière de Colette ; par le même moyen, à Auxonne, une pièce d'étoffe trop courte s'accroît pour permettre d'y tailler un ample manteau, et le même fait se reproduit à Hesdin. Des miracles encore sauvent du danger Colette ou ceux qui l'invoquent, même de son vivant : rivières torrentueuses heureusement traversées, voleurs mis en fuite, armes empêchées de nuire... Les guérisons opérées sur des personnes de ses communautés ou du dehors sont innombrables et le procès de canonisation a retenu cinq cas de résurrection.

 

On resterait volontiers sceptique devant la profusion de faits miraculeux attribués à sainte Colette. N'y aurait-il pas là seulement une collection de thèmes hagiographiques ? Il faut remarquer toutefois - outre la bonne foi des biographes - la correspondance totale de la réformatrice aux desseins de Dieu, correspondance bien faite pour lui attirer les faveurs extraordinaires nécessaires pour accréditer et promouvoir sa mission.

 

La piété de Colette, remarquable dès sa tendre enfance, ne fit que s'accroître et la conduisit à un tel degré d'union à Dieu que les extases devinrent continuelles. Elles la saisissaient non seulement pendant la messe, durant son oraison, mais au cours de ses voyages même. Elles duraient souvent plusieurs jours, tel le ravissement qui la surprit après l'entrée au monastère de Besançon et qui ne cessa qu'après quinze jours, sur l'ordre du Père Henri de Baume.

 

Autour de cette vie intensément mystique, malgré l'action, gravitent tous les phénomènes paramystiques habituels : lévitation, effluves odoriférants émanant non seulement de la personne de Colette, mais de ce qu'elle touche, connaissance des consciences, de l'état des âmes du purgatoire, dons de clairvoyance et de prophétie.

 

Colette était d'une pureté exquise et son amour pour cette vertu se manifestait dans son penchant irrésistible pour les âmes pures, les vierges d'abord, à qui, seules, elle avait pensé, au début, ouvrir ses monastères, pour les petits enfants aussi et même pour les animaux dont l'apparence symbolise la pureté, comme les tourterelles ou les agneaux.

 

Son attrait pour la pénitence la portait à des rigueurs extrêmes, mortifications et jeûnes surtout, accrus en temps de Carême ou lorsque les intérêts de Dieu demandaient un redoublement de ferveur.

 

La pauvreté totale, dont le désir fut à la base même de sa réforme, elle la pratiqua dans toutes ses exigences tant dans le vêtement que dans la nourriture, dans le logement ou dans l'usage des choses nécessaires à sa vie ou à sa piété. Une exemple entre une foule d'autres : si elle voulait de beaux livres pour le culte et en faisait venir de régions éloignées, jamais elle n'en gardait aucun, tant soit peu précieux, pour son usage personnel.

 

Son humilité était réelle et profonde. Ayant eu connaissance d'un manuscrit rédigé à son sujet par le Père Henri de Baume, elle ordonna qu'il fût jeté au feu. Elle souffrait de toute marque d'honneur, particulièrement du titre de mère et d'abbesse, dont elle acceptait cependant tout le fardeau ; elle lui préférait, comme le rapporte Sœur Perrine, celui de « petite et humble ancelle... de Notre-Seigneur ».

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Colette
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