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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 22:13

Le puits et le terrain jadis occupé par la maison de sainte Geneviève étaient renfermés naguère dans une chapelle dont il n'existe plus aujourd'hui que les murs de clôture ; et cependant, malgré le malheur des temps, ce lieu est toujours l'objet de la vénération du peuple chrétien.

 

On voit près de l'emplacement de la maison, à gauche et en descendant quelques marches, une espèce de souterrain ou de cave où la Sainte se retirait pour prier avec plus de recueillement. La piété des fidèles avait, de temps immémorial, consacré cet endroit par l'érection d'un autel qui fut détruit vers la fin du XVIe  siècle, et était complètement abandonné depuis 1582, lorsqu'on 1642 le zèle des chrétiens y réédifia un nouvel autel où l'on célébrait les saints mystères, et au pied duquel la foule des pèlerins venait encore, avant la première révolution, prier Dieu au même endroit où sainte Geneviève l'avait si souvent invoqué. Les troubles politiques firent abandonner cette pieuse pratique ; bientôt l'autel disparut, et l'oratoire ne tarda pas à devenir une cave de marchand de vin.

 

Monsieur le curé de Nanterre, qui vient de soustraire à des mains profanes ces lieux pleins de pieux souvenirs, ne possède en ce moment que la moitié de cette cave, qui est coupée en deux par le mur d'une maison voisine, dont l'acquisition pourrait compléter tout à la fois l'autre partie du précieux souterrain, et les propriétés de sainte Geneviève de ce côté-là. Cette cave, ainsi que le puits, a subi les envahissements du terrain, et sa voûte demi ogivale est fort basse[1].

 

Selon quelques auteurs, le mont Valérien, devenu célèbre dans la guerre de la France contre la Prusse, en 1870-71, devrait son nom au père de sainte Geneviève, qui se serait appelé Sévère-Valérien, et auquel le mont aurait appartenu en toute propriété.

 

Sur le flanc de cette montagne on montre encore le Clos de Sainte-Geneviève : une source coule auprès et porte aussi le nom de Fontaine de Sainte-Geneviève. C'est là, disent ceux qui croient que sainte Geneviève a été bergère, qu'elle venait se désaltérer et faire boire son troupeau. A l'époque où, sur la hauteur du mont Valérien, existait un calvaire à la place des formidables ou­vrages de guerre qu'on y a élevés, les fidèles qui s'y rendaient le jour de la fête de l'Exaltation de la sainte Croix, le 14 septembre, allaient y boire par dévotion. A l'endroit traversé aujourd'hui par la route de Nanterre à Chatou, se trouvait le Parc de Sainte-Geneviève. Il ne reste plus aucun vestige de l'enclos qui enfermait ce parc, non plus que de la chapelle qu'on y avait construite.

 

Lorsque sainte Geneviève se rendit de Paris à Troyes et Arcis-sur-Aube, pour acheter des vivres, elle s'arrêta, d'après la tradition, entre ces deux villes, dans un pays appelé la Chapelle-Vallon. On voit dans cette dernière localité un monument d'une haute antiquité, dédié à la bonne sainte Geneviève, restauré, en 1842, par les habitants.

 

Des ex-voto, que l'on voit encore de nos jours à Saint-Méry et à Saint-Etienne du Mont, de Paris, attestent le célèbre miracle des ardents. La mémoire de ce fait miraculeux fut conservée à travers les âges par une fête qui se célébrait autrefois le 26 novembre, en l'église Sainte-Gene­viève la Petite, dans la cité de Paris : cette église avait été érigée sur l'emplacement de la maison où la Vierge de Nanterre avait exhalé son dernier soupir.

 

La crypte de l'ancienne basilique de Sainte-Geneviève, dont la tour, seul débris qui en reste, fait aujourd'hui partie des constructions d'un lycée, renfermait les tombeaux de Clovis et de sainte Clotilde ; mais le plus célèbre des monuments abrités par ce sanctuaire était celui de la patronne de Paris, cette tombe, précieuse pour un chrétien, nous a été conservée. M. l'abbé Amable des Voisins, mort évêque nommé de Saint-Flour, obtint, lors de la suppression de la vieille église de Sainte-Geneviève, de faire transporter dans celle de Saint-Etienne du Mont, dont il était curé, cette pierre qui avait contenu le corps de sainte Geneviève pendant un si grand nombre d'années. La sainte relique de la Vierge de Nanterre fut rendue à la vénération publique le S novembre 1803.

 

Ce qui attire principalement les chrétiens à Saint-Etienne du Mont, c'est, nous l'avons déjà dit, la chapelle où se trouve le tombeau de sainte Geneviève, décoré en style gothique flamboyant et dont les dessins ont été fournis, en 1846, par le célèbre Père Martin, jésuite.

 

Sainte Geneviève est spécialement honorée à Thieulloy-l'Abbaye, à La Mirande, à Hédauville, à Assainvillers. Il y a pèlerinage dans ces deux dernières localités où on l'invoque contre les fièvres inflammatoires. Elle est la patronne de Flaucourt, de Framerville et de Guémicourt. Une chapelle lui est dédiée près d'Equancourt. On conserve des reliques de la Sainte à la cathédrale, aux Louvencourt et aux Ursulines d'Amiens, à Liancourt-Fosse, à Tilloy-les-Conty (dans une châsse).



[1] M. Ch. Barthélémy, IV Annales hagiol.

 

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Geneviève
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