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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 22:15

Un procès-verbal, dressé le 31 décembre 1821, qui se trouve dans la châsse de l'église de Verneuil, et dont nous devons une copie à l'obligeance de M. l'abbé Loin, curé de cette paroisse (lettre du 2 octobre 1871), nous apprend qu'antérieurement à la persécution de 1793, ladite église de Verneuil possédait une châsse de cuivre doré renfermant des cheveux de sainte Geneviève ; que cette châsse avait été enlevée, en septembre 1793, par un détachement de l'armée révolutionnaire ; que le nommé Jean-Baptiste Dufour, de Verneuil, concierge du district à Senlis, avait — en reconnaissance du mariage de son fils, béni à Verneuil — donné à l'église dudit Verneuil, entre autres reliques tombées en sa possession, un os de sainte Geneviève paraissant être détaché d'une phalange inférieure du doigt, portant 22 lignes de long sur 4 lignes de largeur moyenne. Cet os provenait d'un reliquaire exposé à la vénération des fidèles en l'église de Sainte-Geneviève de Senlis, église qui se trouvait dans une rue portait le nom de la Sainte.

 

Lorsqu'un décret de Louis XVIII, rendu en décembre 1821, restitua au culte de sainte Geneviève le Panthéon de Paris, les habitants de Verneuil résolurent d'offrir à cette dernière une partie de la précieuse relique qu'ils possédaient : on coupa donc l'os en deux parties, dont l'une resta à Verneuil et l'autre fut envoyée à Paris.

 

Jean-Baptiste Dufour, qui était, pendant la tourmente révolutionnaire, devenu propriétaire des dépouilles d'un grand nombre d'églises du district de Senlis, donna, en outre, à l'église de Verneuil, un bras de saint Just, martyr ; un os de saint Colomb ; deux ossements de saint Justin, martyr ; un ossement de saint Libère, martyr, et d'autres reliques sans désignation.

 

Une autre paroisse du diocèse de Beauvais — Gouvieux — a obtenu de Rome, vers 1866, quelques parcelles des reliques de sainte Geneviève.

 

On vénère encore des reliques de sainte Geneviève à La Ferté-sous-Jouarre et à Dians, diocèse de Meaux.

 

Nous avons dit que Clovis avait bâti l'église Saint-Pierre, où fut inhumée sainte Geneviève ; voici à quelle occasion :

 

La reine Clotilde avait fait promettre au roi, au moment où il allait commencer la guerre contre Alaric, qui régnait sur les Visigoths, dans le midi de la Gaule, de consacrer une magnifique église au service de Dieu, si ses armes étaient victorieuses. Revenu à Paris, après la défaite d'Alaric, le roi exécuta sa promesse et jeta, vers l'an 508, les fondements d'une basilique (église de fondation royale) en l'honneur des saints apôtres Pierre et Paul, sur le haut de la montagne du palais des Thermes, au milieu des vignobles qui en couvraient les flancs. Arrivé sur le terrain désigné, il avait lancé sa hache droit devant lui, afin qu'on pût un jour mesurer la force de son bras à la longueur de l'édifice. Clovis mourut en 511, sans avoir vu terminer l'église ; mais la reine Clotilde la fit achever et déposa dans le sanctuaire les restes de Clovis. Clotilde, morte en 543, fut ensevelie à côté du roi.

 

L'église Sainte-Geneviève fut démolie en 1807, et la rue Clovis percée sur son emplacement. Dès le milieu du siècle dernier, l'église menaçant ruine, on sentit la nécessité d'en construire une nouvelle dans un lieu peu éloigné ; mais les chanoines, ne pouvant suffire à cette dépense, Louis XV y affecta, à partir du 1er mars 1755, une partie du produit des loteries, et chargea Soufllot, son architecte, de dresser le plan de la nouvelle église ; le roi en posa le première pierre le 6 septembre 1764. En 1791, l'édifice, inachevé, reçut le nom de Panthéon et fut consacré à la sépulture des hommes illustres ; on sait de quelle illustration !

 

Le 20 février 1806, un décret impérial ordonna qu'il serait terminé et dédié, comme église, pour la sépulture des personnages célèbres. Rendu exclusivement au culte en 1821, et destiné de nouveau, en 1830, à recevoir les restes des grands hommes, il est enfin redevenu, en 1852, l'église Sainte-Geneviève. Depuis 1852, l'église de Sainte-Geneviève est desservie par une communauté de prêtres composée, d'un doyen et de plusieurs chapelains.

Le chapitre de Sainte-Geneviève était fort riche et ne relevait que du Pape ; il avait toute juri­diction sur ses terres ; Bon doyen, qualifié d'abbé, avait le droit de porter, dans les cérémonies, les ornements pontificaux, c'est-à-dire la mitre, la crosse et l'anneau pastoral. Il y eut plusieurs réformes. En 1634, on décida que l'abbé serait nommé tous les trois ans ; on forma en même temps une congrégation générale, d'après les nouveaux règlements de Sainte-Geneviève, dont cette abbaye fut le chef-lieu, et les chanoines Génovéfains reçurent le nom de Chanoines réguliers de la Con­grégation de France. L'Ordre de Sainte-Geneviève comptait plus de neuf cents maisons en France, et nommait à plus de cinq cents cures, entre autres, à celle de Saint-Etienne du Mont.

L'église anciennement appelée Sainte-Geneviève la Petite, et qui prit ensuite le nom de Sainte-Geneviève des Ardents, à la suite du miracle raconté par le P. Giry, était auprès de la cathédrale et de la maison où la Sainte était morte. On l'a démolie en 1747, pour bâtir l'hôpital des Enfants-Trouvés[1].

            Entre les vierges qui s'attachèrent à sainte Geneviève, on nomme sainte Aude et sainte Céline,
toutes deux nées dans les environs de Meaux : aussi, dans la Brie, le nom de Céline est-il fréquem­
ment donné aux jeunes filles.   

Au xviiie siècle, marchant sur les traces des premières compagnes de la Vierge de Nanterre, s'établirent les Filles de Sainte-Geneviève, plus connues sous le nom de Miramiones, du nom de leur fondatrice, Marie Bonneau, veuve de M. Beauharnais de Miramion, conseiller au parlement.

Disons un mot du puits, du souterrain et de la maison de sainte Geneviève, à Nanterre.

On montre encore à Nanterre un puits que le double témoignage de la tradition et de l'histoire assure être celui dont il est parlé dans la vie de sainte Geneviève, et avec l'eau duquel elle guérit sa mère aveugle depuis vingt et un mois. Il est doublement consacré par les larmes que sainte Geneviève répandit sur sa margelle, et par le signe de la croix qu'elle fit sur ses eaux, dont les effets se font encore sentir de nos jours pour tous les maux de la vue et les ardeurs de la fièvre. IL était voisin et dépendant de la maison, du jardin, et de quelques autres petites possessions des parents de la Sainte, à l'usage desquels il servait exclusivement.



[1] Notice historique sur la paroisse Saint-Etienne du Mont, par M. l'abbé Faudet, docteur eu théologie, curé de Saint-Etienne du Mont, et M. E. de Mas-Latrie.

 

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Geneviève
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