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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 22:20

CULTE ET RELIQUES.

 

Son corps fut inhumé dans le caveau, ou chapelle souterraine, que le grand saint Denis avait autrefois consacré en l'honneur des bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul, et sur lequel Clovis avait déjà commencé, à son instance, un superbe édifice, achevé depuis par sainte Clotilde. Sainte Geneviève avait légué en mourant, à la basilique des saints apôtres Pierre et Paul, bâtie par Clovis, les propriétés que ses parents possédaient à Nanterre, et, dès ce moment, sa maison appartint aux prêtres de cette église, dans laquelle sainte Geneviève, qui en avait donné l'idée, voulut être enterrée. C'était un lieu qu'elle avait souvent arrosé de ses larmes et d'où son esprit avait été plusieurs fois enlevé dans les cieux, pour y entendre ces secrets dont il n'est pas permis aux hommes de parler. Il s'y fit aussitôt une infinité de miracles. On y alluma une lampe dont l'huile ne se consumait point, quoiqu'elle brûlât toujours et qu'on prit continuellement de cette huile pour servir à la guérison des malades. Des aveugles y reçurent la vue ; des muets, l'usage de la langue ; des possédés, leur délivrance ; des personnes tourmentées par la fièvre, une prompte et parfaite santé. Une femme, reprise de ce qu'elle travaillait le jour de la Nativité de Notre-Dame, avait répondu impudemment que la Vierge était une pauvre femme comme elle, qui gagnait sa vie du travail de ses mains ; en punition de ce blasphème, ses doigts s'étaient si fort attachés au peigne avec lequel elle cardait la laine, qu'on ne pouvait les en séparer ; elle fut guérie en priant auprès de ce sépulcre. Cela fît que cette église ajouta bientôt à son premier titre des bienheureux Apôtres, celui de sainte Geneviève, et que dans la suite des temps on ne l'a presque plus reconnue que sous le nom de cette Sainte.

 

Dieu a fait encore, depuis, d'autres merveilles fort remarquables pour honorer son mérite. Un jour, la Seine étant étrangement débordée et ayant rempli toutes les églises et les maisons jusqu'à la hauteur des premiers étages, on trouva le lit sur lequel elle avait rendu son bienheureux esprit, et que l'on conservait dans un monastère de filles, tout environné d'eau comme d'un mur, sans qu'il en pût être inondé, ni même mouillé. Puis le débordement cessa, et la rivière rentra soudainement dans son premier état.

 

Du temps de Louis VI, dit le Gros, il s'éleva dans Paris une cruelle maladie que les médecins nomment feu sacré. On croit que ce feu sacré était un érysipèle gangreneux et épidémique. Plusieurs personnes en mouraient sans qu'on y pût apporter de remède. Cela obligea le clergé et le peuple d'avoir recours à sainte Geneviève, dans l'espérance que, par les mérites de sa pureté incomparable, elle apaiserait la colère de Dieu, justement irrité contre leurs débauches et leurs sensualités. Il fut donc arrêté, à l'instance d'Etienne Ier, pour lors évêque de ce siège, que la châsse où reposaient ses saintes dépouilles serait solennellement apportée de son église en celle de Notre-Dame ; on res­sentit aussitôt l'effet de cette dévotion, car tous ces pauvres ardents, qui n'attendaient que la mort, furent guéris à l'instant même, à l'exception de trois qui manquèrent de foi, ou que Dieu ne voulut pas guérir pour des causes qui nous sont inconnues. Une église fut alors bâtie en mémoire de ce miracle, et c'était autrefois une paroisse de la cité appelée Sainte-Geneviève des Ardents ; l'année suivante, le pape Innocent II, étant informé de tout ce qui s'était passé, ordonna que l'on en ferait tous les ans mémoire, le 26 novembre, dans le Bréviaire de Paris, et accorda de grandes indulgences à ceux qui visiteraient cette église.

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Geneviève
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