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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 22:29

SAINTE GENEVIÈVE[1] VIERGE,

PATRONNE DE PARIS

422 ou 423-512. — Papes : Saint Célestia I«; Symmaqne. — Rois de-France : Pharamond, Childebert Ier et ses frères.

 

La piété est utile à tout….. Par leurs prières, les

personnes pieuses sont une rosée céleste, qui éloigne
les calamités de nos villes et de nos campagnes. Si
dans un jardin l’on aime à voir des choux et des
arbres fruitiers, l'on aime, sans doute, à y trouver
aussi des lys éclatants de blancheur ou de majestueux
tournesols. Il en est des plantes humaines placées
dans le jardin de Dieu comme des légumes, des
fleurs et des fruits qui croissent dans les jardins des
hommes. Ne décriez donc jamais la piété des vierges.

 

La ville de Paris, quoique la plus riche et la plus magnifique du monde, sera éternellement obligée au petit bourg de Nanterre[2], qui n'en est éloigné que de trois lieues du côté du couchant, pour lui avoir donné sa très-illustre patronne, sainte Geneviève. Cette fille admirable naquit en ce bourg vers l'an de grâce 422 ou 423[3], sous l'empire d'Honorius et de Théodose le Jeune, peu de temps après l'établissement de la monarchie française.

 

Son père s'appelait Sévère, et sa mère Géronce ; ils comptaient parmi les personnes riches et considérables de Nanterre, et vivaient dans la crainte de Dieu. Les Esprits bienheureux firent fête à sa naissance, et tout le ciel en fut dans l'allégresse, comme l'assura depuis le grand saint Germain, évêque d'Auxerre.

 

Ses premières années s'écoulèrent dans une innocence et une dévotion qui surpassait beaucoup la portée de son âge ; ce qui faisait déjà voir à quel degré de grâce et de sainteté elle était appelée.

 

Il arriva, en ce temps-là, que le même saint Germain et saint Loup, évêque de Troyes, allant en la Grande-Bretagne, nommée depuis Angleterre, pour y combattre l'hérésie de Pélage[4] qui y faisait de grands ravages, tra­versèrent Paris, et passèrent par le bourg de Nanterre. Les habitants étant venus en grand nombre et avec beaucoup de respect au-devant d'eux pour recevoir leur bénédiction, saint Germain leur fit une excellente prédication ; et, ayant remarqué dans la petite Geneviève, qui se trouva parmi la troupe, quelque chose de céleste et d'angélique, il la fit approcher, la baisa au front et lui témoigna une bienveillance toute paternelle ; il s'informa même de son nom et de celui de ses parents, et, les ayant fait venir, il leur dit : « Vous avez grand sujet de bénir le jour qui vous donna une telle fille ; les Anges se sont réjouis de sa naissance, ses vertus la rendront précieuse aux yeux de Dieu, et elle accomplira si parfaitement la résolution qu'elle a déjà prise de le servir, que les hommes les plus parfaits se la proposeront un jour pour modèle ».



[1] Le nom de Geneviève signifie bouche céleste ou fille du ciel. Chez les Celtes, gen ou geni signifiait engendrer. Bans le pays de Galles, genoeth veut encore dire jeune fille. Dans le même pays, on dit aussi genoe pour signifier la bouche. De leur côté, les bas Bretons, pour désigner la bouche, se servent du mot geno ou genou (prononcez ghenou), qui se rapproche encore plus de Genovefa, ou Genouefa, comme on écrivait autrefois. Quant à la terminaison efa, que l’on trouve dans un si grand nombre de noms Celtes comme Marcouefa, Landovefa, Genovefa, etc., auxquels répondent les noms masculins Marculfus, Landulfus, Genulfus, il nous a semblé en trouver l’explication dans l’ancien mot breton eff, qui veut dire le ciel. Ainsi Genouef voulait dire bouche céleste ou fille du ciel. Encore de nos jours, dans la basse Bretagne, pour dire bouche céleste, on écrirait gheno n’eve. (Bullet, Mémoires.)

[2] Nanterre, Nemetodurum, signifie temple sur la rivière (de Seine) : Nemet, temple, Durum, rivière.

[3] L'époque précise oïl naquit l'illustre vierge nous est inconnue. Quoique nous n'ayons pas de rensei­gnements positifs sur cette époque, nous pouvons, jusqu'à un certain point, la déterminer. Nous voyons, dans une espèce de commentaire, ou plutôt de préambule, ajouté par un auteur du IXe siècle à la Vie de sainte Geneviève, et copié presque entièrement par Aymoin, que cette grande Sainte naquit sous les empe­reurs Honorius et Théodose, D'un autre côté, nous lisons qu'elle vit (avant sa mort, qui arriva le 8 janvier) les enfants de Clovis sur le trône. On ne peut donc mettre sa naissance plus tard que l'an 423, époque de la mort d'Honorius ; ni sa mort plus tôt que le 3 janvier de l'an 512, — puisque Clovis mourut au mois de décembre de l'an 511, — ce qui fait une durée de quatre-vingt-neuf ans.

(L'abbé Saîntyves, Vie de sainte Geneviève, etc., in-8o, 1846.—Cf. Aymoin, De gestis. Francorum.)

[4] Pélage, moine anglais qui enseigna, au commencement du Ve siècle, des erreurs qui furent con­damnées par divers Conciles, entre autres par celui de Carthage. 418.

Les canons de ce Concile, approuvé par le pape Zozime, condamnent :

1° Quiconque dira qu'Adam a été créé mortel et que sa mort n'a point été la peine du péché ;

2° Ceux qui nient qu'on doive baptiser les enfants, ou qui, convenant qu'on doit les baptiser, soutiennent néanmoins qu'ils naissent sans péché originel ;

3° Ceux qui disent que la grâce qui justifie l'homme par Jésus-Christ Notre-Seigneur, n'a d'antre effet que de remettre les péchés commis, et qu'elle n'est pas donnée pour secourir l'homme, afin qu'il ne pèche plus;

4° Ceux qui disent que la grâce ne nous aide qu'en nous faisant connaître notre devoir, mais qu'elle ne nous donne pas d'aimer et de pouvoir ce que nous connaissons devoir faire ;

5° Ceux qui disent que la grâce ne nous est donnée que pour faire le bien avec plus de facilité, comme si l'on pouvait accomplir les commandements par les seules forces du libre arbitre et sans le secours de la grâce ;

6° Ceux qui disent que ce n'est que par humilité que nous sommes obligés de dire que nous sommes pécheurs ;

7° Ceux qui prétendent que les Saints, en disant, dans l'Oraison dominicale, « remettez-nous nos péchés », ne le disent pas pour eux-mêmes, parce que cette demande ne leur est plus nécessaire, mais pour les autres qui sont pécheurs dans leur société. (Voir Conciles généraux et particuliers, par Mgr P. Guérin.)

 

 

 

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Geneviève
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