Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 21:51

Mais, demandera-t-on, pourquoi les petits enfants étaient-ils seuls à voir l'apparition ? C'est ce que demanda aussi un des habitants de Pontmain, Jean Guidecoq, le frère du buraliste. « Tu vois, garçon », dit-il à Eugène ; « pourquoi ne verrai-je pas, moi aussi ? » Ecoutez la réponse, Jean Guidecoq de tous pays.

Un jour que Jésus annonçait la bonne nouvelle dans la Galilée, « ses disciples s'approchèrent de lui et lui dirent : Qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Jésus ayant appelé un petit enfant le mit au milieu d'eux, et leur dit : « Je vous dis, en vérité, que si vous ne vous conver­tissez et si vous ne devenez comme ce petit enfant vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ».

Une autre fois, dit le récit sacré, « on présentait aussi à Jésus des petits enfants afin qu'il les touchât ; ce que voyant ses disciples, ils les repoussaient avec de rudes paroles ». Mais Jésus, appelant à lui ces enfants, dit à ses disciples : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez point, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité : Quiconque ne recevra point le royaume de Dieu comme un enfant, n'y entrera point ». Eh bien ! maintenant comprenez-vous ? La Sainte Vierge a fait à Pontmain ce que Notre-Seigneur avait fait dans la Judée. Elle a appelé à elle des petits enfants et s'est manifestée à eux, car elle savait que le péché n'avait point encore faussé leur vue, elle savait que la rectitude, la sincérité, l'étendue et la profondeur du regard viennent de l'innocence et de la pureté du cœur. Un seul péché intercepte Dieu à l'âme, comme un point noir intercepte le soleil à notre regard. Toute déviation, toute déformation de l'esprit et du cœur, de la raison et des sentiments, ont pour effet immédiat de troubler la vue, et cela à tel point que nous sommes capables de nier le jour en plein midi. « Votre œil est la lampe de votre corps », a dit le Sauveur dans le sermon sur la montagne, « si votre œil est simple, tout votre corps sera lumineux ; mais si votre œil est mauvais, tout votre corps sera ténébreux ». Or, pour se manifester aux hommes, la Sainte Vierge, qui sait son Evangile et plus que son Evangile, a choisi des yeux simples, c'est-à-dire capables de la voir et de lui rendre témoignage. Semblables à des eaux troublées, les âmes pécheresses eussent mal réfléchi sa céleste image[1].

M. Léon Guiller, secrétaire de l'évêché de Laval, a eu la bonté de nous adresser, le 10 février 1872, la note suivante :

« Monseigneur l'évêque de Laval vient de publier une lettre pastorale portant jugement sur l'apparition de la Très-Sainte Vierge dans le village de Pontmain. Le pèlerinage est déjà des plus suivis. Le concours des fidèles n'a pas cessé, depuis un an, de s'accroître chaque jour. Tout porte à croire que le sanctuaire qui s'élèvera bientôt sur le lieu de l'apparition deviendra un des lieux les plus vénérés ».

Voici en quels termes le vénérable évêque de Laval, Mgr Casimir-Alexis-Joseph Wicart, ter­mine la lettre pastorale portant jugement sur l'apparition qui a eu lieu à Pontmain le 17 jan­vier 1871, et qu'il a publiée le 2 février 1872, plus d'une année après l'évènement.

« Vu les procès-verbaux des deux commissions successivement chargées d'informer sur le fait de l'apparition de la sainte Vierge à Pontmain, et ceux des compléments d'enquête faits le 19 jan­vier et le 20 et 21 du même mois ;

« Vu le témoignage écrit des Docteurs-Médecins appelés à émettre leur jugement sur les circonstances qui sont du domaine de la science médicale et physiologique ;

« Vu le rapport et l'avis de la commission de théologiens chargée d'étudier le fait précité au point de vue de la théologie, de la certitude philosophique et des formes juridiques ;

« Considérant que l'apparition ne peut être attribuée ni à la fraude ou à l'imposture, ni a un état maladif des organes de la vue chez les enfants, ni à une illusion d'optique, ni à une hallu­cination ;

« Considérant que le fait excède les forces de l'homme et celles de toute la nature corpo­relle et visible ; que dès lors il appartient à l'ordre des faits surnaturels ou du moins praeter-naturels ;

« Considérant qu'il ne peut pas davantage s'expliquer par l'action des puissances diaboliques ;

« Considérant d'ailleurs qu'il porte, soit en lui-même, soit dans l'ensemble des circonstances qui l'ont accompagné et suivi, le caractère d'un fait de l'ordre surnaturel et divin ;

« AVONS DÉCLARÉ ET DÉCLARONS CE QUI SUIT :

« Art. 1er. Nous jugeons que I'Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu, le 17 janvier 1871, à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé, dans le hameau de Pontmain[2].

« Nous soumettons, en toute humilité et obéissance, ce jugement au jugement suprême du Saint-Siège apostolique, centre de l'unité, et organe infaillible de la vérité dans toute l'Eglise.

« Art. 2. Nous autorisons dans notre diocèse le culte de la bienheureuse Vierge Marie, sous le titre de Notre-Dame d'ESPÉRANCE de Pontmain.

« Art. 4. Répondant aux vœux qui nous ont été exprimés de toutes parts, nous avons formé le dessein d'élever un sanctuaire en l'honneur de Marie sur le terrain même au-dessus duquel Elle a daigné apparaître ».

Enfin, le 14 février 1872, M. le secrétaire de l'évêché de Laval nous adressait les lignes sui­vantes dont nous le remercions ici bien cordialement :

« Je n'ai aucune observation à faire sur le récit de l'événement de Pontmain que vous vous proposez de publier dans l'ouvrage dont vous m'avez adressé une épreuve. Tous ces détails sont conformes à la brochure rédigée par M. l'abbé Richard, et imprimée avec la permission de Monseigneur l'évêque de Laval ».



[1] Revue du monde catholique, 1er numéro de Juillet 1871. — E. Chauvelot.

[2] Deux autres témoignages, dit Mgr de Laval dans une autre partie de son mandement, recueillis à Pontmain, ont été écartés par nous. Tous deux peuvent avoir leur valeur. Mais l'un vient d'un enfant malade ou maladif qui n'a pu rester que fort peu de temps en place, dans les bras de sa grand-mère, et qui est mort depuis plusieurs mois. L'autre enfant n'avait que deux ans et demi ; et quoique ses petits gestes et son regard, obstinément tournés vers les mêmes lieux que ceux des voyants, soient dignes de remarque, nous croyons ne pouvoir convenablement en rien conclure.

 

 


 

 

[1] Revue du monde catholique, 1er numéro de Juillet 1871. — E. Chauvelot.

 

 [2] Deux autres témoignages, dit Mgr de Laval dans une autre partie de son mandement, recueillis à Pontmain, ont été écartés par nous. Tous deux peuvent avoir leur valeur. Mais l'un vient d'un enfant malade ou maladif qui n'a pu rester que fort peu de temps en place, dans les bras de sa grand-mère, et qui est mort depuis plusieurs mois. L'autre enfant n'avait que deux ans et demi ; et quoique ses petits gestes et son regard, obstinément tournés vers les mêmes lieux que ceux des voyants, soient dignes de remarque, nous croyons ne pouvoir convenablement en rien conclure.

Partager cet article

Repost 0
Published by Sur les Pas des Saintes - dans Notre Dame de Pontmain
commenter cet article

commentaires

Recherche