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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 22:00

Guérisons

Il y a probablement eu des guérisons à Pontmain mais il n’est pas possible de les établir clairement pour au moins deux raisons. Dans ces régions, on consultait moins les médecins que les rebouteux et les dossiers des maladies conservés par les Oblats ont brûlé lors d’un incendie en 1895.

On peut déduire de certaines lettres conservées aux archives de la ville qu’il y eut en 1877 dans le sanctuaire des centaines d’ex-voto concernant des guérisons. Une lettre de l’abbé Guérin du 12 juillet 1871 mentionne un garçon de 11 ans guéri subitement alors qu’il se tenait à peine debout avec des béquilles. Mais les documents sont dans leur ensemble inexploitables médicalement. Il est toutefois possible de mentionner un cas assez bien documenté : la guérison de Maria Veaugeois, survenue dans sa douzième année le 15 août 1899.

Voici un passage du récit autographe de sa guérison paru dans les Annales de Pontmain en janvier 1949 :

 

(...) Mademoiselle Jeanne Marin (...) me conduisit au célèbre Major Pelletier à Fougères ; celui-ci déclara que l’ostéomalacie atteignait un degré qu’il n’avait rencontré qu’une fois chez un homme qui en était mort. Il nous demanda l’autorisation d’appeler Madame Pelletier pour voir la masse informe que j’étais à l’enlèvement de l’appareil. Il lui fit toucher mes os dans lesquels —c’est sa propre expression— on enfonçait comme dans du beurre. Il nous conseilla d’écrire à l’établissement spécial de Pen-Bron qui répondit que si le diagnostic du docteur était certain il était inutile de m’y transférer. Peu de temps après, le progrès du mal s’accentuant encore, —il fallait même me faire manger— le médecin de St Georges, avec un collègue de Louvigné et un autre docteur en qui il avait grande confiance, viennent m’ausculter et se concerter pour examiner si je pouvais supporter un plâtrage. Leur réponse fut négative : “Inutile de faire souffrir davantage la malade, déclarèrent-ils, on n’obtiendra rien ; sa faiblesse est extrême, il ne lui reste pas beaucoup plus de quinze jours à vivre “(...)

C’est alors (...) qu’on pensa à faire une neuvaine à Notre-Dame de Pontmain, se clôturant par mon pèlerinage du 15 août, avec promesse, si j’étais guérie, d’un voyage à Lourdes en action de grâce (...)

J’arrivais à Pontmain dans la soirée du 14 août ; ma garde-malade et le conducteur de la voiture furent obligés de se faire aider pour me descendre et, au moment de me mettre au lit chez les sœurs d’Evron, l’appareil ayant été retiré trop tôt, je tombais comme une masse sur la descente de lit. Ma chère infirmière appela au secours ; plusieurs religieuses et quelques jeunes filles de service montèrent et furent témoins du lamentable état qui était le mien.

Mes parents avaient demandé une messe à la basilique pour le 15, j’y assistai et j’y communiai ; aucune amélioration ne se produisit. On me fit me reposer pendant la grande messe, en raison de la chaleur et de la foule. Vers quatorze heures nous allâmes prier Notre-Dame bien près de son trône, les vêpres n’ayant lieu qu’à quinze heures. Nous étions là depuis quelques minutes seulement lorsque, me sentant plus mal, je dis à ma compagne que j’allais mourir. “Non, me répondit-elle, il faut prier avec confiance”. Je récitai de mon mieux un “Souvenez-vous” et, immédiatement, mes membres remuèrent et un craquement se fit entendre ; ce bruit fit détourner ma dévouée garde-malade qui était à genoux ; c’est à ce moment qu’elle me vit marcher seule, sortir de la basilique par la porte la plus proche et descendre les marches avec précipitation. Du haut des degrés elle me dit :

— “Mais on dirait que tu es guérie !”

Me rendant alors compte de ce que je faisais, je lui répondis :

— “Ce n’est pas malin à voir que je suis guérie !” (...)

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Notre Dame de Pontmain
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