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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:21

IV. La Nativité

1. Adorer le Dieu caché. Nous voici arrivé au mystère de la Nativité. J’y retiendrai d’abord l’attitude de Marie adorant son Dieu, ce Dieu caché sous les traits d’un enfant semblable aux autres enfants des hommes et pourtant Fils de Dieu. La Sainte Liturgie nous invite souvent à adorer le Seigneur caché dans les saintes espèces bien sûr mais aussi, et nous y pensons moins souvent, caché et présent dans son corps mystique, dans cette assemblée, cette communauté au milieu de laquelle je prie et chante. Nos assemblées éveillent-elles en nous ce respect et cette adoration dus au Seigneur, présent au milieu de son peuple ? Il est primordial, dans nos communautés assemblées pour la prière, de rechercher l’harmonie des voix mais aussi des cœurs, selon le veux de Sainte Jeanne, car alors elle sont vraiment le signe de Dieu qui par nature est Un. Nous ne pouvons célébrer dans le conflit et la désunion.

 

2. Une multitude d’Anges… Il nous est dit ensuite qu’une multitude d’Anges chantaient. Or le n° 8 de la constitution sur la Sainte Liturgie nous redit que : « Nous participons par un avant goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte citée de Jérusalem…avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire. » Au cœur de nos célébrations se trouve cette ouverture vers l’invisible vers cette éternité qui nous attend. Il est important que nos célébrations rendent présente cette dimension verticale de notre foi.

 

3. Où Dieu parle par son silence. L’Evangile de la Nativité nous donne l’occasion d’insister sur un aspect important qui souvent fait défaut dans nos célébrations, c‘est la place du silence. Que le Seigneur ne parle pas au jour de sa naissance nous semble assez normal mais il est plus frappant de constater qu’au sommet de sa vie, c’est à dire à l’heure de sa Passion, le Seigneur choisit encore le silence ; ce qu’il va vivre est au-delà des mots humains : il n’explique plus, il n’annonce plus, il accomplit. Le silence dans nos assemblées doit être un silence sacré, consacré à Dieu pour entendre résonner en nous ce que les mots humains ne peuvent dire. Nous pourrions encore parler de la Vierge méditant et retenant tous ces événements dans son cœur. Nous savons la place primordiale que donne sainte Jeanne à l’oraison et à l’office divin : elle en fait la condition de la pérennité de notre ordre. Un arbre ne peu vivre sans air et sans racines.

 

V. Cana

1. La prière de Marie, modèle de la prière de l’Eglise. Cana est l’Evangile qui m’a le plus inspirée de réflexion, concernant la prière de louange. Et il me semble que nous pouvons regarder la prière de Marie à Cana comme le modèle de la prière de l’Eglise où sont unis les besoins des hommes, leurs souffrances, leurs peines et leur joies, leurs efforts et leurs péchés ; la louange de Dieu naît de cette intimité avec lui que nous donne en exemple la vie de la Vierge Marie.

 

2. Pauvreté et Foi. La Vierge Marie livre sa prière à son fils avec une pauvreté et une foi extraordinaire. Elle n’argumente pas pour savoir s’il est raisonnable de réclamer du vin alors que les gens ont déjà bien bu. Elle ne propose pas de solutions ou de savoir-faire à son Fils, elle n’use ni de charme, ni de l’autorité naturelle que lui confère son titre de Mère du Christ. Elle n’essaye pas de se faire persuasive. Non, elle constate un manque, une gêne et l’expose tout simplement à Jésus. Mais, après, elle se compromet beaucoup en engageant les serviteurs à accomplir les ordres du Seigneur. Elle pose là un acte de pure foi. A cette lumière, il nous est bon de revisiter peut-être les formes de nos prières de demande et notamment des prières d’intercessions ou des prières universelles. « Ils n’ont plus de vin », que de dépouillement  et de foi !

 

3. La prière exaucée qui nous ouvre sur l’immensité du dessein de Dieu. Et voilà que le Seigneur exauce la prière de sa mère. Et comme cette prière était large et soumise au désir de Dieu, Dieu l’exauce bien au-delà du besoin immédiat à satisfaire. C’est déjà, à l’horizon, l’annonce de cette Heure tant attendue de la Rédemption, de ce vin  de la nouvelle alliance, de ces noces de l’Agneau où sa fiancée s’est faite toute belle. C’est bien autre chose qu’un buffet campagnard !

 

4. Recevoir la prière de l’Eglise. Voilà qui nous invite à accueillir, avec foi, la prière que l’Eglise met sur nos lèvres. Au moment où je prie les psaumes de l’office, mon âme n’est pas forcément dans les dispositions du psalmiste. Pourquoi devrais-je chanter un psaume de pénitence alors que je suis dans la joie, et pourquoi m’obliger à chanter le psaume 150 alors que mon cœur est dans l’affliction. Et bien, parce que la constitution sur la liturgie nous dit au n° 84 :  « Lorsque cet admirable cantique de louange est accompli selon la règle, alors c’est vraiment la voix de l’Epouse elle-même qui s’adresse à son Epoux ; et mieux encore, c’est la prière du Christ que celui-ci, avec son Corps, présente au Père. » Voilà qui explicite cette merveilleuse union entre la prière de Marie se coulant dans la volonté de Dieu et le Christ qui, reprenant la prière de sa Mère, la porte jusqu’à l’immensité du désir de Dieu : La Rédemption, ce que le cœur de l’homme n’avait jamais imaginé.

 

5. « Faites tout ce qu’il vous dira » Cette invitation de la Vierge Marie peut s’appliquer à bien des situations dans nos vies, mais pour le sujet qui nous intéresse, j’y vois encore un enseignement. La Vierge dit : « faites tout ce qu’il vous dira. » Or dans la liturgie, et surtout dans la liturgie Eucharistique, il s’agit bien de refaire ce que le Christ nous a demandé de faire : « Faites ceci en mémoire de moi » mais il faut aller plus loin. Un des principes de la liturgie est qu’il s’agit de faire ce que l’on dit et non de dire ce que l’on fait : je m’explique, Sacrosanctum concilium précise au n° 34 : « les rites manifesteront une noble simplicité, seront d’une brièveté remarquable et éviteront les répétitions inutiles ; …Il n’y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre. » Il est donc bon de veiller à ne pas remplir nos célébrations d’explications, de monitions qui les alourdissent. De même, il est important de toujours vérifier la cohérence de ce que l’on dit ou chante avec ce que l’on fait. Ainsi, on ne chante pas un Kyrie comme un alléluia, un chant de méditation n’aura pas la même forme qu’un chant d’envoi. On ne chante pas l’Exultet dans une Eglise inondée de lumière, et si l’on doit processionner, que l’on se déplace pour de bon.

 

6. l’Eglise Epouse associée à l’œuvre du Verbe. Ainsi l’Eglise qui se soumet avec bonheur à l’œuvre du Verbe voit des merveilles s’accomplir sous ses yeux. Sainte Jeanne avait un sens aigu de cette dimension quand elle recommandait à ses annonciades de suivre en tout l’Eglise romaine que se soit pour ses livres ou pour ses usages.

 

VI. Stabat Mater

1. Où l’Eglise célèbre et chante debout ! La Mère était debout. Pourquoi insister sur ce détail ? La tradition y voit, là aussi, plusieurs significations. J’aime à croire que la Vierge Marie en vivant la Passion de son Fils, debout, annonçait déjà sa Résurrection et cette humanité relevée, ce peuple de fils qui célèbre debout la mort et la résurrection de son Seigneur, qui proclame debout sa dignité de fils, de peuple racheté et saint. Et c’est pourquoi, la sainte liturgie nous fait célébrer debout une grande partie de la louange divine. En cela également les chrétiens se différencient des autres religions qui se prosternent et n’osent lever les yeux vers Dieu. Se tenir debout parce que Dieu nous a relevé et qu’il a fait de nous non plus ses serviteurs mais ses fils.

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Jeanne de France
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