Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 22:43

Jusqu'ici toutes les faveurs dont Marguerite-Marie avait été comblée avaient été pour sa consolation et son instruction. Elles étaient des mani­festations du cœur de Jésus, mais où n'apparaissait pas encore le grand dessein qui devait s'accomplir par son moyen. Ce dessein lui fut enfin révêlé en l'année 1674. Un jour donc qu'elle était prosternée devant le Saint-Sacrement, elle se trouva tout à coup investie de la présence de Dieu, et laissa aller son cœur à toutes les ardeurs de l'amour. Jésus lui ayant fait longtemps reposer son cœur sur sa poitrine, lui découvrit les merveilles de son amour, et les secrets de son divin cœur. Voici les paroles que le Sau­veur lui adressa : «Mon divin cœur est si rempli d'amour pour les hommes et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen, et qu'il se manifeste à eux pour les enrichir des trésors qu'il renferme. Je te découvre le prix de ces trésors. Ils contiennent les grâces de sanctification et de salut, nécessaires pour les tirer de l'abîme de perdition. Je t'ai choi­sie nonobstant ton indignité et ton ignorance, pour l'accomplissement de ce grand dessein, afin qu'il paraisse mieux que tout soit fait par moi». Puis lui prenant son cœur pour le mettre dans le sien, elle le vit comme un atome consumé dans une fournaise ardente, et il lui fut rendu tout em­brasé. Chaque vendredi, le divin Sauveur lui accordait des faveurs sem­blables. Alors, le Sacré-Cœur lui apparaissait comme un soleil éclatant, dont les rayons tombaient sur son cœur embrasé d'un feu si vif qu'il sem­blait prêt à se réduire en cendres.

 

Il fallait parler de ces extases à la Mère de Saumaise. Cela lui coûtait énormément. Elle le fit cependant, et fut traitée de visionnaire. Cependant, Marguerite-Marie éprouvait au cœur une oppression qui allant toujours croissant, finit par faire craindre pour ses jours. Les médecins furent man­dés, elle déclara qu'il fallait la saigner ; les médecins se moquèrent d'elle et le mal alla empirant jusqu'à ce qu'enfin, comme dernière ressource, on fit ce qu'elle demandait, et elle fut immédiatement soulagée. Ses souffrances revenaient souvent, et chaque fois on était obligé d'en venir au même re­mède. Les sœurs qui ne comprenaient rien à son mal, ne pouvaient lui pardonner ce qu'elles regardaient comme une pure bizarrerie de sa part. Destinée par le divin Sauveur à être l'instrument de sa miséricorde et de son amour, Marguerite-Marie ne savait pas encore de quelle manière elle devait y concourir. Le divin Maître le lui apprit enfin. Il lui apparut de nouveau avec ses cinq plaies brillantes comme des soleils. Des torrents de flammes sortaient de son divin cœur. Il fit connaître à Marguerite-Marie les merveilles inexprimables de son amour, l'excès où il avait porté cet amour envers les hommes, dont l'ingratitude lui avait été plus sensible que toutes les autres douleurs de sa Passion. «S'ils usaient de retour à mon égard, tout ce que j'ai fait pour eux paraîtrait peu de chose à mon amour, mais ils n'ont pour moi que de la froideur et ils ne répondent à mes empresse­ments que par des rebuts. Toi, au moins, donne-moi cette satisfaction de suppléer à leur ingratitude autant que tu le pourras». Ensuite il lui expli­qua ce qu'il lui demandait pour préparer ses desseins. C'était de commu­nier aussi souvent que l'obéissance le lui permettrait ; de communier le premier vendredi de chaque mois. Il lui annonça que chaque semaine, dans la nuit du jeudi au vendredi, il la ferait participer à la mortelle tristesse qu'il avait ressentie au jardin des oliviers ; il lui demanda de se lever entre onze heures et minuit et de rester prosternée pendant une heure la face contre terre ; il lui recommanda de se défier du démon qui cherchait à la tromper et de n'écouter que l'obéissance. Elle sortit de cette vision anéan­tie. Le feu qui la dévorait lui donna une fièvre brûlante dont elle eut plus de soixante accès qui firent désespérer de sa vie. Dans une défaillance, les trois personnes divines lui apparurent ; le Père lui plaça sur les épaules une lourde croix hérissée d'épines, le Fils lui annonça qu'il l'attacherait à cette croix, et le Saint-Esprit qu'il la consumerait de son amour en la purifiant. La Mère de Saumaise hésitait toujours à se prononcer. Elle voulait des preuves convaincantes. Elle commanda à Marguerite-Marie de demander sa guérison ; elle reconnaîtrait, si elle l'obtenait, qu'elle était sous l'influence de l’Esprit de Dieu. Marguerite-Marie obéit et fut instantanément guérie. La Mère de Saumaise ne s'en tint pas là. Elle la soumit à des directeurs peu éclairés qu ne virent en elle qu'un cerveau malade, un esprit abusé et mélancolique et qui lui ordonnèrent de chasser tous ces fantômes de son imagination. Ce fut pour elle une rude épreuve à laquelle elle ne voyait pas d’issue, quand Notre-Seigneur lui apparut et lui dit : «Sois tranquille, je t’enverrai mon serviteur ».

Partager cet article

Repost 0
Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Marguerite Marie Alacoque
commenter cet article

commentaires

Recherche