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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:28

Vivre de l’Eucharistie La Chronique rapporte que Jeanne avait une grande dévotion au Saint Sacrement de l’autel (Chr. 149). La ferveur eucharistique de Jeanne ne passe pas inaperçue. Quand Jeanne entendait la messe, c’était avec une révérence et une grande dévotion  […] car sa dévotion particulière était la dévotion au très digne sacrement de l’autel (Chr. 105). Malgré le soin qu’elle met à dissimuler son ardent amour pour Jésus Eucharistie, cette dévotion rayonne sur son entourage. Elle se présentait pour la sainte communion avec une grande dévotion, elle incitait à la dévotion tous ceux qui la regardaient (Chr. 105-106). Ainsi, comme pour les deux points précédents, la Parole de Dieu et la Passion du Christ,  c’est la Vierge Marie qui conduit Jeanne à l’Eucharistie. Il y a trois choses qui me plaisent par dessus tout, c’est d’écouter mon Fils, ses paroles et ses enseignements  […], c’est de méditer sur ses blessures, sur sa croix et sa Passion et (enfin) c’est le très Saint Sacrement de l’autel ou la messe pour laquelle j’eus les plus grands respects et dévotion (DC 12-13). De son côté, le père Gabriel-Maria, se faisant le porte parole de Jeanne, explique : La troisième dévotion de Marie fut le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie. On le déduit de ce texte : « Ils étaient unis dans la fraction du pain (Ac. 2,42) (DC 31). Cela évoque bien entendu ce que les actes des apôtres nous rapportent : tous, unanimes, ils étaient assidus à la prière avec quelques femmes dont Marie la Mère de Jésus (Ac. 1.,14). Marie se présente à Jeanne comme véritablement la « Femme eucharistique », selon la belle expression de Jean-Paul II : Marie peut nous guider vers ce très Saint Sacrement, car il existe entre elle et lui une relation profonde […] On peut deviner indirectement le rapport entre Marie et l’Eucharistie à partir de son attitude intérieure. Par sa vie toute entière, Marie est une femme eucharistique (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, n° 53) Durant toute sa vie, durant tout son pèlerinage de foi, au service et à la suite de son Fils, Marie par son adhésion totale au mystère et à la mission de Jésus, fait sienne la dimension sacrificielle de l’Eucharistie. Se préparant jour après jour au Calvaire, Marie vit une sorte d’Eucharistie anticipée, à savoir, une communion spirituelle de désir et d’offrande (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, n° 56). Marie nous introduit donc directement par sa vie de foi à vivre le mystère de l’Eucharistie dans l’amour. Jeanne a compris et vécu cela. De même, ce respect communicatif qu’elle a pour l’Eucharistie, Jeanne le reçoit aussi de Marie. Efforce-toi, à la messe et au très Saint Sacrement de mon Fils, de manifester ton respect en écoutant la messe, au moins une fois chaque jour. si tu peux. Et quand le Corps du Christ est porté en procession ou à des malades, tu t’y associeras avec respect […] Car il plaît beaucoup à mon Fils et à moi de constater cette dévotion envers le Saint Sacrement chez les chrétiens (DC 14). Ce respect de Jeanne pour l’Eucharistie est bien l’expression de son amour pour Jésus Hostie. Une des grâces de l’Eucharistie est de renouveler l’être intérieur, de transformer le cœur de la personne qui reçoit Jésus Hostie. Chez Jeanne, son amour pour le Sauveur a pris son  plein épanouissement dans l’attention délicate aux plus démunis. N’a-t-elle pas été très vite reconnue comme la Bonne Duchesse ? A l’exemple de Marie à Cana, Jeanne est attentive à toutes les détresses de son duché. Elle était remplie de charité particulièrement envers les pauvres veuves et les enfants orphelins ; elle les faisait aider en tous leurs besoins et en toutes leurs nécessités […] La sainte Dame était si remplie de miséricorde que souvent elle pansait elle-même de ses propres mains les malades pauvres couverts de plaies et d’ulcères (Chr. 36-37). La vie eucharistique de Jeanne s’épanouit donc en charité. Son souci pour les détresses du corps est reconnu par tous ; elle sait donner de son temps pour soulager la misère physique. Elle organise en effet tout un réseau de personnes qui s’informent discrètement afin de savoir où se trouvent les pauvres qui n’osent pas déclarer leurs nécessités (Chr. 31). De même, elle sait soulager les détresses de l’âme, accueillant près d’elle par exemple des femmes de sa condition ayant connu, comme elle, des déboires conjugaux. Son grand testament témoigne de l’attention qu’elle porte à tous, favorisant aussi bien de pauvres écoliers, de pauvres lépreux et veuves de son duché, que des couvents et personnes plus fortunées (Chr. 178-179). Ici, comment ne pas rappeler un épisode de la vie de Jeanne, rapporté par la Chronique ? Comme pour bien marquer le lien qu’elle fait, et dont elle vit, entre sa dévotion eucharistique et le service des pauvres. Jeanne, chaque Jeudi Saint, voulait faire une Cène aux pauvres. Unie au Sauveur, elle lave et essuie elle-même les pieds de treize vieillards pauvres convoqués pour la commémoration de ce Mystère. Et, une fois le Mystère achevé, on leur fit un banquet et une belle collation où la sainte Dame les servait (Chr. 62). La Vierge, enseignant à Jeanne le bon plaisir de l’Eucharistie, ne veut-elle pas la conduire sur le chemin de l’amour, sur le chemin de l’union profonde et intime avec le Christ ? A ce sujet, la Chronique rapporte qu’un jour, Jeanne, dans une vision, se voit conviée à un banquet par Jésus et la Vierge. Mon Sauveur et sa bénie Mère m’ont fait aujourd’hui un banquet (Chr. 107). Cette vision de Jeanne où Marie est présente est toute imprégnée du mystère de l’Eucharistie. Il s’agit d’un banquet rappelant le banquet eucharistique, nourriture pour la vie éternelle, et c’est la Vierge elle-même qui invite Jeanne à manger. Il y avait deux cœurs sur un plat et la Vierge marie me disait de manger (Chr. 107). Le cœur est le lieu où réside l’amour. Le cœur de Jeanne dans cette vision s’est totalement uni au cœur de Jésus, devenant ce qu’elle a reçu. Jésus me demandait mon cœur et je mis la main en ma poitrine pour lui tirer mon cœur, mais je ne l’y ai point trouvé, de quoi je fus étonnée (Chr. 107). Jeanne ne se regarde pas. Son regard est totalement fixé sur le Christ, objet de son amour. C‘est pourquoi elle peut contempler Jésus et saisir son regard : Et Jésus me regardait doucement (Chr. 107). La chronique ne s’y est pas trompée lorsqu’elle nous rapporte que la sainte Dame n’avait point de cœur car il était plus au cœur ce Jésus qu’elle aimait, qu’en son corps qu’il animait. Elle était au degré d’amour unitif et transformatif (Chr. 107). Comme en écho de ce que Jeanne a vécu et expérimenté par sa vie eucharistique, le père Gabriel-Maria nous dit que la sainte Hostie est le Pain de Vie, le, pain de la route de notre voyage ici bas. Fortifiés par lui, nous parviendrons  l’Horeb, la montagne de Dieu, c’est-à-dire, à la gloire des bienheureux, à laquelle nous conduit la Mère de Dieu, étoile de la mer, reine du ciel, souveraine des anges, Mère de la grâce, avocate des pécheurs, la Vierge Marie (DC 65).

 

Comment conclure ?

Il est bien évident que les grandes orientations spirituelles de Jeanne – Parole de Dieu, Passion du Christ, Eucharistie, Vierge Marie – ne sont pas des nouveautés dans la tradition de l’Eglise. Ce qui est nouveau par contre c’est son rapport à la Vierge.  En effet, ce que désire Jeanne, pour l’avoir reçu de Marie, c’est d’entrer dans les différents mystères du Christ comme Marie elle-même y est entrée et d’en faire une forme de vie. Certes, d’autres avant Jeanne ont donné Marie comme guide et exemple à suivre. Mais l’originalité de Jeanne est de dépasser cela : d’une dévotion mariale elle nous fait passer à une règle de vie. Tel est son charisme : mettre en œuvre en sa vie les dix vertus évangéliques de Marie pour plaire au Christ.   

Monastère de l’Annonciade Thiais, 25-28 juillet 2005

 Recueillies par le père Gabriel-Maria, dans son « De Confraternitate », Nuremberg, 1513.

 

L’Evangile « Dans ces derniers temps, vécut une personne pieuse qui, depuis ses premières années, s’était vouée à la Vierge  Marie. Sa dévotion s’éleva aux plus hauts sommets qui sont permis à la fragilité de la nature humaine. D’abord, elle fit une gerbe de tous les passages de l’É-van--gile où il est fait mention de la Vierge. Elle trouva que les évangélistes ont seulement fait mention de 10 vertus de la Vierge, à savoir  : la chasteté, la prudence, l’humilité, la triple  vérité, la louange, l’obéissance, la pauvreté, la patience, la compassion, ou encore le glaive ou la lance de douleurs. Chaque jour, elle saluait la Vierge 10 fois, avec la salutation de l’ange. Ceci, afin que la Vierge lui donne en propre ses 10 vertus. Ce fut le premier degré de dévotion de la dite personne, qu’elle appelait le psaltérion à 10 cordes. »

 

Les Cinq Plaies du Christ « Le deuxième degré de dévotion de cette personne fut des cinq plaies du Christ. Elle y pensait souvent et s'y réfugiait chaque fois qu’elle était tentée ou dans la tribulation. Elle disait que les cinq plaies sont cinq sources de salut où les hommes doivent puiser les eaux du salut, et elle les comparait avec cette source créée au milieu du paradis qui se partage en quatre fleuves, dont parle le second chapitre de la Genèse. La source, disait-elle, est le cœur d’où le sang s’écou-lait par les quatre plaies du corps du Christ. Les ruisseaux de ces quatre plaies ont coulé finalement jusqu’à ce que le cœur ayant été ou-vert, elles soient obligées de tarir. Et alors il en sor-tit du sang et de l’eau - de ce cœur - et la source coula jus-qu’au bout.

Je me consume d’amour, disait-elle quand elle arrivait à la plaie du côté transpercé et du cœur. Elle demandait d’éprouver la douleur ressentie par la Vierge lorsque le cœur du Christ avait été transpercé par la lance et que son corps avait été descendu de la croix et enseveli dans le sépulcre. Puis, par cette douleur que le Seigneur Jésus avait éprouvée quand sur la croix son corps avait été distendu au point que ses os pouvaient être comptés, elle demandait la grâce d’être toujours blessée au cœur par la lance de l’amour divin. Elle demandait encore d’être blessée de telle manière qu’elle n’éprouve plus rien d'autre que les blessures du Christ, et enfin de n’avoir plus le goût d’aucune créature. »

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Jeanne de France
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