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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:30

Méditer la Passion du Christ

Jeanne, confrontée à la dure réalité de la vie - enfance loin de sa mère, épouse humiliée et répudiée …. – ne se replie pas sur elle-même. Quelle est donc cette force intérieure qui la fait tenir debout ? Marie invite Jeanne à méditer intensément le mystère de la Passion du Christ. La seconde chose qui m’a toujours plu quand je vivais sur cette terre fut de méditer sur les blessures de mon Fils, sur sa croix et sa Passion (DC 12). Jeanne, à l’école de Marie, a médité longuement le mystère de la Passion du Christ qu’elle contemple avec Elle. Plus exactement, c’est Marie et la mise en œuvre de ses dix plaisirs, en sa propre vie, qui lui fera comprendre du-dedans et vivre le mystère de la Passion de Jésus. Et, de son côté, la croix de Jésus l’aidera à conformer sa vie à celle de Marie. Jeanne explique tout cela par un dessin. Il y a une grande croix que Madame a faite de sa propre main. Autour, (Jeanne) écrivit les dix plaisirs de la Vierge Marie, signifiant que par l’observance de ceux-ci, elle s’élèverait à la contemplation des plaies de Notre Sauveur jésus et monterait jusqu’à la croix et là demeurerait de cœur et d’esprit avec l’aide de la Vierge Marie […]Elle s’était entièrement dédiée et donnée à la Vierge Marie et lui avait promis de conformer toute sa vie, en toutes choses, en pensée, en paroles et en œuvres à la sienne, autant que la fragilité humaine pourrait le permettre  […] Elle espérait parvenir à cette perfection par le moyen de la croix de Jésus ((Chr. 147). La Passion du Christ contemplée avec Marie lui révèle la profondeur d’amour de Jésus Sauveur. Elle associe toujours la Mère et le Fils. Ainsi, le père Gabriel-Maria nous rapporte les différents moments de la vie de la Vierge que Jeanne associait à la Passion du Christ. (Jeanne) disait : Comme le Christ a eu parmi ses innombrables blessures cinq plaies plus grandes et principales, de même sa mère éprouva cinq douleurs principales parmi tant d’autres. La première, lorsque le vieillard Syméon lui dit : « Cet enfant sera un signe de contradiction et toi-même, un glaive transpercera ton cœur (Lc 2,35). Or la Vierge, peu de jours après l’avertissement de l’ange, dut fuir Hérode qui voulait tuer le Christ et, avec son enfant et Joseph, elle descendit en Egypte. La deuxième, quand le Christ resta au temple et qu’elle ignora pendant trois jours où il était. La troisième, quand le Christ fut pris au jardin des Oliviers. Elle vint au devant de lui tandis qu’il portait sa croix. La quatrième douleur fut quand elle vit son fils crucifié et mourir. La cinquième, quand elle vit le cœur de son fils percé par la lance, qu’il fut descendu de la croix et mis au sépulcre (DC 7-8). Jeanne médite donc, à la suite de Marie, la Passion du Christ. Elle y découvre l’amour infini de Jésus et n’a qu’un réponse à donner à cet amour : son propre amour. En contemplant l’amour que (Jésus) lui avait montré en se faisant homme et en voulant mourir sur la croix pour elle, elle languissait de grand désir (Chr. 106). De la passion elle en était toute pénétrée en son cœur par douleur et compassion (Chr. 152), nous rapporte la chronique. De même, en contemplant les cinq plaies du Christ, Jeanne y voit comme cinq sources où les hommes doivent puiser les eaux du Salut (DC 7). La principale est, bien  sûr, celle du cœur  transpercé d’où s’écoulent le sang et l’eau. En cette plaie du cœur transpercé résident, toujours pour Jeanne, les saintes transformations (DC 7), c’est-à-dire que la contemplation du cœur transpercé éveille en celui ou celle qui le contemple l’amour capable de transformer petit à petit son propre cœur. Jeanne a vécu cela. Sinon, comment expliquer sa réponse remplie de force lors de la lecture de la sentence en nullité de son mariage avec Louis XII : Mon Père, ne me venez-vous pas annoncer que je ne suis plus reine de France ? S’il en est ainsi, loué soit notre Seigneur ! (Chr. 34). Plus tard, elle précise au père Gabriel-Maria : Notre Seigneur, à cette heure, me fit la grâce que, soudain, quand j’entendis ces nouvelles, m’entra dans le cœur que Dieu le permettait ainsi afin que je fisse beaucoup de bien selon que je l’avais tant désiré (Chr. 35). Comme  nous venons de le voir, cette dévotion à la Passion du Christ Jeanne la reçoit de Marie. C’est Marie elle-même qui l’enseigne à Jeanne. Il faut que tu aies, lui dit Marie, les pensées que mon Fils avait sur la croix, que tu dises les paroles qu’Il disait sur la croix et fasse ce qu’Il faisait sur la croix. Car Il pensait à tes blessures et aux siennes, il priait pour les tiennes et offrait les siennes en sacrifice pour les tiennes  […] Recueille-toi devant la Passion au point non seulement de penser aux blessures de mon Fils mais encore de souffrir quelque douleur pour mon Fils (DC 13-14). A l’école de Marie, Jeanne entre donc dans la compréhension de la Passion du Christ ; elle est invitée à reproduire en elle les attitudes mariales que la méditation de l’Evangile lui fait découvrir. Elle ouvre son cœur au bon plaisir de compassion, dans l’attitude même de Marie au pied de la croix. Je me consume d’amour, disait-elle,  quand elle arrivait à la plaie du côté transpercé et du cœur ; Elle demandait d’éprouver la douleur ressentie par la Vierge lorsque le cœur du Christ avait été transpercé. […] Elle demandait la grâce d’être toujours blessée au cœur par la lance de l’amour divin  […] et de telle manière qu’elle n’éprouve plus rien d’autre que les blessures du Christ (DC 9). Comme pour Marie au pied de la Croix, l’amour de Jeanne pour le Christ crucifié s’est fait communion.  

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Jeanne de France
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