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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 23:00

HISTORIQUE sur la vie de Sainte Bernadette

A propos des apparitions, Ste Bernadette dira: "Je suis venue pour vous porter le message, je ne suis pas venue pour vous convaincre."

1843 9 janvier. Mariage religieux de François Soubirous et de Louise Castérot. François prend la gestion du moulin de Boly, que la mort de son beau-père Augustin Castérot laissait sans direction, depuis deux ans. Un bon moulin.

1844 7 janvier. Naissance de Bernarde-Marie (dite Bernadette). Elle est baptisée le 9, à Lourdes.  Juillet. Louise, sa mère, ne pouvant plus la nourrir, Bernadette est mise en nourrice, à Bartrès (3 km de Lourdes). La nourrice se nomme Marie Laguës, née Aravent.

1844-1854 Bernadette vit au moulin de Boly une enfance heureuse que sa grand-mère et trois tantes entourent de tendresse.

1856  19 novembre. Vente du moulin de Boly. Son nouveau propriétaire décide de l’exploiter lui-même. Les Soubirous devront quitter le moulin. Commence leur exode: du moulin de Boly au moulin Laborde, du moulin Laborde au moulin Lacadé, puis Arcizac-ez-Angles, puis de nouveau Lourdes. D’abord une chambre de la maison Rives-Soubies, rue du Bourg, enfin le "cachot" rue des PetitsFossés. De meunier, François est devenu journalier. Louise aussi "fait des journées": c’est la grande pauvreté, et bientôt la misère. Cependant, le 8 décembre 1854, le dogme de l’Immaculée Conception de Marie était proclamé à Rome et, le 4 mars 1855, promulgué dans le diocèse de Tarbes, donc à Lourdes.

1857  A la fin de juin, Marie Laguës demande aux Soubirous de lui envoyer Bernadette, dans l’espoir qu’elle pourra suivre l’école et s’inscrire parmi les futurs premiers communiants. En fait, elle gardera les enfants de Marie Laguës et le troupeau de brebis et d’agneaux.

1858 A la fin de janvier, Bernadette redescend de Bartrès et rejoint les siens au Cachot. Dès les jours suivants, elle se présente à l’école de l’hospice (tenue par les Sœurs de Nevers) et est inscrite parmi les futurs premiers communiants.

 

Le 11 février, a lieu, à la Grotte de Massabielle, la première des 18 apparitions:

A l’aube de ce 11 février 1858, jour qui s’annonce de froidure et de brouillard, on se réveille peu à peu chez les Soubirous, dans cette maison exiguë et malsaine, appelée le "Cachot" depuis qu’effectivement elle a servi de succursale à la prison de Tarbes. C’est là que la municipalité loge maintenant les indigents, et les Soubirous sont devenus des indigents. La mère est déjà debout et active devant le foyer. Bernadette la voit, ombre immense ou furtive devant les flammes et l’entend dire à mi-voix : "Non y a pas mes de legna"(il n’y a plus de bois).

"Bera gracia dou boun Diou" (quelle belle grâce du bon Dieu), se dit alors Bernadette. Oui, pour aller chercher ce bois au bord du Gave, elle va pouvoir quitter cette pièce malodorante où elle suffoque à cause de son asthme et où toute la famille vient de dormir pêle-mêle.

Autrefois, dans le moulin d’en bas, le moulin de Boly, on pouvait tout de même mieux respirer. Et puis on n’avait pas à compter ses sous comme maintenant pour acheter le moindre morceau de pain. A Bartrès aussi ça allait mieux de ce côté-là, mais il y avait tout le reste, les travaux de la ferme dont on ne voyait jamais la fin, la solitude en gardant les moutons, et surtout la mauvaise humeur continuelle de la patronne qui, à cause des malheurs qu’elle avait eus, ne pouvait supporter de voir quelqu’un heureux. C’était elle qui s’était chargée d’apprendre le catéchisme à Bernadette le soir à la chandelle, mais elle n’avait guère de patience et jetait le livre à la tête de son élève en lui criant: "Ben ben non seras James que ua pepia" (Va, va tu ne seras jamais qu’une sotte).

Bernadette, qu’on avait envoyée là-bas pour avoir au Cachot une bouche de moins à nourrir, y était allée en espérant pouvoir apprendre son catéchisme pour pouvoir ensuite faire sa communion. C’était pour notre pauvresse un parcours impossible et une sorte de cauchemar... En effet, pour faire la communion il fallait savoir son catéchisme et pour savoir son catéchisme, il fallait savoir lire et connaître le français. Que de choses à apprendre pour rencontrer Dieu, et être en Église comme tout le monde! En tout cas, à Bartrès, on ne l’avait pas beaucoup aidée et à Lourdes, où elle était revenue, c’était le retour à la case départ. Les prêtres de la paroisse étaient intraitables: pas de catéchisme, pas de communion!

Voici qu’enfin le jour s’est levé. "En avant, il faut descendre vers le Gave pour aller chercher du bois". Bernadette s’en fait une fête: "Enfin, pouvoir respirer!". Sa mère cependant est inquiète:

"Bernadette, tu vas prendre froid, prends ton capulet"

Bernadette prend son capulet, et la voici déjà qui descend la ruelle avec Tomette sa sœur et Jeanne Abadie une voisine. Au pied de la côte cependant, près du Pont Vieux, on rencontre une lavandière: "Allez donc chercher votre bois dans le pré de Monsieur Laffite", dit celle-ci aux petites filles. "Non, répond Bernadette, on nous prendrait pour des voleuses". C’est vrai qu’on peut aller en prison pour moins que cela. François Soubirous, son père, y est resté une semaine parce qu’on l’avait accusé à tort d’avoir volé un sac de farine. Dans ces cas-là on prête toujours aux pauvres... des mauvaises intentions!

Et c’est ainsi qu’on arrive sans presque s’en apercevoir et sans tellement l’avoir choisi devant la grotte de Massabielle. Il y a là un canal, une sorte de ruisseau qui empêche d’y entrer. Toinette et Jeanne le traversent en sautant et en criant que l’eau est froide. Bernadette reste encore en arrière, elle a peur de prendre mal comme sa mère lui a demandé de ne pas le faire: "Aidez-moi à jeter des pierres dans l’eau pour que je puisse passer"; "Pet de Pericle passa comma nous aütis", lui répond Jeanne:( Sapristi, passe donc comme nous!).

C’est alors que la merveille va se produire: "Après un coup de vent, raconte Bernadette, j’ai vu quelque chose de blanc, comme une petite demoiselle. J’ai voulu faire le signe de la croix, je n’ai pas pu, la main m’est tombée. C’est alors que la demoiselle a fait le signe de la croix, alors j’ai pu." ...

1858-1866  Bernadette vit à Lourdes et témoigne des apparitions aux nombreux visiteurs qui l’interrogent. De 1860 à juillet 1862, elle habite au cachot, mais ces visites épuisant sa santé, le Curé Peyramale et le maire de Lourdes, Lacadé, décident de la faire admettre à l’hospice en qualité de "malade indigente" et de la confier ainsi à la vigilance des Sœurs de Nevers.

1862 18 janvier. Mandement de Mgr Laurence, portant jugement sur les faits de Lourdes. Fin mars-28 avril. Bernadette, très malade, reçoit les derniers sacrements. Elle guérit. En ces années-là (1860-1866), Bernadette étudie sa vocation: le 25 septembre 1863, Mgr Forcade, évêque de Nevers, la visite à l’hospice des Sœurs et lui propose, si elle le désire, de la faire accueillir dans la congrégation (enseignante et hospitalière) des Sœurs de Nevers. "J’y penserai, répond Bernadette, mais je ne suis pas encore décidée".

Fin 1865 ou début 1866 Bernadette est admise comme postulante dans la communauté des Sœurs de l’Hospice.

1866 4 juillet. Bernadette quitte Lourdes, accompagnée de Sœur Victoire, Tante Bernarde et sa sœur Tomette jusqu’à Tarbes, puis elle continue le voyage avec Mère Alexandrine Roques et deux autres postulantes. Par Bordeaux et Périgueux, on gagne Nevers.

7 juillet. Arrivée à Nevers vers 22.30 heures

29 juillet. Ayant commencé sa postulance à Lourdes, Bernadette peut prendre part à la "prise d’habit" du 29 juillet avec 44 compagnes. Désormais, elle s’appellera Sœur Marie-Bernard.

14 août, elle entre déjà à l’infirmerie.

25 octobre, elle reçoit pour la seconde fois les derniers sacrements. Mgr Forcade l’autorise à faire sa profession religieuse in articulo mortis. Dès le soir, Bernadette va mieux.

8 décembre, fête de l’Immaculée Conception : Louise, la mère de Bernadette, décède.

1867 30 octobre. Bernadette fait sa profession régulière avec ses quarante-quatre compagnes de noviciat.

1868 Entre mars et novembre, nombreuses visites d’évêques et de personnages connus, pour qui Bernadette, sur l’ordre des supérieures, vient au parloir et à qui elle raconte les apparitions. Il en sera de même les années suivantes.

1869 Grave crise de santé (vers Pâques)

13 octobre, Bernadette signe sur l’ordre des Supérieures la "protestation" dirigée contre la "Petite Histoire de Notre-Dame de Lourdes" des Pères Sempé et Duboé. Cette visite d’Henri Lasserre déclenchera une longue querelle qui sera très douloureuse pour Bernadette.

1870 En février-mars, une grande joie pour Bernadette: son frère Jean-Marie entre dans la congrégation des Frères de l’Instruction Chrétienne de Ploërmel. Il en sortira après son service militaire. Pendant la guerre entre la France et la Prusse, une ambulance est organisée à la Maison-Mère.

1871 4 mars. Mort de François Soubirous, le père de Bernadette. Ce décès faisait de Bernadette, en tant qu’aînée, la responsable de ses frères et de sa sœur. Cette responsabilité lui valut bien des angoisses et des souffrances.

8 septembre: une cérémonie très solennelle réjouit tout Saint-Gildard et en particulier Bernadette: messe pontificale au cours de laquelle Mgr de Nevers promulgue les nouvelles constitutions de la congrégation approuvées par Rome. La Mère générale, les Sœurs du Conseil, et deux cent vingt-deux supérieures prononcent ensemble à haute voix leurs vœux perpétuels, au moment de la communion selon les nouvelles constitutions.

Au cours de l’automne, Bernadette remplace la première infirmière, Marthe Forest, très malade elle gardera le poste jusqu’en octobre 1873. Entre temps, elle éprouvera une grave crise de santé, le 3 juin, elle reçoit l’Extrême Onction pour la troisième fois.

1873 En janvier, Bernadette va un peu mieux. Elle est nommée aide-sacristine, elle le restera jusqu’à l’été 1875. C’est la période où Bernadette commence son précieux carnet de notes : notes de retraites et de lectures, de conseils de son confesseur, le Père Douce, ce carnet est connu sous le nom de "carnet de notes intimes".

1875 Octobre. La santé de Bernadette se dégrade. Elle inaugure sa vie de grande malade. Avec des alternances de crises et de rémissions. Ce qui lui coûte le plus c’est de ne pouvoir, parfois pendant plusieurs jours, et même le dimanche, assister à la messe. Aux souffrances physiques s’ajoutent de grands soucis familiaux (son frère Jean-Marie quitte la vie religieuse, Pierre (son filleul) interrompt son séminaire). Au foyer de Tomette, les deuils succèdent aux deuils après chaque naissance... et puis ce petit monde ne s’entend pas très bien. Or Bernadette se sent responsable, en tant qu’aînée, de l’exemple que donne sa famille. En décembre, Mgr de Ladoue, évêque de Nevers, qui s’apprête à partir pour Rome, demande à Bernadette d’écrire au Pape une lettre qu’il portera lui-même.

1876 Le 27 septembre, le Père Douce, confident de Bernadette, quitte Saint Gildard. Il est remplacé par l’Abbé Febvre.

1877 21 novembre, Bernadette, en tant que "doyenne des Sœurs renouvelantes" lit au nom de toutes la formule de rénovation (selon l’ancien droit de la Congrégation).

1878 Le Père Cros, jésuite, commence des recherches pour rédiger une histoire rigoureuse des apparitions. Cette enquête sera très pénible pour Bernadette, très malade et qui ne comprend guère ces exigences de précision dans les détails : pour elle, Lourdes est bien autre chose !  Le 22 septembre, Bernadette prononce ses vœux perpétuels, selon les nouvelles constitutions. Le 30 octobre, Bernadette est transférée à l’infirmerie Sainte-Croix, organisée récemment pour les professes malades.

1879 Bernadette allant beaucoup plus mal, reçoit pour la quatrième fois l’Extrême-Onction.  Le mercredi 16 avril 1879, vers quinze heures, Bernadette "rendait doucement son âme à son Créateur". Dans la lumière de Pâques!  

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Notre Dame de Lourdes
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