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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 21:59

1. La répétition du Notre Père

Le Notre Père a toujours été la prière de base des chrétiens, celle que tous les baptisés doivent savoir, avec le Credo. Les Pères de l'Église ont souvent commenté cette "prière du Seigneur" dans leurs homélies.

Au Moyen âge, dans les monastères, les frères qui ne savaient pas lire remplaçaient la prière des psaumes par la répétition du Notre Père. Des laïcs priaient, eux aussi, de cette façon.

• Pour compter les Pater noster, on se servait de cordelettes avec des nœuds ou de colliers de grains appelés "patenôtres".

• Comme il y a dans la Bible 150 psaumes, on appelait "Psautier du Christ", une série de 150 Notre Père.

• A partir de la fin du XIème siècle, on utilise le "patenôtre" pour compter aussi des Ave Maria.

 

2. Psautier de Marie et chapelet

• A Rome, au VIIème siècle, aux messes où on lit l'Évangile de l'Annonciation (avant Noël et le 25 mars) on trouve comme refrain de la procession d'offertoire : Ave Maria gratia plena. Dans la piété des moines, la Vierge tient une place importante. Dans le "petit office" en son honneur, on reprend souvent le verset : Ave Maria (Xème et XIème siècles).

• Quand , au XIème siècle, se développe l'habitude de saluer les images de Marie, on dit ou on chante volontiers : Ave Maria. Des ermites et de pieux laïcs, qui ne disent pas l'office des psaumes, aiment répéter la salutation : Ave Maria... fructus ventri tui, souvent avec des génuflexions, en les comptant sur des "patenôtres".

• On appelle "Psautier de la Vierge" une série de 150 Ave, groupés en trois cinquantaines comme les psaumes de la Bible. L'usage de couronner de fleurs les statues de Marie fait appeler "couronne" ou "chapelet" (petit chapeau) des séries de 50 Ave.

• Le "Sainte Marie"... est devenu  officiellement la "seconde partie" de l'Ave Maria avec le Bréviaire de S. Pie V, en 1568. Cette invocation a été peu à peu introduite dans la pratique du rosaire au cours du XVIIème siècle.

 

3. Les joies de Marie

• l'Ave Maria est lié à la plus grande joie de Marie : l'Incarnation du Sauveur.

  Cette joie est partagée par Elisabeth et Jean-Baptiste, lors de la Visitation.

• A partir du XIIème siècle, on aime associer la répétition d'Ave Maria, souvent par dizaines, au rappel de Cinq joies de la Vierge : Annonciation, Nativité, Résurrection, Ascension, Assomption. ce nombre est inspiré par les cinq Réjouis-toi du refrain  "Gaude Dei genitrix", qu'on rattache à cinq grandes fêtes de l'année liturgique.

• En ajoutant l'Epiphanie et la Pentecôte (ou la Visitation), cela fait Sept joies : une pour chaque jour de la semaine ou pour chaque heure de l'office quotidien.

Au XIIIème siècle, les Franciscains propagent la "Couronne des Sept Allégresses".

• On arrive bientôt à méditer, avec des Ave, quinze joies de Notre Dame (XIIIème siècle).

• En réaction contre une tendance trop historique apparaît la dévotion aux Sept joies célestes de Marie: elle est reine du ciel, sa prière est toujours exaucée, etc.

 

4. Les douleurs de Marie

• Les chrétiens du Moyen âge aimaient vénérer les cinq plaies du Christ : mains, pieds et côté (cf. Jn 20,20)  ou les Cinq versements de sang : agonie, flagellation, couronnement d'épines, crucifixion, cœur transpercé.

  La compassion de Marie, thème très ancien de la liturgie et de la piété, connut une grande popularité au XIIIème siècle, grâce aux Franciscains et aux Servites de Marie.

  Vers le début du XIVème siècle, en relation avec les Cinq plaies du Christ, mais aussi avec les Cinq joies de Marie, naquit la dévotion aux Cinq douleurs, puis au Sept douleurs de Marie, au cours de la Passion.

  Parallèlement, on composa une autre série de Sept douleurs, incluant l'enfance de Jésus ("glaive" annoncé, massacre des innocents, Jésus perdu) ou Marie visitant les lieux de la Passion.

  Les terribles épidémies de peste (1347-1350 , 1358-1360, etc.)  encouragèrent cette dévotion à Notre-Dame des Sept Douleurs (fête : le 15 septembre).

 

5. Le rosaire de Dominique le Chartreux

  On trouve déjà au  XIVème siècle l'habitude de relier l'Ave Maria à des événements de la vie du Christ, en ajoutant quelques mots à la fin de l'Ave. Par exemple,, pour la Passion : "je vous salue, Marie... et le fruit de vos entrailles est béni, cruellement frappé".

  L'addition du nom de Jésus, au cours du XIVème siècle, facilite l'usage de ces "clausules" (petites phrases).

  Vers 1410,  Dominique de Prusse, novice de la chartreuse de Saint Alban, aux portes de Trèves, eut l'idée de combiner ensemble deux pratiques recommandées par le prieur : le rosaire de 50 Ave et les Méditations sur la vie du Christ et de sa mère.

  Dominique composa une série de 50 clausules rattachées au nom de Jésus:

«Salut Marie... et béni le fruit de votre sein Jésus-Christ qu'à l'annonce de l'ange vous avez conçu du Saint-Esprit.

...et béni le fruit de votre sein, Jésus-Christ qu'après sa conception vous avez porté à travers la montagne à Elisabeth. Etc.».

  Le rosaire de Dominique le Chartreux, en latin ou en allemand (Rosenkranz) connut un très grand succès. Dans les groupes illettrés, un lecteur donnait la clausule à la fin de chaque Ave.

  Des clausules courtes et adaptées au 15 mystères sont toujours en usage dans les régions de langue allemande.

 (cf. MARIA. II. Beauchesne, pp. 657-675).

 

6. Le "Nouveau Psautier" d'Alain de la Roche

  C'est en 1464, que le dominicain Alain de la Roche commença sa fervente prédication en faveur du "Psautier de la Vierge Marie" - 15 dizaines d'Ave Maria- récité chaque jour. Il en attribuait l'origine à Saint Dominique, qui l'aurait reçu de la Vierge elle-même.

  Ce Psautier est nouveau, parce qu'il doit être accompagné d'une méditation. Parmi les différentes façons de prier le Psautier, la première que propose "Maître Alain" est celle-ci : "Prier en s'adressant directement au Christ. Et ainsi, la première cinquantaine sera priée en l'honneur du Christ incarné ; la deuxième en l'honneur du Christ souffrant ; la troisième en l'honneur du Christ ressuscitant, montant au ciel, envoyant le Paraclet et siégeant à la droite du Père".

  C'est à A.de la Roche que nous devons la structure des mystères du rosaire en trois séries, selon le mystère du Christ: Incarnation, Croix; Résurrection.

Alain est mort le 7 septembre 1475, aux Pays-Bas, à la veille de l'institution de la première "confrérie du rosaire", au couvent dominicain de Cologne.

 

7. Les quinze mystères

  C'est dans le cadre des Confréries du Rosaire, à partir de 1475, et grâce à l'imprimerie, que s'est fixée rapidement la liste des quinze mystères habituels.

  Un livret imprimé à Ulm en 1483, propose trois séries de cinq gravures sur bois représentant : cinq joies de la Vierge, cinq versements de sang du Christ et cinq joies de la Vierge à partir de Pâques. Ce sont nos quinze mystères, sauf les deux derniers : Dormition de Marie et jugement dernier. Une note indique : "on regarde une image et on récite dix Ave Maria".

  La liste exacte des quinze mystères traditionnels semble venue d'Espagne où elle était déjà fixée en 1488.

  C'est sous cette forme que le pape Pie V, dominicain, décrira et fixera le rosaire par le Bref "Consueverunt" en 1569.

  Le bréviaire édité par lui, en 1568, avait rendu officiel le Sainte Marie.

 

Extraits de Fêtes & Saisons, Mai 1984

n° 385 : "Le Rosaire, prière d'Évangile"

 

 

 

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