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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 22:24

La bienheureuse Marguerite-Marie fut inhumée dans la sépulture ordinaire, qui était alors sous le chœur. En 1703, on retira le cercueil de l'endroit où on l'avait mis ; mais la vénération qu'on avait pour elle et sa renommée de sainteté qui ne faisait que s'étendre de plus en plus, ne permi­rent pas de jeter ses restes sacrés dans l'ossuaire commun, situé à l'entrée du petit caveau, où l'on avait coutume de déposer les ossements des religieuses. Les chairs et les vêtements mêlés à la chaux qui les avait pénétrés furent recueillis avec respect, et on commença dès lors à en dis­tribuer aux fidèles sous le titre de Cendres de la vénérable Marguerite-Marie Alacoque. Les ossements furent conservés dans une châsse de bois de chêne, vitrée et placée dans le caveau sur une petite table, à côté de l'endroit où la Bienheureuse avait été inhumée. Elle y resta jusqu'à l'expulsion des Sœurs, en 1792.

 

Le recours continuel à l'intercession de la Bienheureuse, et les grâces de guérisons attribuées à ses mérites confirmant de jour en jour davantage l'opinion générale de sa sainteté, Mgr d'Hallencourt, évêque d'Autun, fit procéder, en 1715, aux enquêtes épiscopales sur la vie de la servante de Dieu et sur les faits qui s'y rattachaient. Mais les grandes préoccupations suscitées dans l'Eglise par le jansénisme, le philosophisme et la révolution, firent laisser longtemps la cause en cet état. Cependant la confiance des fidèles ne diminuait point, et le tombeau de la Bienheureuse était toujours en vénération.

 

En 1792, les religieuses furent obligées de quitter leur monastère ; elles emportèrent le pieux trésor des saintes reliques qu'elles s'étaient distribuées, et qu'elles confièrent en partie aux sœurs de l'hospice, qui les restituèrent fidèlement après le rétablissement du monastère. Mais pour la modeste châsse qui contenait les ossements de Marguerite-Marie, elles ne voulurent s'en rapporter qu'à elles-mêmes. On la confia d'abord à sœur Marie-Félicité Lorenchet, qui avait des parents à la porte du monastère chez lesquels elle se retirait. Obligée plus tard de se rendre à Beaune, son pays natal, elle remit le dépôt sacré à sœur Marie-Thérèse Petit, jeune religieuse de Paray, dont la famille le reçut avec bonheur et le garda avec respect jusqu'en 1801, époque à laquelle il fut permis aux religieuses de le rapporter dans le monastère, qu'elles venaient réoccuper en partie seulement, comme locataires. En 1809, elles quittèrent de nouveau ce monastère pour aller occu­per un logement plus spacieux dans l'ancien prieuré des Bénédictins, dont l'église était devenue paroissiale. En 1817, la communauté de Moulins s'étant réunie et régulièrement reconstituée à la Charité-sur-Loire, toutes les sœurs, à l'exception de deux, quittèrent Paray. Celles qui s'éloignaient emportèrent leur part des saintes reliques, en proportion de leur nombre. Mais quand elles vou­lurent y ajouter la châsse de la bienheureuse Marguerite-Marie, on eut recours à l'autorité civile; les sceaux de la ville y furent apposés comme à une propriété publique, et elle fut remise à la garde de M. Noiret, curé de la paroisse. Vainement on tenta plusieurs fois de la faire enlever, par ruse et par adresse ; la piété et l'amour de la patrie veillaient autour, et le trésor fut sauvé.

 

En 1823, le monastère ayant été racheté à l'acquéreur révolutionnaire par Mgr Roch-Etienne de Vichy, il fut aussitôt restauré, après quoi on y transporta la châsse de la Bienheureuse que l'on déposa dans un petit oratoire dont la porte donnait sur le chœur. Elle y resta un an, puis on la mit dans un coffre fermé à clef, qu'on plaça dans un sépulcre creusé à l'entrée du chœur et recouvert d'une pierre tombale.

 

La cause de la servante de Dieu fut introduite à la cour de Rome par un décret du 30 mars 1824 qui lui décerna le titre de Vénérable. La Congrégation des Rites ordonna une double enquête préliminaire qui ne fut terminée qu'en 1827. Le 22 juillet 1830, Mgr d'Héricourt, successeur de Mgr de Vichy, se rendit à Paray pour ouvrir le tombeau de la Vénérable, constater l'état des osse­ments sacrés et les retirer du chœur. On profita de la circonstance pour replacer ces précieuses reliques dans une châsse en noyer, un peu plus belle et surtout plus solide que l'ancienne, qui fut revêtue du sceau épiscopal et déposée à l'angle méridional du cloître. Dieu fit éclater en ce jour la gloire et la puissance de sa servante ; et parmi les grâces nombreuses obtenues par son intercession, on signale la guérison de la sœur Marie-Thérèse Petit, dont le décret apostolique a reconnu le caractère vraiment miraculeux. La procédure de Mgr d'Héricourt fut complétée à Rome où elle eut à subir quatre épreuves publiques, dans autant d'assemblées de la Congrégation des Rites, appelées : la Congrégation dispositive, tenue le 7 avril 1832 ; la Congrégation antépréparatoire, le 27 avril 1840 ; la Congrégation préparatoire, le 4 avril 1843 ; et enfin la Congrégation générale, en présence du Saint-Père, le 14 janvier 1844. Le décret sur l'héroïcité des vertus était prêt, quand mourut Grégoire XVI, en mai 1846. Le pape Pie IX, à peine monté sur le trône pon­tifical, réunit une nouvelle Congrégation générale, le 11 août 1846, et donna ordre, quelques jours après, de rédiger le décret constatant les vertus héroïques de la Bienheureuse. Trois guérisons extraordinaires ayant été soumises à l'examen de la Congrégation des Rites, la Congrégation dispositive eut lieu le 23 septembre 1852 ; la Congrégation antépréparatoire, le 6 septembre 1859 ; la Congrégation préparatoire, le 15 septembre 1863 ; et enfin la Congrégation générale, le 1er mars 1861 au Vatican, sous la présidence du Saint-Père. Une dernière Congrégation, appelée de Tuto, se tint au Vatican, en présence du Saint-Père, le 14 juin 1864. Le 24 du même mois, Sa Sainteté se rendit dans la basilique du Vatican et ordonna d'écrire et de publier le décret de la Béatifica­tion de la vénérable Marguerite-Marie Alacoque, dont la solennité était fixée à Rome au 18 sep­tembre.

 

Le 13 juillet 1864, un prélat de la ville sainte, Mgr Borghi, camérier du Saint-Père et postulateur de la cause, délégué pour venir présider, avec Mgr l'évêque d'Autun, à l'ouverture du sépulcre, se rendirent ensemble, suivis d'un clergé nombreux, au monastère de Paray. La chasse, après avoir été retirée de l'endroit où elle avait été déposée, fut placée sur un brancard et portée à la salle de la communauté. Les sceaux ayant été reconnus intacts, puis brisés, on fit faire la reconnaissance et le classement des ossements que l'on plaça ensuite provisoirement dans une châsse romane en cuivre doré, qui fut munie des sceaux, et conduite processionnellement au trône qui lui avait été préparé au milieu du chœur. Le 18 et le 27 septembre 1864, il y eut à Paray des fêtes magnifiques en l'honneur de la Bienheureuse où ses reliques furent exposées et vénérées par une foule nombreuse de pieux fidèles.

 

En vertu d'un Bref apostolique, un triduum d'actions de grâces se fit dans toutes les églises et chapelles du diocèse d'Autun, les 22, 23 et 24 juin 1865. Les ossements sacrés, avant été retirés de la chasse provisoire qui les contenait, furent lavés avec soin et arrosés de parfums ; des par­celles en furent détachées pour être envoyées aux monastères de la Visitation et données à quel­ques églises. La substance cérébrale fut retirée et mise plus tard dans un cœur en cristal environné de marguerites en émail, et fixé au centre d'une petite monstrance soutenue par deux anges. Chaque ossement enveloppé de drap d'or fut placé dans l'effigie et ensuite dans une châsse magnifique. Outre ces précieuses reliques, le monastère de Paray possède encore de la Bienheu­reuse les objets suivants, qui ont été placés sous les sceaux de Mgr l'évêque d'Autun : quelques lettres et sa Vie écrite par ordre du Père Rolin ; deux livres qui ont été à son usage; son voile de religion ; d'autres portions de ses vêtements ; ses instruments de pénitence, ses cendres sacrées, des fragments de son cercueil et des deux chasses en bois.

 

La châsse contenant l'effigie et les ossements de la Bienheureuse est déposée dans le grand autel de l'église du monastère de Paray où un nombre considérable de pèlerins affluent journelle­ment. La petite cellule établie à l'endroit de l'ancienne infirmerie, d'où cette sainte âme prit son essor vers les deux, a été transformée en chapelle.

 

Sa Sainteté le pape Pie IX, à la demande de Mgr de Marguerye, évêque d'Autun, et d'un grand nombre de cardinaux, d'archevêques, d'évêques et autres grands personnages de l'Eglise, et sur un avis favorable de la Congrégation des Rites, a daigné signer, le 6 septembre 1866, la reprise de la cause de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, vierge.

 

Une confrérie, appelée l’ Heure-Sainte, a été établie au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial ; c'est un exercice d'oraison mentale ou de prières vocales qui a pour objet l'agonie de Notre-Seigneur au Jardin des Oliviers, ou toute autre circonstance de la Passion. Cet exercice fut prescrit par Notre-Seigneur lui-même à la bienheureuse Marguerite-Marie. D'après les statuts, l'exercice de l'Heure-Sainte se fait le jeudi avant minuit, à l'église ou partout ailleurs, à volonté, dès le moment où il est permis de réciter l'office de Matines du jour suivant. Ceux qui désirent entrer dans cette confrérie doivent faire parvenir leurs noms au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, pour y être inscrits sur le registre. Chacun, selon sa dévotion, a la liberté de faire l'Heure-Sainte plus ou moins souvent ; mais le souverain Pontife Grégoire XVI, en accordant, par son rescrit du 27 juillet 1851, une indulgence plénière à tous les fidèles sans exception, de l'un et de l'autre sexe, toutes les fois qu'ils font cet exercice, montre assez, par cette faveur, combien il désire qu'ils donnent souvent au divin Cœur de Jésus ce témoignage d'amour et de reconnaissance. La bienheureuse Marguerite-Marie la faisait tous les jeudis. Pour gagner cette in­dulgence, il faut s'approcher des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, et prier selon les intentions du souverain Pontife. L'indulgence est applicable aux âmes du purgatoire. Par un res­crit du 22 février 1832, Grégoire XVI autorise les Confrères à faire à volonté, le jeudi ou le ven­dredi, la communion prescrite  pour gagner l'indulgence. Quant à la confession, il n'est pas nécessaire de la faire le jour ou la veille de la communion ; il suffit qu'on l'ait faite l'un des huit jours qui précèdent. (Décret de Pie VII, du 22 juin 1822.)

 

Les écrits de la bienheureuse Marguerite-Marie se composent de Lettres diverses, au nombre de cent trente-trois ; de sa Vie, écrite par elle-même ; d'Avis particuliers ; d'Instructions aux novices ; d'Ecrits divers ; de Prières et de Cantiques. Son style est simple, naïf et plein d'onction.

 

Nous nous sommes servi, pour revoir et compléter cette biographie, d'un ouvrage intitulé : Vie et Œuvres de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, publication du monastère de la Visitation de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire).

 

« Les Petits Bollandistes » Tome XII BSE Marguerite Marie Alacoque le 17 octobre

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Marguerite Marie Alacoque
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