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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:44

IX. Conclusion

1.  Ce que notre Mère Sainte Jeanne nous demande, en ce qui concerne la Louange divine, est-il prophétique ? Il est troublant de constater combien la pensée de Sainte Jeanne est en accord avec le concile Vatican II sur cette question de la louange divine. Pouvons-nous dire alors que Sainte Jeanne a eu une intuition prophétique ? Prophétique, certes, car elle annonce ce renouveau liturgique de l’Eglise concrétisé par le concile ; cependant, Sainte Jeanne ne se démarque pas des grands réformateurs d’ordre de son temps, au contraire elle s’y inscrit totalement évitant cependant les excès et les exagérations toujours possible dans ce genre de démarches. On voit donc fleurir au XVe et XVIe siècle un souci de célébrer les offices avec ponctualité mais ils exigent des religieux une plus grande intelligibilité du rituel liturgique. Certains réformateurs n’ont pas hésité à alléger l’office pour permettre aux moines de tirer meilleur profit, évitant les surcharges qui entravent la dévotion. Le peuple retrouve le goût d’assister à ces célébrations qui l’excite à la dévotion. Nous retrouvons, là, les instructions de Sainte Jeanne défendant à ses filles de chanter plus d’une messe par jour et de chanter l’office avec tant de ferveur et d’application afin que le peuple soit porté à dévotion.

2.   Rôle du Père Gabriel Maria. Il est sûr que Sainte Jeanne a été, en cette œuvre, grandement aidé par le Père Gabriel- Maria, très au fait des usages liturgiques et de la réforme de son ordre. De plus, il faut constater qu’à cette époque Rome est très influencée par l’Ordre de Saint-François jusqu’à en adopter le Missel et le bréviaire. Il en va de même pour le culte eucharistique est la dévotion à la Passion du Christ ou au Saint Nom de Jésus. La plupart des offices accordés à l’ordre séraphique sont rapidement étendus à l’Eglise universelle.

3. Actualité de la pensée de Sainte Jeanne. En conclusion. On est frappé par la modernité de l’intuition de Sainte Jeanne et en ce qui concerne la liturgie et la louange divine Elle nous introduit au cœur et à l’intelligence de cette mission sacrée. Alors me direz-vous : Sainte Jeanne s’adresse à des moniales, qu’en est-il de nos vies d’Annonciades Apostoliques ? Sur le fond, je ne pense pas qu’il y ait de différence, sauf en la forme sans aucun doute. Mais Sainte Jeanne décrivait la Louange divine comme le premier apostolat de ses Annonciades. Et votre Apostolat est avant tout Louange divine. Je reprends un passage de Sacrosanctum concilium au n° 10 : « La liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. Car les labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l’Eglise, participent au sacrifice et mangent la Cène du Seigneur. En revanche, la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des mystères de la Pâque à n’avoir plus qu ‘un seul cœur dans la piété ; elle prie pour qu’ils gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi ; et le renouvellement dans l’Eucharistie de l’Alliance du Seigneur avec les hommes attire et enflamme les fidèles à la charité pressante du Christ. C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Eglise. » Pourquoi donc Sainte Jeanne attachait –elle tant d’importance à la vie liturgique des ses Annonciades ? : ces quelques réflexions pourront peut-être nous éclairer . Peut-être aussi parce que la vie de la Vierge Marie n’a été qu’une grande liturgie, un espace entièrement consacré à célébrer les dons de Dieu, son amour, sa grandeur, sa tendresse. Marie n’a jamais détourné une parcelle de son existence pour son intérêt propre. Sa vie aussi simple et ordinaire, est une intense Liturgie, toute habitée de la présence de son Dieu. Et Marie, elle, est Louange.

Monastère de l’Annonciade Thiais, 25-28 juillet 2005

 

Née en 1464. Fille du roi de France, Louis XI. Après l’annulation de son mariage avec Louis XII, elle fonda l’ordre des Annonciades à Bourges (Cher, Berry, France), où elle mourut en 1505. Elle fut canonisée en 1949. Fête le 4 février.

 

Genèse de la Règle

Un jour nous dit la chronique de l'Annonciade, Jeanne dit au Père Gabriel Maria qu'elle se sent « contrainte » par Dieu et par sa Mère bénie de lui révéler le secret de son coeur. « Mon Père, par la grâce de mon Dieu et non par mes mérites, alors que je n'avais encore que cinq ans, un jour, comme j'étais à la messe, devant l'image de la Vierge Marie et du crucifix, une chose vint me frapper en mon coeur et me dit :       

« Avant ta mort, tu fonderas une religion de la Vierge Marie et se faisant, tu me feras un grand plaisir et un honneur à la très digne Mère de Dieu. »

Un jour elle priait la Vierge Marie afin « de connaître de quelle vie elle devrait vivre ainsi que les religieuses de son Ordre ». Elle entendit en elle-même cette parole :

« Fais écrire tout ce qui est écrit en l'Évangile que j'ai fait en ce monde, fais-en une Règle et trouve moyen de la faire approuver du Siège Apostolique. Sache que pour toi et pour tous ceux et celles qui voudront la garder  c'est la voie sûre d'accomplir le plaisir de Dieu. »

Elle confie alors au Père Gabriel Maria, franciscain, la rédaction du texte. Celui-ci va rechercher dans les Évangiles tous les passages où il est question de la Vierge Marie : Il trouva que les évangélistes ont seulement fait mention de dix vertus, à savoir :

 

Pureté,  Prudence,  Humilité,  Foi,  Louange,  Obéissance,  Pauvreté,  Patience  Charité,  Compassion

 

Ce n'est pas un code d'observances, mais plutôt l'expression d'une manière de vivre sous le regard de Dieu, à l'exemple de Marie. Ainsi, pour plaire à Dieu, les soeurs « n'auront à suivre que la Vierge Marie et sa vie rapportée au saint Évangile.»

 

Jeanne et les vertus évangéliques de Marie Pureté « Vivre au-dedans de soi-même d'un amour cordial, effectif pour Jésus seul » (Règle, 1) Dans son jardin Jeanne a fait ériger une grande et belle croix. Souvent, même la nuit, elle vient y prier. Combien de fois son jardinier, dont elle achète le silence par quelques gâteries, ne l’a-t-il pas surprise ! Seul, le Père Gabriel-Maria a pu pénétrer un peu le secret de cette vie entièrement cachée en Dieu: « Nul ne sait, dit-il, ce que je sais des vertus et perfections dont elle était remplie. Toute sa réflexion et tout son plaisir étaient de penser comment elle pourrait être agréable à Dieu et à sa digne Mère. C’était l'une des personnes qui a eu plus de sentiment de Dieu en ses oraisons qu'il y a longtemps qui fut vue sur terre, sans montrer ni signe ni semblant ».

        

Prudence « La sagesse et la prudence parfaites : savoir plaire à Dieu ». (Règle 2) Dans la vie courante, Jeanne fait preuve de sagesse et de prudence. « C’était une dame si prudente que jamais elle ne parla ni ne donna réponse sans avoir d’abord considéré si cela plaisait à Dieu et à la Vierge Marie et demandé leur aide et leur grâce pour bien le faire. Dans des affaires importantes on venait à elle pour recevoir conseil sachant que la sagesse divine reposait en elle » (Chr. 150).

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Jeanne de France
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