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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:47

II. La Prière liturgique, une Annonciation au quotidien.

1. L’œuvre du Christ qui s’associe l’Eglise son Epouse. « Sacrosanctum concilium », la constitution de la sainte liturgie promulguée par le concile Vatican II nous dit au n° 7 :« …Pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Eglise, son Epouse bien-aimée, qui l’invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel. » Voilà donc qui nous donne une clef essentielle. L’Incarnation est d’abord l’œuvre de Dieu, à l’Annonciation c’est bien Dieu qui prend l’initiative de venir une fois de plus à la rencontre de son peuple ; ainsi la liturgie est l’œuvre du Christ, elle n’est pas notre propriété, le lieu et le théâtre  dont nous disposerions pour exprimer nos émotions ou nos idées. C’est d’abord la louange du Christ à son Père, à laquelle nous sommes associés.

2. « Et le Verbe s’est fait chair » Une phrase m’a toujours frappé dans le récit de l’Annonciation : « Et le Verbe s ‘est fait chair. » On ne nous dit pas : Marie donna la vie ou donna chair au fils de Dieu ! Non, c’est bien le Christ qui prend chair en Marie. Dans la liturgie célébrée en Eglise surtout dans l’Eucharistie mais pas uniquement, il nous est demandé de permettre au Verbe de Dieu d’investir notre vie, notre chair, notre être tout entier pour le conformer, pour l’informer, pour nous transmettre cette vie de Dieu qu’il porte en plénitude et faire de nous, comme pour Marie, au jour de l’Annonciation, un disciple. Il est à remarquer cependant que le fils de Dieu en s’incarnant à prit les traits de sa Mère ; quand il fait en nous sa demeure il ne nous fond pas dans un moule uniforme mais il donne à notre vie à notre être tout entier de se tourner vers sa plénitude de réaliser enfin notre vocation de fils de Dieu, et de faire grandir la vie même de Dieu reçu au Baptême.

3. Marie donne sa réponse Le dernier épisode du récit de l’Annonciation n’est pas le moins important. Il nous est dit : « Marie répondit… » Or la constitution pour la liturgie nous dit au n° 33 :  « Dans la liturgie, Dieu parle à son peuple ; le Christ annonce encore l’Evangile. Et le peuple répond à son dieu par les chants et la prière. » La réponse de Marie à l’Ange conditionne l’accomplissement du dessein de Dieu. La réponse que nous faisons à Dieu dans la louange divine conditionne la croissance de la vie de Dieu en nous et dans toute l’humanité. Ainsi par notre consentement Dieu investit notre humanité et la rend à sa vocation première : la louange du Dieu créateur. Par son ordonnance et sa pédagogie la liturgie nous forme et nous nourrit en nous introduisant dans le mystère.

III. Le Magnificat

1. Chanter les Louanges de Dieu Voyons maintenant les enseignements que nous donne le mystère de la Visitation. Marie accomplit pour sa cousine un service de charité que toute femme accomplit normalement pour une parente qui attend un enfant, et c’est au cœur du quotidien de cette vie domestique qu’éclate la louange du Seigneur, dans la bouche de Marie. Et c’est bien la louange de Dieu que chante Marie, non celle d’Elisabeth. Voilà encore une indication précieuse pour vivre nos liturgies ; il convient qu’elles soient divines : c’est à Dieu que revient la louange, c’est lui que nous célébrons et son action dans nos vies. Il convient de nous poser la question de la place de l’action de grâce dans nos vies et nos célébrations. Lors d’un événement heureux savons-nous le célébrer et en rendre grâce en communauté ?

2. Puiser au cœur de la tradition. Mais quand la Vierge Marie loue son Dieu, où va-t-elle puiser les mots de sa prière ? Dans la tradition biblique, dans les textes qu’elle entend et chante depuis son plus jeune âge. Nous savons que le Magnificat prend sa source dans le cantique d’Anne, la mère de Samuel. Ainsi Marie puise dans le trésor de l’Ecriture les mots de sa prière. Il doit en être de même pour nous. La liturgie des heures est constituée en grande partie de textes scripturaires  et il me semble important de ne pas faire d’impasse sur ces textes, de ne pas trop vite les remplacer par des paraphrases ou  des poèmes plus contemporains car ils sont depuis des siècles la voix et le chant de l’Epouse, le cri des hommes en détresse qui mettent leur espoir dans le Seigneur.

3. Quand l’Ecriture devient langue maternelle ! Marie prie dans sa langue maternelle, dans la langue de sa mère, dans la langue de son peuple, du peuple de Dieu. Et nous sommes invités à faire la même découverte. L’Ecriture doit être notre langue maternelle, elle est la langue de notre Mère l’Eglise. Il nous faut avec persévérance dire et redire ces textes les remâcher jusqu’à les savoir par cœur. Je me souviens du jour ou voulant formuler ma prière dans le silence, des versets de paumes me sont venus au cœur, je commençais à savoir prier dans la langue des mes pères dans la foi, ce fut pour moi une joie immense.

IV. La Nativité

1. Adorer le Dieu caché. Nous voici arrivé au mystère de la Nativité. J’y retiendrai d’abord l’attitude de Marie adorant son Dieu, ce Dieu caché sous les traits d’un enfant semblable aux autres enfants des hommes et pourtant Fils de Dieu. La Sainte Liturgie nous invite souvent à adorer le Seigneur caché dans les saintes espèces bien sûr mais aussi, et nous y pensons moins souvent, caché et présent dans son corps mystique, dans cette assemblée, cette communauté au milieu de laquelle je prie et chante. Nos assemblées éveillent-elles en nous ce respect et cette adoration dus au Seigneur, présent au milieu de son peuple ? Il est primordial, dans nos communautés assemblées pour la prière, de rechercher l’harmonie des voix mais aussi des cœurs, selon le veux de Sainte Jeanne, car alors elle sont vraiment le signe de Dieu qui par nature est Un. Nous ne pouvons célébrer dans le conflit et la désunion.

2. Une multitude d’Anges… Il nous est dit ensuite qu’une multitude d’Anges chantaient. Or le n° 8 de la constitution sur la Sainte Liturgie nous redit que : « Nous participons par un avant goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte citée de Jérusalem…avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire. » Au cœur de nos célébrations se trouve cette ouverture vers l’invisible vers cette éternité qui nous attend. Il est important que nos célébrations rendent présente cette dimension verticale de notre foi.

3. Où Dieu parle par son silence. L’Evangile de la Nativité nous donne l’occasion d’insister sur un aspect important qui souvent fait défaut dans nos célébrations, c‘est la place du silence. Que le Seigneur ne parle pas au jour de sa naissance nous semble assez normal mais il est plus frappant de constater qu’au sommet de sa vie, c’est à dire à l’heure de sa Passion, le Seigneur choisit encore le silence ; ce qu’il va vivre est au-delà des mots humains : il n’explique plus, il n’annonce plus, il accomplit. Le silence dans nos assemblées doit être un silence sacré, consacré à Dieu pour entendre résonner en nous ce que les mots humains ne peuvent dire. Nous pourrions encore parler de la Vierge méditant et retenant tous ces événements dans son cœur. Nous savons la place primordiale que donne sainte Jeanne à l’oraison et à l’office divin : elle en fait la condition de la pérennité de notre ordre. Un arbre ne peu vivre sans air et sans racines.

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Jeanne de France
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