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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:50

4 février SAINTE JEANNE DE VALOIS Reine de France (1463-1503)

 

Sainte Jeanne de Valois, fille du roi Louis XI, vint au monde toute laide et contrefaite, mais, en revanche, le Ciel révéla en elle, dès ses plus tendres années, une âme d'élite. Sa piété envers la Sainte Vierge marquait son âme du sceau des prédestinés. Elle avait cinq ans lorsque la Mère de Dieu daigna lui apprendre qu'elle était appelée à fonder en Son honneur un Ordre dont le but principal serait l'imitation de Ses vertus.

Jeanne fut mariée malgré elle à un prince qui l'avait en aversion et ne la regarda jamais comme son épouse. Après quelques années pleines d'épreuves pour elle, le roi Louis XI étant mort, ce mariage, contracté en des conditions déplorables, fut, à la demande du mari, déclaré nul par le Souverain Pontife: "Que Dieu soit glorifié, dit alors la Sainte, mes chaînes sont brisées; c'est Lui qui l'a voulu, afin que désormais je puisse mieux Le servir que je ne l'ai fait jusqu'ici."

Ses adieux au prince furent touchants: "Je vous dois, dit-elle, une grande reconnaissance, puisque vous me retirez de la servitude du siècle. Pardonnez-moi mes torts; désormais, ma vie se passera à prier pour vous et pour la France."

Dès lors la prière devint la compagne inséparable de Jeanne. Son ardent amour pour Jésus-Christ lui fit embrasser les mortifications volontaires, et plus d'une fois on la vit, à genoux au pied d'une Croix, se frapper la poitrine avec une pierre et répandre un torrent de larmes, à la pensée de ses péchés et des souffrances de Jésus-Christ. Elle jeûnait et prolongeait ses veilles, ses prières et ses macérations trois jours au moins par semaine.

Consoler les pauvres, les servir à table, laver et baiser leurs pieds, voilà quelles étaient les occupations chères à son coeur. Son humilité aurait voulu cacher à tous les yeux les prodiges de sa charité; elle n'aurait désiré que Dieu seul pour témoin, car elle ne cherchait que Lui dans la pratique de toutes les vertus.

L'Eucharistie était sa force mystérieuse; elle ne la recevait jamais que toute baignée de larmes, et c'est au pied du Tabernacle qu'elle trouvait tous les trésors de dévouement qu'elle prodiguait autour d'elle.

Elle put, avant sa mort, fonder, selon la promesse de la Sainte Vierge, l'Ordre des Annonciades. Une clarté extraordinaire parut pendant plus d'une heure dans sa chambre, au moment de sa mort. On trouva son corps couvert d'un cilice, avec une chaîne de fer.  Abbé L. Jaud

 

Bourges, L'histoire des Annonciades et de Jeanne de France sa fondatrice.

LE "FABULEUX DESTIN" DE JEANNE DE FRANCE, DUCHESSE DE BERRY

Parmi les grands personnages qui ont marqué la ville de Bourges chacun met en avant Jacques Cœur dont la vie est un roman par son ascension sociale, sa fortune et sa chute…. Et pourtant il est une femme, aujourd'hui peu connue, sinon de quelques spécialistes, dont le destin est "absolument fabuleux" : il s'agit de Jeanne de France, qui deviendra Duchesse de Berry après avoir traversé des épreuves insoupçonnables.

En cette année 2002, Bourges a fêté les 500 ans de la fondation par Jeanne de France de l'Ordre de l'Annonciade, un hommage à cette princesse, reine, duchesse et moniale.

Un début d'existence en Berry

Jeanne de France est née le 23 avril 1464, à Nogent-le-Roi, elle est la seconde fille du roi Louis XI. Ce dernier, natif de Bourges, découvre alors un enfant que la nature n'a pas favorisé.

Un mois après sa naissance, la petite fille fait l'objet de tractations diplomatiques et à Blois un traité de mariage est signé, l'unissant à Louis d'Orléans ….. âgé de deux ans. Ce premier événement passé, le roi ne s'intéresse guère à sa fille. A l'âge de cinq ans, il la place en Berry, au château de Lignières pour être élevée par Anne de Culan, l'épouse de François de Beaujeu, seigneur de Lignières et cousin du roi.

Elle bénéficia dans ces jeunes années de toute l'attention des sires de Lignières ses véritables parents adoptifs. Si elle ne fut totalement heureuse dans cette contrée, c'est sans doute aussi parce qu'elle était de santé fragile. Emile Mellet écrit que la jeune fille "était boiteuse, contrefaite des épaules" alors que Mgr Girard la décrit ainsi : "Elle avait le nez assez fort, la bouche plutôt grande, des lèvres épaisses et un peu proéminentes". Elle devait semble-t-il souffrir d'une malformation osseuse.

A une époque où la beauté de l'âme allait de paire avec la beauté du corps, Jeanne de France était rejetée par beaucoup, et en particulier par le roi son père et la cour.

Pourtant, elle a douze ans lorsqu'elle est mariée avec le duc d'Orléans. Cet homme est beau, élégant, il aime le plaisir et le luxe. Le contraste avec son épouse est total. Le duc d'Orléans deviendra roi sous le nom de Louis XII. Jeanne, fille de roi, sera, pendant quelques temps, femme de roi, et sœur de roi lorsque son frère cadet montera sur le trône à son tour.

Le temps des épreuves

Jeanne de France a près de vingt ans lorsque meurt son père Louis XI, et c'est la sœur de Jeanne, Anne de Beaujeu qui exerce la régence au profit du futur roi Charles VIII. C'est dans cette période trouble d'intrigues et de trahisons que le mari de Jeanne, Louis d'Orléans est arrêté et enfermé dans la Grosse Tour de Bourges. Dans cet édifice de près de 40 mètres de haut, avec des murs de 6 mètres d'épaisseur, il croupit. Sa crainte est de se retrouver dans une des cages en fer de cette sinistre prison. Une compagnie d'écossait sous la conduite de Patrice Mac Nellem garde le lieu. Louis bénéficie de l'aide de Jeanne malgré le peu d'égard qu'il lui porte. C'est elle qui va tout mettre en œuvre auprès de son frère le roi pour que son mari soit libéré. Ce sera fait… au bout de deux ans.

Chacun aurait pu pensé à une certaine forme de reconnaissance de la part de Charles d'Orléans après sa libération. Il n'en fut rien, bien au contraire. Le roi Charles VIII, son frère bien aimé était revenu d'Italie. Il cherchait à rapprocher Jeanne et Louis son mari, lorsque le 7 avril 1498, il mourut subitement à Amboise, sans laisser d'héritier direct.

Encore des épreuves : un vrai calvaire

Jeanne n'en avait pas terminé avec son mari. En effet, sous le nom de Louis XII, Louis d'Orléans, descendant de Charles V par la branche des Orléans, et mari de Jeanne de France devint roi….. et Jeanne reine de France. Entre la nécessité de conserver la Bretagne à la France par des accords complexes et le peu d'égards envers son épouse, la première préoccupation du roi fut de faire annuler son mariage avec Jeanne.

Un long et humiliant procès se déroula, quelque peu faussé par les intrigues et la perversité du roi qui "acheta en quelque sorte le pape Alexandre VI", un Borgia, afin d'obtenir l'annulation de son mariage. Pourtant Jeanne se défendit d'une manière très courageuse. La chronique de l'époque affirme qu'elle "fit preuve de caractère et d'une grandeur d'âme peu commune".

A la fin de l'année 1498, la nullité du mariage est prononcée et le roi Louis XII épousa aussitôt Anne de Bretagne, donnant comme lot de consolation le duché du Berry à son ex-épouse.

Jeanne duchesse de Berry

Jeanne fait une entrée solennelle dans son duché le 13 mars 1499, elle restera 7 ans entre son palais de Bourges construit par le duc Jean et Châtillon-sur-Indre. Commence alors pour l'ex-reine, une vie extra-ordinaire. Elle devient très vite "la bonne duchesse", dans une ville qui venait de subir "le grand incendie de la Madeleine", en 1487, lequel détruisit des milliers de maisons de Bourges. Elle avait semble-t-il hérité de la volonté et du sens de l'organisation de son père Louis XI, et elle s'attela à la tâche de relever sa capitale. Elle laisse le souvenir d'une femme qui s'est intéressé au fonctionnement concret de l'administration du duché, dans les directions les plus diverses. Ainsi, elle se préoccupe des ouvriers et de leur salaire qui fut réajusté, une idée bien moderne ! Elle surveille aussi, écrit Emile Meslé, la justice qu'elle réorganise. Mais c'est dans le domaine de l'enseignement qu'elle fut exemplaire. Elle est à l'origine de bourses pour les étudiants en difficultés financières. Elle aide les pauvres, et en "dote les filles". Enfin c'est elle qui fonde ou relève le collège Sainte Marie de Bourges. Depuis 1464, Bourges possédait une Université et plusieurs écoles, accrochées aux chapitres. Jeanne va plus loin afin de créer une école secondaire entre l'enseignement supérieur et le primaire. A partir de 1502, elle fait achever le collège Sainte Marie et participe aux frais d'entretien. Dans son testament, elle n'oubliera pas cette œuvre. Elle se préoccupe enfin "des filles libertines", en cherchant le moyen pour les rééduquer. Encore un soucis bien actuel……au XXI e siècle. Jeanne, en très peu de temps, devient à la fois populaire et aimée. Le soin qu'elle prodigue aux malades est exemplaire. Elle reste à Bourges en 1499 lors d'une grande épidémie de peste, alors que les autorités locales ne songeaient qu'à fuir. C'est dans le domaine religieux qu'elle s'affirme le plus, avec sa dévotion à la Vierge et la fondation à Bourges d'un ordre religieux en 1502.

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Published by Sur les Pas des Saintes - dans Sainte Jeanne de France
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